“ Je n’ai même plus d’amis. Je viens de renvoyer le dernier, cette nuit même, afin de vous attendre en paix. Me voilà comme à l’heure de ma naissance, dans un dénuement absolu. Dieu n’est pas plus pauvre que moi. Il posa son bougeoir sur le parquet, puis se relevant brusquement, il étendit les bras, et étreignit le vieux prêtre en sanglotant. Mais le cœur déçu de l’abbé Chevance se contracta douloureusement dans sa poitrine, et il détourna la tête, sans un mot. — Vous me haïssez, dit Cénabre, avec un sourire amer. Je le savais. ”
Résumé
Publié en 1927, L’Imposture de Georges Bernanos explore la crise de foi de l’abbé Cénabre à travers un voyage spirituel troublant. Premier volet du diptyque Les Ténèbres, il s’accompagne de La Joie (1929).
Inspiré par l’abbé Brémond, le personnage incarne l’angoisse, le mensonge et la honte, dans une quête de rédemption. Le roman, à la fois introspectif et dramatique, interroge la fragilité de la foi et l’indifférence humaine, en s’appuyant sur des dialogues percutants et des thèmes universels.
Citations de L’Imposture (Georges Bernanos)
“ Alors le mal se dénonce lui-même, s’avoue tel quel, non pas un mode de vivre, mais un attentat contre la vie. Ainsi cette fureur de haine qui avait exercé jusqu’alors l’abbé Cénabre avec une si grande sagacité jaillissait enfin tout à fait hors du sanctuaire de la conscience. L’abandon du corps supplicié exprimait avec une effrayante vérité l’âme violentée, profanée. Car l’horreur fut à son comble lorsque ce corps robuste parut cesser d’opposer aucune résistance, subit la souffrance, la dévora comme on dévore la honte... Oui un instant, l’humiliation fut parfaite. ”
“ Car une puissante nature, jetée hors de la grâce, cherche son équilibre bien au delà de ce contentement de soi qui est la seule sérénité du sol. Et dans la rage en apparence insensée, qui la tourne ainsi contre elle-même, il ne faut sans doute voir que le premier vertige de la redoutable ivresse dont la perfection même est l’enfer, dans son silence absolu. Une fois de plus, d’ailleurs, l’abbé Cénabre ne retenait de l’angoisse qui l’avait à trois reprises si dangereusement assailli qu’un souvenir limité aux actes et aux gestes, désormais difficilement explicables. ”
“ En vrai paysan vosgien, il a toujours pensé d’accord avec ses jambes : à mesure que le corps se brise, l’idée s’allège, perd tout poids matériel, se lève à l’improviste, comme une alouette sauvage... Il allonge encore le pas sans fatigue, il voudrait courir. Jusqu’alors, il n’avait jamais songé à une nouvelle entrevue avec l’abbé Cénabre sans un grand serrement de cœur, et — pour tout dire — une angoisse surnaturelle. Qui pourrait tenir un tel secret sans dégoût ? Qui n’eut rêvé de l’oublier ? « Je suis le seul homme, se disait parfois l’abbé Chevance, devant lequel il puisse rougir. » ”
“ Je connais les jeunes gens, je les aime, reprit-il avec un sourire d’agonie. Lorsqu’ils cèdent à une colère injuste, dès qu’on les voit perdre le sang-froid, le respect des aînés, d’eux-mêmes, et jusqu’au sentiment de leur propre intérêt, il y a cent à parier contre un qu’ils ne font que se venger ingénument sur autrui d’un remords généreux qui les travaille. Ils nous font porter le poids de leurs fautes. C’est qu’à cet âge une faute est lourde à porter ! On ne vit pas en paix avec elle ! Cher Pernichon ! ”
“ Si forte, si pressante que soit l’étreinte de l’ennemi, le pouvoir ne lui est pas donné de se substituer entièrement à nous : dans l’excès de sa joie, comme dans la perfection même de son désespoir ineffable, il reste le doute, comme un ver. Le sentiment de la fragilité, de la précarité d’une volupté qui ne peut vivre en nous, s’y fondre, introduite par effraction, maintenue par violence. Car aucune expérience ici-bas ne saurait nous donner une idée satisfaisante de l’enfer. Certes, ce qui fut l’abbé Cénabre n’avait alors, de ce qui l’agitait si furieusement qu’une notion vague et confuse. ”
“ Car enfin, cette espèce d’allégresse a un sens. Lequel ? tu ne rêves pas, dis-tu ? Hé bien, ton silence même est plein d’un rêve qui te fait sourire à ton insu. Elle laissa tomber ses bras, découragée. — Que voulez-vous que je réponde, papa ? fit-elle. Je suis ainsi ; ne vous fâchez pas ; il me semble que je ne pourrais être autrement. L’avenir ne me fait pas peur, il ne me fait pas envie non plus. Les grandes épreuves sont pour les grandes âmes, n’est-ce pas ? Les petites passent tout doucement au travers... Hé bien ! je ne suis pas une grande âme. ”
“ N’est-ce pas vous qui vous étonniez un jour des grandes choses que Dieu sait tirer pour lui seul du rire d’un petit enfant ?... Peut-être est-il bon aussi que j’apprenne à ménager la merveilleuse espérance dont je croyais la source intarissable, que je prodiguais sans y songer, follement, comme un présent de nul prix. L’espérance, après tout, c’est la parole divine, et la parole divine est à la fois suave et terrible. J’ai trop souri à la mort, ainsi qu’à tout le reste : il est juste que je voie aujourd’hui son vrai visage. ”
“ La piété du jeune rédacteur de la Vie moderne n’est pas hypocrisie pure : peut-être pourrait-on la dire sincère, car elle a sa source au plus secret de lui-même, dans la crainte obscure du mal, le goût sournois de l’atteindre par un biais, avec le moindre risque. Le peu qu’il a de doctrine politique ou sociale est commandé par ce même besoin pathétique de se livrer à l’ennemi, de livrer son âme. Ce que les niais qui l’entourent appellent indépendance, hardiesse, n’est que le signe visible, bien que méconnu, de sa morose nostalgie de l’abandon total, d’une définitive liquidation de lui-même. ”
“ Car de toutes ses forces il travaillait à rejeter de lui entièrement, à rejeter dans le vide du passé, dans le vide du rêve, ce qu’il appelait déjà sa crise mystique. Il pensait : Une défaillance aussi brusque, sans aucun travail intérieur de préparation, sans aucun débat préliminaire, peut à peine se rattacher aux obsessions du scrupule dont l’histoire des âmes m’a fourni tant d’exemples. Si j’ai perdu la foi, c’est par une pente insensible, et sauf la peur ridicule que je sens, je ne puis me connaître différent de ce que j’étais hier. D’ailleurs, cette crainte n’est plus. ”
“ On ne peut pas dire qu’il approcha le canon de sa tempe, il se jeta dessus. C’était la minute effrayante où l’enfer n’est qu’une haine, une flamme unique sur l’âme en péril, perce tout, consumerait l’ange même, ne rebrousse qu’au pied de la Croix. La précision, la netteté, la force imparable du geste furent horribles. Rien ne pouvait l’arrêter, à moins d’un miracle, et cette espèce de miracle s’accomplit : la queue de la détente se coinça. La main s’était serrée si convulsivement que le doigt se meurtrit et saigna sur l’arête d’acier. L’abbé Cénabre crut son arme au cran d’arrêt. ”
“ Il retrouve peu à peu sa souffrance avec une espèce de joie, une souffrance vraie, efficace, non plus ce rêve affreux. C’est comme s’il se glissait de nouveau, prudemment, humblement en elle, avec des précautions infimes, ainsi qu’on endosse un vieil habit usé, mais fidèle. Tout autre que lui, en une telle conjoncture, avec un courage égal, eût sans doute par trop de hâte, gaspillé en vains efforts ces précieuses minutes. Il n’en a garde. Il a toujours tiré patiemment parti du bon, du médiocre ou du pire. Ce que Dieu refuse est superflu. ”
“ Mais quoi ! il est encore trop vivant pour la subir, tomber comme un bloc ! Il se tâte, il tâte d’un geste presque ingénu, pathétique, sa tête ronde et têtue, ses bras musclés, sa poitrine. Qui peut saisir au vol l’idée meurtrière, quand elle fonce sur l’âme, ainsi qu’un aigle ?... Elle est en lui. Avant qu’il l’ait seulement nommée, elle lui a sauté dans le cœur. S’il ne peut arrêter la chute inévitable, ah ! qu’au moins il l’accélère, qu’il en finisse !... Et il en était là de cette pensée, lorsqu’il vit son propre revolver, dans sa main droite. ”
“ La tentation nous exerce, le doute est un supplice sagace, mais l’abbé Cénabre ne doutait point, et il n’était pas tenté. De ces épreuves à la morne évidence exprimée par son dernier cri, il y avait justement ce qui distingue l’absence du néant. La place n’est pas vide, il n’y a pas de place du tout ; il n’y a rien. À la lettre, il ne sentait ni regret, ni remords. Seul, l’étonnement d’un homme qui, croyant marcher dans une direction, connaîtrait qu’il a piétiné, que l’espace franchi n’est qu’un rêve. ”
“ Et déjà naissait dans ce cerveau enfantin l’œuvre sournoise, têtue, les livres brillants et stériles, au cœur empoisonné, modèles d’analyse perfide, sagace, impitoyable, d’un travail et d’une inspiration si compliqués qu’ils trouveront toujours des dupes. C’est qu’ils plongent dans la propre vie de l’auteur beaucoup plus profondément qu’on ne pense, à une telle profondeur qu’ils expriment parfois quelque chose de lui qu’il avait lui-même oublié, humiliations dont la brûlure survit au souvenir même de ce qui les a causées, ruses devenues inutiles, mais qui l’ont marqué comme d’un pli... ”
“ Qui réaliserait ces fantômes vous ferait un tort bien cruel. C’est justement cette ombre que votre appétit veut consommer, non pas une chose vivante. Je vous parle ici plutôt en savant qu’en prêtre : le débauché se va jeter comme un dément sur les voluptés qu’il presse et, dans l’excès de sa folie, il offre du moins au regard le spectacle d’un homme qui ne se ménage pas... Mais vous !... Mais vous... Votre vie intérieure, mon enfant, porte le signe moins. Volontairement ou non, l’air siffla entre les lèvres de Pernichon, comme d’un baigneur surpris par le froid. ”
“ À ne vouloir rien dramatiser, il est permis de croire que le malheureux ne connut qu’à la longue la perfide et pleine possession de son mensonge. Courtes délices, vite dévorées ! Car lorsque ce mensonge est total, embrasse toute la vie, règle chaque pensée, aucun repos n’est à prévoir sur la route aride et fatale. L’œuvre chaque jour défaite est à commencer chaque jour. Jusqu’au moment où l’être double atteint son point de perfection, son horrible maturité, connaît qu’il n’y a plus de place pour lui sur la terre, et va se dissoudre dans la haine surnaturelle dont il est né. ”
“ Cette espèce de plainte monotone, comparable au murmure, dans la nuit lointaine, du troupeau abandonné, humble, incessante, l’amollissait quoiqu’il y fermât d’instinct son âme. Et presque à son insu, il souhaitait le visage d’un ami. Entre tant de présences désirables, celle de Mlle de Clergerie eût été plus douce à son cœur. La fille de l’historien servile, mort presque centenaire, et qu’on a vu survivre inexplicablement à tant de renommées rivales et haïes qu’il avait patiemment rongées de ses dents laborieuses, infatigables, n’est pour tous à présent qu’un pauvre fantôme évanoui. ”
“ De grâce, calmez-vous, cher et vieil ami, supplia Mgr Espelette. Ne parlons pas de ce qui divise, ne portons intérêt qu’à ce qui nous unit. Gloire aux hommes de bonne volonté ! J’ai été passionnément démocrate dès ma jeunesse, en un temps où il y avait encore quelque péril à l’avouer ; aucune réforme sociale ne me fait peur, et je crois néanmoins n’avoir jamais cessé d’être, selon mes forces et mes lumières, un prêtre irréprochable... Il est si simple et si doux de vivre en paix avec les hommes ! Et que faut-il ? Croire à la sincérité de tous, inébranlablement. ”
“ C’est de nous qu’il lui faut tirer le suprême consentement, et il ne l’aura point que Dieu n’ait parlé à son tour. Si longtemps qu’il ait cru retarder la grâce divine, elle doit jaillir, et il en attend le jaillissement nécessaire, inéluctable dans une terreur immense, car son patient travail peut être détruit en un instant. Où portera la foudre ? Il l’ignore. Lorsque l’abbé Cénabre releva la tête, il vit en face de lui l’humble témoin de cette scène, et qui l’observait avec une pitié singulière, stupide, aussi émouvante que certaines de ces lueurs qui passent dans le regard des bêtes. ”
“ Ainsi qu’un soir d’émeute on voit surgir de toutes parts des hommes oubliés que les caves et les prisons dégorgent tout à coup sur la ville, éblouis par la lumière, prudents, furtifs, se hâtant vers la clameur et l’incendie d’un pas silencieux, ainsi l’abbé Cénabre eût pu reconnaître et nombrer, une par une, les mille visages de son enfance. Dans cette âme entre toutes prédestinée, l’orgueil et l’ambition avaient établi trop tôt leur empire, la volonté infléchissable avait moins vaincu que refoulé, rejeté dans l’ombre, les fantômes. ”
“ La voiture fit une brusque embardée vers la droite, ralentit docilement, reprit sa course. Elle allait dans la nuit molle et légère, nouvellement tombée, encore retentissante de la rumeur du jour avant que ne s’éveille le féroce et sourd grondement de la ville nocturne qui ne s’apaise qu’à l’aube. Dans la glace, tour à tour reprise et lâchée, par l’ombre, fouettée de biais à chaque coin de rue par une double gerbe éblouissante, l’interminable route qui presque d’un trait, court du dernier faubourg au cœur de la cité-mère, se déroulait paresseusement, déjà désertée, fenêtres closes. ”
“ On ne pense qu’à l’infortune des fous, et tel sot connaît pourtant une pire solitude. Certaine médiocrité d’âme, partout vénielle, peut faire de la vie d’un prêtre une aventure absurde et tragique. Les idées de l’évêque de Paumiers, ou du moins ce que sa suffisance nomme ainsi, sont celles du plus pauvre universitaire. Incapable d’une trahison délibérée, avec une foi d’enfant qui résiste à tous les caprices de sa cervelle légère, il a fait ce rêve insensé d’être seulement prêtre dans le temps, et il l’est dans l’éternité. ”
“ Soucieux d’éviter tout éclat en ce monde ou dans l’autre, il administre sa conscience avec dégoût, tel un boutiquier renié par sa clientèle à son comptoir désert. Il sent lui-même l’effrayante immobilité, la flétrissure d’une adolescence se survivant à elle-même dans l’âge mûr. Une seule fois, en danger de mort, il a tenté l’épreuve d’une confession générale, et d’avoir remué ce passé sans histoire, cette fiente aigrie, il a connu avec effroi que toutes ces fautes ensemble ne faisaient pas la matière d’un vrai remords. ”
“ Il en était à cet excès d’angoisse où tout lien se trouve relâché, lorsque le corps participe, dans son ignominieuse détresse, au désastre même de l’âme, quand il n’exprime plus la douleur par aucun signe abstrait, qu’il la sue par tous les pores. Spectacle abominable et magnifique à faire cabrer la pitié ! La tentation peut bien prendre tous les masques, et c’est l’illusion de beaucoup de naïfs qu’un Satan seulement logicien. Tel vieillard sournois l’imagine assez sous les traits d’un contradicteur académique, mais c’est que l’observateur s’arrête aux jeux et bagatelles. ”
“ Elle voyait, sous la sueur, la peau ruisselante se tacher peu à peu de rouge sombre, le nez livide, le hideux ondulement du cou. Un long moment, l’homme et la mort se regardèrent ainsi face à face, front contre front, sans fléchir. Puis la vieille poitrine, comme crevée enfin, s’affaissa, se creusa sous le drap noir, le râle de la gorge s’éteignit, et un dernier haut-le-cœur jeta sur la nappe un petit tas de boue sanglante. — Le cochon ! mais c’est qu’il est ivre ! pensait Mme de la Follette, ses dix doigts pressés sur ses lèvres, fascinée. ”
“ Habile à certaine escrime du langage, au jeu de l’allusion, la violence directe le paralyse, agit littéralement comme un poison de sa volonté. Mais que dire de cette violence si cruellement calculée, passant de l’invective à un accent d’amertume douloureuse, puis de sollicitude incompréhensible ? Néanmoins la stupeur finit par laisser tout à fait la place à la crainte, puis à une confusion pire... Pour la première fois peut-être, sa pauvre âme creva son enveloppe et parut blême et hagarde aux propres yeux de Pernichon pour disparaître aussitôt, ainsi qu’un rêve égaré dans le matin... ”
“ Mais je me persuaderais aussitôt que je ne suis pas de force, je m’étendrais par terre, je rentrerais la tête dans les épaules, en fermant les yeux. Il n’y a peut-être, au fond, qu’un seul héroïsme, mais je suis sûre qu’il y a cent manières d’avoir peur, et je voudrais que le bon Dieu daignât m’enseigner celle qui lui déplaît moins. On a toujours assez de force pour recevoir les coups sans les rendre, et dès qu’on n’attend pas autre chose de soi, qu’on n’en demande pas plus, on finit par dormir tranquille. Ce n’est pas la crainte qui tient éveillé, c’est le calcul des chances. ”
“ Le hideux babil accompagnait, s’accordait non sans douceur à sa propre méditation, et il eût volontiers pris cette douceur pour de la pitié bien qu’il n’eût jamais été, à aucun autre moment de sa vie, moins capable de pitié. Mais la sévère contrainte qu’il exerçait depuis tant de jours contre lui-même venait de se relâcher à son insu ; il goûtait ce que l’orgueil à la torture recherche avec avidité, le court et précaire rafraîchissement de la honte. Car l’humilité n’est point, ainsi que la définissent les sots, un bien seulement céleste, fait pour les hommes divins. ”
“ L’abbé Cénabre, sans cesser de sourire, fit un geste qui pouvait signifier tour à tour l’incompréhension et la stupeur. Le miracle fut que l’autre reçut ce sourire, s’en empara, le rendit avec joie, ainsi qu’un docile élève au maître indulgent. — Comprenez-moi, monsieur le chanoine, poursuivit-il en agitant ses longues mains maigres, nous sommes si malheureux... qu’il arrive que notre vie tout entière soit — à notre insu — comme... dérivée, en quelque sorte, de Dieu au diable. Je m’exprime mal ; imaginons plutôt une source perdue dans une terre aride et souillée. ”
“ Dans la forte société spirituelle de Rome, ce demi-monde de la pensée ressemble à l’autre, même vanité, même envie, même accueil aux haines complices, même rage à dénigrer les hauts exemples qui le condamnent, même naïveté dans le mensonge et la feinte, même candeur de croire faire illusion à quiconque le regarde en face. Certes, la prostitution de l’hôtel particulier méprise celle de la rue, mais dans les cas urgents l’acte professionnel s’accomplit de lui-même et sous un certain regard, c’est toujours le même geste de dénouer la ceinture. ”
Termes fréquents
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