Georges Bernanos,
Journal d’un curé de campagne
“ Je pleurais sans un sanglot, je crois même sans un soupir. Je pleurais les yeux grands ouverts, je pleurais comme j’ai vu pleurer les moribonds, c’était encore la vie qui sortait de moi. Je me suis essuyé avec la manche de ma soutane, j’ai distingué de nouveau le visage du docteur. Il avait une expression indéfinissable de surprise, de compassion. Si on pouvait mourir de dégoût, je serais mort. J’aurais dû fuir, je n’osais pas. J’attendais que Dieu m’inspirât une parole, une parole de prêtre, j’aurais payé cette parole de ma vie, de ce qui me restait de vie. ”

