“ Tout ce qu’une âme comprimée et retordue par la plus mortelle angoisse, peut exsuder de douleur, est sorti de la mienne. C’est fini. Je convole maintenant aux angoisses nuptiales de ma définitive agonie. ”
Agonie
Définition et enjeux
L'agonie désigne l'état vécu par une entité vivante en phase terminale avant la mort, marqué par des symptômes physiques et psychologiques complexes. En médecine, elle se distingue par des troubles respiratoires, circulatoires et neurologiques, tandis que la psychologie, notamment via le modèle de Kübler-Ross, explore les étapes émotionnelles allant du déni à l'acceptation.
Léon Bloy, dans Le Désespéré, évoque l'agonie comme une « convulsion nuptiale » de l'âme, tandis que Charles Buet, dans Philippe-Monsieur, en décrit les secousses physiques et la souffrance extrême. Ces approches, médicales, philosophiques et littéraires, révèlent une tension entre la douleur corporelle et l'acceptation spirituelle, illustrant la complexité interdisciplinaire de ce concept.
Citations sur l'agonie
Charles Buet,
Philippe-Monsieur : 1462
(1876)
“ Écumant de rage, ivre, suant l'agonie, torturé par les affres de l'épouvante, portée à son paroxysme, le malheureux exhala son désespoir en efforts impuissants, en cris déchirants. Ses yeux injectés de sang jaillissaient de leurs orbites, la bave coulait de ses lèvres contractées par une affreuse conviction. ”
Anna de Noailles,
L’Ombre des jours
“ Tu sembles porter dans ton sang L’agonie, aux humains terrible. Et tout le jour au fond du cœur Tu gardes ce malaise étrange Tu ne dors, ne ris ni ne mange, Mais qu’importe c’est le bonheur... ”
Gaston Etchegoyen, L'Amour divin. Essai sur les sources de sainte Thérèse (1923)
“ Tes péchés t'apparaîtront comme une armée inexorable : les plus odieux dépassent les autres. Imagine ta propre agonie : le halètement de ta poitrine, l'agitation convulsive des pieds, l'amincissement des narines, la plainte rauque du râle. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Les bonnes gens voient là un maléfice, et nous ne savons comment, expliquer une si triste misère. Nous pourrions citer un homme qui, dans l’agonie qui précéda sa mort, agonie qui dura trois jours, ne s’exprima que par des aboiements et ne put retrouver d’autre langage. ”
Victor Hugo,
Correspondance de Victor Hugo
“ Il est encore si doux, quand nous souffrons, de penser qu’un autre être s’exagère nos douleurs et se fait des tourments de nos peines, je voudrais être au lit, je serais heureux d’être épuisé, mourant, si je croyais que mon agonie excitât en elle le quart de la tendre compassion que son indisposition fait naître en moi. Ici, quels plaisirs puis-je goûter ? Dix-huit lieues me séparent d’elle, et elle est malade. ”
Judith Gautier,
Le Vieux de la montagne
“ Je ne commande plus au désordre de mes pensées : j’y assiste comme le médecin impuissant qui analyse sa propre agonie. On ne résiste point à un fléau. Il faut le laisser épuiser toute sa rage, avant d’expirer ou de guérir. ”
“ La souffrance excite, ranime, irrite les nerfs; elle fait saigner le cœur, elle abrége l’agonie. C’est la convulsion violente, terrible, qui nous relève de terre, et nous donne la force de nous dresser vers le ciel pour maudire et crier. ”
Charles Le Goffic,
Le Crucifié de Keraliès
(1892)
“ Elle jouissait par tous les pores de la double agonie qu’elle imaginait sous cet embrasement... Soudain elle chancela ; une anxiété mortelle détendit ses traits et elle glissa de son long dans le fossé ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Ils disent que ce n’est rien, qu’on ne souffre pas, que c’est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée. Eh ! qu’est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu’est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s’écoule si lentement et si vite ? ”
R. Henry, Histoire d'une âme victime : Caroline Clément… (1917)
“ La nature se désespère et crie bien haut ; elle voudrait absolument l'emporter. Mais il n'y a plus rien pour elle... plus rien qu'ennuis, amertumes, désolations, agonies de toutes espèces... 0 mon Dieu, je suis votre victime, ne m'épargnez pas. Ma main elle-même se raidit, et ne trace ces lignes qu'à regret. Oh ! quelle répugnance, quels déchirements ! Ce n'est cependant pas encore la dernière agonie, le dernier combat... ”
Edgar Allan Poe,
Nouvelles Histoires extraordinaires
“ J’étais brisé, — brisé jusqu’à la mort par cette longue agonie ; et, quand enfin ils me délièrent et qu’il me fut permis de m’asseoir, je sentis que mes sens m’abandonnaient. ”
Nicolas-François Bellart, Réquisitoire définitif de M. le procureur-général près la Cour des Pairs… (1820)
“ Dans une agonie, dont la longue durée, comparée à l'énergie du coup qu'il avait reçu et qui était tel qu'il eût semblé devoir en périr sur la place, a été un objet de surprise pour les gens de l'art, sa vie n'avait été retenue que par cette volonté et cet espoir. ”
La Vrille, Le journal d’une masseuse
“ Mais il n’en est pas toujours ainsi, et dans certains cas, c’est avec soulagement qu’on voit la mort apaiser les traits crispés d’un visage de souffrant, et détendre des membres contractés par la douloureuse agonie... ”
Grattan, Le Vieux Médecin, pour faire suite aux "Souvenirs d'un médecin"… (1859)
“ Quelle différence entre cette agonie, si paisible et l'affreuse mort de la plupart des gens qui ont brillé dans le monde, et qui n'ont recueilli, dans le cours d'une vie éclatante et orgueilleuse, que des plaisirs et des remords ! Les pensées de mon ami sur l'éternité, sur la destination de l'homme, sur l'âme, sur l'avenir, étaient en harmonie avec cette résignation chrétienne. Je l'écoutais avec enthousiasme et délices ”
Duc de Broglie, Revue des Deux Mondes
“ On eût dit un avare mourant, qui, déjà privé du souffle et incapable de mouvement, saisit encore par une contraction nerveuse l’objet précieux de sa passion pour en repaître au moins ses regards. Cette agonie, qui était celle d’un pouvoir encore plus que d’un homme, se prolongea plusieurs mois au milieu d’un attente générale ”
Alphonse de Lamartine,
Harmonies poétiques et religieuses
(1893)
“ Le néant se plaint-il à la nuit éternelle ? Ah ! plus triste cent fois que cet heureux néant Qui n'a point à mourir et ne meurt pas vivant, Mon âme est une mort qui se sent et se souffre; Immortelle agonie, abîme, immense gouffre, Où la pensée, en vain cherchant à s'engloutir, En se précipitant ne peut s'anéantir ! Un songe sans réveil, une nuit sans aurore, Un feu sans aliment qui brûle et se dévore ; Une cendre brûlante où rien n'est allumé, Mais où tout ce qu'on jette est soudain consumé ! Un délire sans terme, une angoisse éternelle ! ”
Jeanne-Marie Guyon, Discours chrétiens et spirituels sur divers sujets qui regardent la vie intérieure tirés la plupart de la Ste Écriture… (1790)
“ Ce sont des agonies mortelles que les moindres fautes causent ; des reproches, des sursauts effroyables, des angoisses qui deviennent tous les jours plus pénétrantes, comme j'ai déja écrit : mais dans l'état de pourriture ou d'anéantissement, la peine devient moins sensible, mais plus profonde. ”
Auguste Comte,
Testament d'Auguste Comte, avec les documents qui s'y rapportent…
(1884)
“ Au début de cette lente et douloureuse agonie, qui n'altéra nullement ta raison dans une maladie presque toujours accompagnée de violents délires, lu caractérisais toute ma destinée intime par cette touchante exclamation d'une âme sans cesse préoccupée d'autrui : Vous n'aurez pas eu une compagne longtemps 1 Mais je ne puis espérer ici d'associer à mes regrets personnels quelques sympathies publiques qu'en expliquant surtout la perte inappréciable que l'Humanité vient de subir en toi. ”
Alexandre Dumas,
Les Quarante-Cinq
“ Henri fut touché jusqu'au fond du coeur, quand il vit ce front pâle, ces yeux noyés, ces cheveux humides et épars; quand il vit enfin perler sur les tempes et sur les lèvres de Fosseuse cette sueur de l'angoisse qui semble voisine de l'agonie. ”
César Auguste Christophe, L'Évangile médical, ou Traité des causes premières de l'homme… (1844-1845)
“ Voilà comme les agonies se préparent, ou par des déjections copieuses pour la gastnsation , ou par une angoisse inexprimable, des spasmes du cœur, des hémorrhagies, des suppurations , pour la pneumatisation , ou par des convulsions, le délire, la congestion ou la paralysie, pour l'encéphalisation. Quand le sécrétisme vital va s'éteindre , il faut absolument que tout le feu et tout l'éther intérieurs aux deux vies , s'échappent de leurs viscères. ”
Louis Étienne, Un Retour vers Byron à propos de nouvelles publications
“ Là sont les angoisses toujours nouvelles, se multipliant jusqu’à ce que les hommes s’endurcissent par l’infinie variété des agonies, qui rencontrent le regard partout où il se porte. Le gémissement étouffé, la convulsion de l’homme se roulant dans la poussière, les yeux tout blancs tournant dans leurs orbites, voilà la récompense qui attend des rangs, des colonnes entières, des milliers d’hommes ”
“ Deux cent mille êtres humains y sont morts d’un frisson de la terre. Quelqu’un a-t-il pensé que cent mille tout au plus ont dû être tués sur le coup ? Soit cent mille agonies réparties sur quinze ou vingt jours. ”
Edmond Huguet, Dictionnaire de la langue française du seizième siècle
“ Id., de l’Esprit familier de Socrate. — Un tres aspre combat et une cruelle agonie se fit entre le desir et l’horreur de la mort. St FRANÇOIS DE SALES, Amour de Dieu, X, 17. — L’Empereur estant en ceste agonie d’incertitude, lui respondit en perplexité, de n’entens point vos discours, es-claircissez moy. BEROALDE VERVILLE1 Voyage des Princes fortunez, p. 113. Au sens actuel, le mot agonie se trouve plusieurs fois suivi d’un déterminant : agonie d-e la mort. — C’est ce mesrne estat où se trouvent ceux qu’on void défaillons de foiblesse, l’.gonie de la. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
(1845)
“ La veilleuse continuait de brûler sur la cheminée de Valentine, épuisant les dernières gouttes d’huile qui surnageaient encore sur l’eau ; déjà un cercle plus rougeâtre colorait l’albâtre du globe, déjà la flamme plus vive laissait échapper ces derniers pétillements qui semblent chez les êtres inanimés ces dernières convulsions de l’agonie qu’on a si souvent comparées à celle des pauvres créatures humaines ; un jour bas et sinistre venait teindre d’un reflet d’opale les rideaux blancs et les draps de la jeune fille. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Une dernière bande, arrachée de la figure, découvre soudainement un œil d’émail, où la prunelle a coulé dans le blanc, un œil à la fois vivant et malade, et qui fait un peu peur. Et le nez apparaît camard, brisé et bouché par l’embaumement, et le sourire d’une feuille d’or se montre sur les lèvres de la petite tête, au crâne de laquelle s’effiloquent des cheveux courts, qu’on dirait avoir encore la mouillure et la suée de l’agonie. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Oh ! être couchés côte à côte dans le même tombeau la main dans la main, et de temps en temps, dans les ténèbres, nous caresser doucement un doigt, cela suffirait à mon éternité. Vous qui souffrez parce que vous aimez, aimez plus encore. Mourir d’amour, c’est en vivre. Aimez. Une sombre transfiguration étoilée est mêlée à ce supplice. Il y a de l’extase dans l’agonie. Ô joie des oiseaux ! c’est parce qu’ils ont le nid qu’ils ont le chant. L’amour est une respiration céleste de l’air du paradis. ”
Émile Livet, Les agonisants : 1917-1922 (1924)
“ Où j'étais proscrit : — Mal et maladie, Doute, anxiété, Morne tragédie, — Je l'ai donc été, Cette âme affadie, Ce cœur hébété ? V Hélas ! même encore Aujourd'hui le mal Décevant, fatal, Qui brûle et dévore Mon sang et ma chair, — Ce mal est d'enfer ! Et ma vie étique Toujours ci-inclus Est de plus en plus Molle et frénétique : Mon corps n'en peut plus ! VI Mais si l'âme libre, Qu'importe, ô mon Dieu ? Faites, ô mon Dieu, Que cet équilibre Que j'ai, peu à peu, Avec maladresse, Mais avec tendresse, Humblement conquis, Me demeure acquis!... ”
Charles Baudelaire,
Revue des Deux Mondes
“ Ange plein de gaîté, connaissez-vous l’angoisse ? Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine, Les poings crispés dans l’ombre, et les larmes de fiel, Quand la Vengeance bat son infernal rappel, Et de nos facultés se fait le capitaine ? Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ? Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres, Qui, le long des grands murs de l’hospice blafard, Comme des exilés, s’en vont d’un pied traînard, Cherchant le soleil rare, et remuant les lèvres ? Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ? ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Atteint d’une maladie douloureuse, il en supporta les longues et cruelles angoisses avec une sérénité stoïque. (Mignet.) Ah ! si dans mes tourments vous descendiez, mon père, Je vous arracherais des larmes de pitié, Les angoisses du corps n’en sont qu’une moitié. C. Delavigne. — Fig. Douleur morale profonde, affliction mêlée d’inquiétude, de crainte : Vivre dans d’extrêmes, de mortelles ANGOISSES. Le roi de France avait grande angoisse au cœur, quand il voyait ses gens ainsi desconfire. ”
Alfred de Vigny,
Revue des Deux Mondes
“ Penser que tout ce qui est agitation pour moi, est peut-être souffrance pour cette créature vivante et invisible ; que mes craintes peuvent lui être des douleurs, mes douleurs des angoisses, mes angoisses la mort ! — Quand j’y pense, je n’ose plus remuer ni respirer. J’ai peur de mes idées, je me reproche d’aimer comme de haïr, de crainte d’être émue. — Je me vénère, je me crains comme si j’étais une sainte ! ”
Léopold Courouble,
Le Roman d’Hippolyte
“ Une angoisse permanente lui étreignait le cœur au pressentiment d’un danger inéluctable. Sa douleur, traversée par des lueurs d’espoir aussitôt éteintes, lui oppressait la poitrine, la faisait souffrir physiquement. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust [première partie]
“ Et tu demandes encore pourquoi ton cœur se resserre avec angoisse dans ta poitrine, pourquoi une douleur sourde glace tes membres et y enchaîne le mouvement de la vie? Tu le demandes; et, au lieu de la nature vivante, au sein de laquelle Dieu créa les hommes, tu n'as autour de toi que fumée et moisissure, squelettes d'animaux et ossements de morts! ”
Chéri Allais, Poésies de coeur et d'enfance, par Chéri Allais… (1879)
“ Plus de repos ! plus rien ! que le souci rongeur Qui couvrira , parfois , d'une faible rougeur Les traits décolorés de ta face blêmie ! La souffrance , souvent, suit de près l'infamie. Tes doigts se crisperont sur ta poitrine en feu ; Tour à tour , blasphémant, et puis invoquant Dieu Tu te reconnaîtras au milieu des tortures , La plus vile parmi les viles créatures ! Tordue et déchirée aux griffes des remords Tu ne pourras mourir sans souffrir mille morts ; Une voix incessante, en ton coeur , en ton âme, Te criera nuit et jour : Infâme ! ”
Paul Albert, La littérature française au dix-septième siècle (1873)
“ Et ce travail qui suffirait à donner le vertige à la raison la plus ferme, il le poursuit sous l'aiguillon de la douleur, dans les longues heures des nuits sans sommeil, à travers les défaillances du corps, les angoisses et les ravissements de l'âme. Quand ses maux lui laissent quelque répit, il en réveille en lui la sensation, en frappant sur une ceinture garnie de pointes, qui entrent dans sa chair. ”
François Coppée,
Œuvres complètes de François Coppée
“ Souffre la nature immobile ; Et dans le regret et la bile Mon chagrin s’aigrit plus encor. Crève donc, cœur trop gonflé, crève, Cœur sans courage et sans raison, Qui ne peux vomir ton poison Et ne peux oublier ton rêve ! ”
Arthur Schopenhauer,
Éthique, Droit et Politique
“ L’angoisse morale occasionne des battements de cœur, et les battements de cœur occasionnent l’angoisse morale. Chagrin, souci, agitation de l’âme ont une action déprimante sur les fonctions de la vie et les rouages de l’organisme, qu’il s’agisse de la circulation du sang, des sécrétions, de la digestion. ”
Sophie Gay,
Ellénore
(1846)
“ Pourquoi Tes agitations de l’incertitude, la crainte d’une trahison, les prévisions d’un malheur humiliant, sont-ils nécessaires à la vie de son âme ! à cette fièvre qu’on ne peut ni donner, ni éteindre, qui n’aît d’un regard, qui vît d’obstacles, de tourments, d’injures, et qui, jouet de la fatalité, n’obéit qu’à elle. ”
Dante Alighieri,
La Divine Comédie
“ Si tu as quelque souvenir de tes désastres et quelque sens, tu verras que tu ressembles à cette malade qui ne peut trouver de repos sur sa couche, et qui tâche d’apaiser sa douleur en changeant d’attitude. ”
Léonce Depont, Revue des Deux Mondes
“ Tout demeure imprégné d’irréelles couleurs : Mais, comme s’il neigeait quelque impalpable cendre, Je sens une plaintive angoisse en moi descendre Et la douleur du soir se fondre en mes douleurs. ”
Jules Vallès,
Les Réfractaires
(1866)
“ Supplice d’autant plus douloureux que je me débattais dans l’incertitude, que j’avais les fièvres, les angoisses, avec la convalescence et les rechutes de l’homme qui ne sait pas et ne veut pas savoir ! Angoisses mille fois plus tristes que la réalité. ”
Léon Cladel,
Crête-Rouge
(1880)
“ Sous l'action de ces sinistres pensées qui le harcèlent sans relâche & lui brûlent le cerveau, ses tempes battent & les oreilles lui tintent, il frissonne & sue, son visage se rose & se ternit tour à tour; une angoisse affreuse, implacable, corrosive s'ancre en son sein & le sang en ébullition afflue à flots vers son cœur martyrisé, qui se gonfle. ”
Charles Beauquier,
Philosophie de la musique
(1865)
“ Ainsi la douleur physique rend la voix plus forte, l'élève ou l'abaisse de plusieurs tons, selon le genre de souffrance et selon le tempérament du patient, la douleur morale la fait trembler, l'étouffe, la brise de sanglots; la crainte la rend plus profonde, l'admiration l'allonge, -la colère l'enroue, la joie lui donne un timbre éclatant. ”
