Judith Gautier,
Le Vieux de la montagne
“ Gazileh, presque défaillante, balbutia : — C’est par dérision, seigneur ! — Tu trembles ! tu t’éloignes ! Mais ne vois-tu pas que c’est moi plutôt qui devrais craindre, car ton cœur m’est encore fermé, et je t’ai livré le secret du mien. Ô Gazileh ! le prophète, qui commande à tous, est un suppliant devant toi. — Cet honneur est trop grand : il m’épouvante !... Mais Raschid, d’un geste, arrêta ses paroles. — Non ! non ! ne dis rien... Plus tard, plus tard. Puisque tes regards ne cherchent pas les miens, puisque mon aveu ne t’a pas fait, d’un élan irrésistible, te jeter sur mon cœur. ”
