Résumé

Marie de France Poésies de Marie de France

Vois-tu cette femme dont la beauté surpasse l’éclat de la pierre précieuse ; c’est l’amie de mon époux, c’est pour elle qu’il se désole. Je ne m’étonne plus de son chagrin d’après la perte qu’il a faite, car moi, par pitié autant que par tendresse, désormais je n’aurai plus de plaisir. La bonne dame s’assied devant le lit à la pucelle et se met à pleurer amèrement la mort de cette jeune personne.
Tandis que l’épouse d’Eliduc s’abandonnoit à ses larmes, une belette sortie du dedans de l’autel, vint se promener dans la chapelle, en passant sur le corps de Guillardon.
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Marie de France Poésies de Marie de France

Sitôt qu’elle fut revenue, le chevalier cherche à la consoler, et lui dit : Belle amie, au nom de Dieu, je vous en conjure, sortez d’ici, car je mourrai vers le milieu de la journée. Le chagrin qu’éprouveront mes gens sera si grand que si vous étiez trouvée ici vous pourriez être insultée. Mes chevaliers n’ignorent pas qu’ils me perdent par suite de notre amour, et j’éprouve pour vous beaucoup d’inquiétude. La dame lui répondit : je veux mourir avec vous, cher amant, puisqu’en retournant chez mon mari, je suis certaine qu’il me tuera.
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Marie de France Poésies de Marie de France

Graelent, au comble du bonheur, n’aperçoit aucun objet qui puisse lui déplaire. Il peut voir sa mie aussi souvent qu’il lui plaît, rire et jouer avec elle. Comment pourroit-il s’ennuyer la nuit, puisqu’il la sent à ses côtés ? Malgré son état heureux, le chevalier alloit souvent en voyage ; il ne se donnoit pas de tournoi dans le pays où il ne se rendît l’un des premiers, et où il ne remportât le prix. Aussi étoit-il grandement estimé des chevaliers. Que Graelent est donc fortuné ! quelle joie ne reçoit-il pas de sa mie ! Pareil bonheur ne peut longuement durer, on n’ose pas même y croire.
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