Johann Karl August Musäus

Johann Karl August Musäus

Résumé

Portrait de Johann Karl August Musäus Johann Karl August Musäus Contes populaires de Musaeus (1900)

Qu'est-ce que le bonheur de la terre, que sont tous les trésors pour une mère sans enfants !
— Chère femme, répliqua le comte, calme-toi; il est bien certain que s'il ne dépendait que de moi, il ne manquerait pas d'enfants à la maison.
La comtesse prit fort à cœur cette réplique : elle comprit que son mari lui faisait un reproche de n'être plus jeune et en âge d'avoir des enfants, car lui-même était encore, dans toute sa force. Elle conçut un tel chagrin qu'elle tomba dans une noire mélancolie, et si la mort était venue lui faire visite, elle eût été la bienvenue.
Source : Gallica

Portrait de Johann Karl August Musäus Johann Karl August Musäus Contes populaires de Musaeus (1900)

« Loin de moi, infâme sorcier ! Même sous cette figure de charmant chevalier, tu ne réussiras pas à tromper mes yeux, ni à surprendre mon cœur. Tu connais ma résolution : rends-moi à ce sommeil de mort où tu m'as plongée par tes enchantements. »
Reinald comprit l'erreur de la Dame : aussi, sans se déconcerter de cette apostrophe, il répliqua : « Gracieuse demoiselle, calmez votre courroux, je ne suis point ce redoutable sorcier qui vous retient prisonnière, je suis le comte Reinald, surnommé l'Enfant-du-Miracle. Voyez : j'ai détruit le talisman, dont la puissance tenait vos sens engourdis. »
Source : Gallica

Portrait de Johann Karl August Musäus Johann Karl August Musäus Contes populaires de Musaeus (1900)

Quand le comte entendit que le poisson le prenait sur ce ton, toute sa crainte disparut : « Elle est à vous, dit-il ; vous êtes un gendre comme il faut, auquel nul père ne refuserait sa fille. Mais à quel prix achetez-vous la fiancée, selon l'usage du pays?
— Je n'ai, répondit le poisson, ni or ni argent; mais il y a au fond de cet étang un trésor de moules perlières : tu n'as qu'à demander.
— Eh bien, dit le comte, une belle fiancée vaut bien trois mesures de belles perles.
— Elles sont à toi, conclut le poisson, et la fiancée est à moi : dans sept lunes, j'irai chercher ma chère épouse. »
Source : Gallica

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