“ Aux moites vapeurs de l’étuve, ma chair se purifia, se régénéra, perdit les dernières traces des amours défuntes, s’assouplit et conquit cette sensation vague qu’on s’affranchit des liens pesants et lourds, qu’on est prêt désormais aux hardies escalades, aux envols vers les cîmes. ”
étuve
Définition et enjeux
L’étuve désigne un lieu ou un procédé de séchage, souvent lié à la chaleur, utilisé en cuisine, en médecine ou dans des contextes symboliques. René Emery la décrit comme un espace de purification sensorielle, tandis que le Dictionnaire portatif de cuisine en fait un outil technique pour conserver des pâtes.
Camille Lemonnier, quant à elle, l’emploie métaphoriquement pour évoquer la régénération humaine. Ces approches, allant du concret au poétique, révèlent une diversité d’usages, reflétant les thèmes connexes de la température, de la stérilisation ou de la transformation.
Citations sur “étuve”
inconnu, Dictionnaire portatif de cuisine…
“ Amandes vertes. (Pâte d’ ) Prenez de la marmelade ci-dessus, bien mêlangée avec le sucre ; tirez-la de dessus le feu ; mettez dans des moules à pâte, & faites sécher à l’étuve, comme on l’a dit pour celle d’abricots, le procédé étant le même. AMANDÉ : L’amandé est une boisson qu’on a toujours regardée comme nourrissante & rafraîchissante ; on prétend qu’elle adoucit l’âcreté du sang, & qu’elle procure du sommeil à ceux qu’un sang trop vif & trop chaud, empêche de dormir. ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ EDWIGE. Quel mépris vous avez de l’amour ! BOUGUET. Nullement ; quelle vénération, veux-tu dire ! Je le respecte, mais je le juge... Je suis trop près de lui à toutes les heures de travail... Il est trop près de moi pour que j’en méconnaisse à la fois la simplicité et la splendeur... Je le vois tel qu’il est, comme une belle lumière. Il ne doit rien éteindre dans les êtres. Il doit au contraire tout exalter en eux... La vie, comme la conscience, est une évolution créatrice. À ton tour d’évoluer... d’entrer dans de nouveaux domaines, d’où tu sortiras modifiée, agrandie. EDWIGE, (agacée.) ”
Charles-Louis Philippe,
Le Père Perdrix, roman
“ On a chanté les premiers pas du jeune étalon qui se rue sur cette maîtresse, la serre à pleins membres et jette le cri d’un créateur lançant un monde. On a dit l’espace autour du cœur, où vont des sentiments qu’on n’avait pas connus, et l’on a dit aussi la première conquête qui s’ajoute à vous-même et passe au sang comme une force encore. ”
Georges Bernanos,
Journal d’un curé de campagne
“ Elle est la mère du genre humain, la nouvelle Ève. Mais elle est aussi sa fille. L’ancien monde, le douloureux monde, le monde d’avant la grâce l’a bercée longtemps sur son cœur désolé — des siècles et des siècles — dans l’attente obscure, incompréhensible d’une virgo genitrix... ”
Paul Valéry,
Œuvres de Paul Valery
(1920)
“ Rien, lui soufflais-je, n’est moins sûr Que la parole divine, Ève ! Une science vive crève L’énormité de ce fruit mûr N’écoute l’Être vieil et pur Qui maudit la morsure brève Que si ta bouche fait un rêve, Cette soif qui songe à la sève, Ce délice à demi futur, C’est l’éternité fondante, Ève ! ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Nous portons par-tout avec nous un cœur de chair. Id. La constance des Evêques les élevoit au-dessus des infirmités de la chair, & les faisoit triompher de sa foiblesse. Herman. Jesus-Christ dit à S. Pierre, l’esprit est prompt & la chair est foible. Les gens du monde ne raisonnent que suivant la prudence de la chair. L’esprit nous élève ; mais le poids de la chair nous abbaisse. Nicol. Il n’y eut point dans son esprit de foiblesse à ménager ; la chair & le sang n’amollirent point son courage. Fl. Il se mêle d’ordinaire quelque chaleur aveugle de la chair & du sang, à l’ardeur du zèle. ”
“ Humbles gens, cœurs touchés par la voix ingénue, La trêve des labeurs maintenant est venue ; Que chacun, jeune ou vieux, dans un grave maintien, Retourne à son chevet : je gagne aussi le mien... Mais, dans la veille alors qui pour moi recommence, Je me sens comme pris d’une vague démence. Celle qui tient mon cœur, peut-être à son insu, Sous son paisible toit celle qui m’a reçu, Quelle est-elle ? me dis-je. Ô créature étrange, Est-ce une argile humaine ? Est-ce une forme d’ange ? ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
(1869-1870)
“ Deux jours après avoir lu cette réponse, Ève fut obligée de prendre une nourrice, son lait tarissait. Après avoir fait un dieu de son frère, elle le voyait dépravé par l'exercice des plus belles facultés; enfin, pour elle, il roulait dans la boue. Cette noble créature ne savait pas transiger avec la probité, avec la délicatesse, avec toutes les religions domestiques cultivées au foyer de la famille, encore si pur, si rayonnant au fond de la province. ”
Camille Lemonnier,
Adam et Ève
“ Je pensais avec un grand tremblement qu’en chaque enfant recommence l’heure inouïe des origines et qu’une vie jaillie d’une autre est toujours la première naissance. Toute parcelle de ta chair belle comme les jardins du printemps, chère Ève élue, est à présent une part de la durée du monde. Une goutte de ta vie, aux calices de l’univers, se décèle aussi précieuse que le sang des aubes. ”
Harriet Beecher Stowe,
La case de l'oncle Tom; ou, vie des nègres en Amérique
(1895)
“ Vous autres, vieilles gens, vous devenez si sages, qu'un enfant ne peut tousser ou éternuer sans que vous ne voyiez là le désespoir ou la mort. Je ne vous demande qu'une chose : surveillez bien Éva, préservez-la de l'air du soir, ne la laissez pas trop s'échauffer au jeu. ”
O. V. de L. Milosz,
L'Amoureuse Initiation
(1910)
“ Que ne rompons-nous, chevalier, avec la sotte routine de considérer comme notre semblable une Ève dont nous ne connaîtrons jamais l’esprit ni la chair ? Car que pouvons-nous pénétrer d’une créature qui nous sait demeurer entièrement fidèle dans le moment même qu’elle essuie le feu d’un corps de garde au complet ? ”
Octave Mirbeau,
L’Écho de Paris
“ Eugène Carrière, MaternitéC’est ainsi que Carrière, parfois, accumule, pour la rendre plus sensible, plus vraie, plus vivante, toute la sensibilité morale d’un être, toute sa signification humaine, dans sa nuque, dans ses mains, et même, dans la flexion de ses poignets. ”
“ Tu es faite pour recevoir la pomme comme Vénus ou pour la manger comme Ève. La beauté commence à toi. Je viens déparier d’Ève, c’est toi qui l’as créée. Tu mérites le brevet d’invention de la jolie femme. ”
Paul Féval, Les Compagnons du trésor
“ Les deux enfants sont casés, vous voilà tout à moi. Si vous ne commettez pas le péché de notre mère Eve en cueillant justement le seul fruit qui vous soit défendu, vous deviendrez le chef puissant d’une famille heureuse. ”
Franc-Nohain,
Les Mémoires de Footit et Chocolat
“ Tu n’as pas de père ? Le mien a un visage tout enfariné et il fait des culbutes et des grimaces qui sont les plus plaisantes qui soient ! Pas de mère non plus ? Ma mère à moi mange de l’étoupe et quand elle danse sur la corde tout le monde bat des mains et trépigne de joie. ”
Marie-Henriette-Auzalie Morin dit Valcourt, Les fantômes blancs
“ La douce vie que me faisait la dévouée créature que j’avais épousée, avait ramené le calme dans mon âme et endormi mes douleurs. La culture, la chasse et la pêche suffisaient à nos besoins. Ma femme, dont j’avais perfectionné l’éducation, partageait mes goûts pour l’étude. ”
A. de Quatrefages,
Revue des Deux Mondes
“ Nous voilà surtout bien éloignés de ces naturalistes qui ne tiennent compte que des caractères extérieurs, et pour qui une peau de mammifère ou d’oiseau passablement bourrée d’étoupes a toute la valeur de l’animal entier. ”
Camille Lemonnier,
Adam et Ève
“ Nos corps étaient légers d’éternité comme la source et le bois. Et Ève ne cessait pas d’être la petite femme enfant, mobile et spontanée, la divine créature originelle qui aimait et enfantait comme la terre. ”
Joaquim Maria Machado de Assis,
Quelques Contes
“ C’est vous qui cousez. Vous semblez ignorer que si quelqu’un coud, c’est moi, et moi seule. — Vous trouez l’étoffe, et rien de plus. C’est moi qui couds, qui unis les morceaux, et qui donne une apparence aux garnitures. — Et puis après ? il n’en est pas moins vrai que je perce l’étoffe, frayant le chemin, vous traînant à ma remorque, et vous êtes bien obligée de me suivre et de m’obéir... ”
Casimir Delavigne,
Théâtre de Casimir Delavigne. Série 3
(1852)
“ ELVIRE. Qu'il y vole, et que Dieu conduise son courage, Puisqu'il n'a pas de fils pour venger cet outrage ! Qu'il veille, en vous suivant, non sur moi. mais sur vous ! LE CID. Femmes, enfants, vieillards, qui vous défendra? ELVIRE. Nous ; Nous seuls : le coeur suffit à qui veut se défendre. . Vous le disiez tantôt, ma parole peut rendre L'âme aux plus abattus, la jeunesse aux plus vieux, Et le regard du Cid peut briller dans mes yeux. LE CID, à Fanès. ”
Léon Pamphile LeMay, Les gouttelettes
“ Le sang coule et rougit les faces et les torses. Quel étau peut broyer comme ces bras humains ? On entend comme un bruit de forêt qui s’embrase ; C’est la foule qui clame, approuve et bat des mains... ”
E. Caro, Revue des Deux Mondes
“ Voyez le genêt ; il croît, heureux et calme, sur les flancs du Vésuve, tandis qu’à ses pieds dorment tant de villes ensevelies, tant de populations prises par la mort dans le plein triomphe et l’orgueil de la vie. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Volupté
(1877)
“ Le détail de cette jeunesse et de cette famille est enchanté. Comment n'ai-je pas trouvé le blond essaim au-dessus de la tête blonde, et ces deux vieillards et ces deux enfants entre lesquels une révolution a passé, et les torrents de vœux et de regrets aux heures les plus oisives, et cette voix incertaine qui soupire en nous et qui chante, mélodie confuse, souvenir d'Éden, etc.? Bien est-il heureux pour ma probité littéraire, monsieur, que ma jeunesse fût achevée dans mes Mémoires, car je vous aurais certainement volé. ”
James Fenimore Cooper,
Le Paquebot américain
“ Pensez-y une seconde fois, mon père, dit Ève ; un tel homme n’est pas même digne de votre ressentiment. Il est trop au-dessous de vous par ses principes, son éducation, et par le rang qu’il occupe dans le monde, pour que vous vous occupiez de lui. ”
Comtesse de Ségur,
Prières pendant la Sainte Messe
“ Enfin, ce qui tombe dans la bonne terre, marque ceux qui entendent la parole de Dieu, qui l’écoutent, qui la suivent, et deviennent en grandissant pleins de vertus, comme les épis sont pleins de grains. — Je suis bien sûre, mes enfants, que vous voudrez être la bonne terre, que vous écouterez et suivrez toujours les bons conseils qu’on vous donnera, pour devenir le superbe épi plein de vertus. ”
George Sand,
Mademoiselle La Quintinie
(1863)
“ Choisis la carrière que tu voudras pour tes fils et pour toi-même, vous ne serez entravés que par la concurrence des eunuques ; alors vous ferez à l’occasion un peu de zèle pour vous distinguer du troupeau : vous insulterez quelque mort illustre, vous persécuterez quelque vivant déjà persécuté. ”
Maurice Barrès,
Sous l’œil des barbares
“ Que ne peux-tu entendre le maître, tandis qu’il détaille tes qualités et ton humour, juché sur ton dos et te caressant le gras du col, toi si modeste sous ta selle neuve, le poil aimable, les oreilles droites et circonspectes ! Des gens courbés sur leurs champs se redressent ; ils abritent leurs yeux de la main, et les plus ordinaires ricanent. ”
Hippolyte Rault, Vie de Jules Marchand : diacre du diocèse de Séez… (1865)
“ Ne l'assure-t-il pas luimême ? « Celui qui aura laissé à cause de moi, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou son épouse, ou ses fils, ou ses champs, recevra le centuple, et possédera la vie éternelle. » ”
Marguerite de Lussan,
Anecdotes de la cour de François Ier…
(1821)
“ Vous seul êtes capable de penser avec autant de délicatesse, et de rendre ce qu'il pense aussi heureusement. Si les choses aimables que vous rimez ne sont pas senties, au moins ressemblent-elles bien au sentiment. Hé bien! Madame, lui dit le comte d'Estouteville, puisque vous voulez que je me pare des plumes d'autrui, montrez-moi donc les vers que vous avez reçus. ”
Maurice Barrès,
La Colline inspirée
“ Scène d’un caractère éternel, pareille à mille autres qu’elle ranime au fond de l’âme paysanne. Les gens rassemblés, ce soir, à Étreval, sont aussi prêts à gouailler qu’à croire cette chose extraordinaire qui vient de se passer sous leurs yeux. ”
“ « Ne marche pas de travers, disait une écrevisse à sa fille, et ne frotte pas tes flancs contre le roc humide. — Mère, répliqua-t-elle, toi qui veux m’instruire, marche droit ; je te regarderai et t’imiterai. » Quand on reprend les autres, il convient qu’on vive et marche droit, avant d’en faire leçon. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Une vieille maîtresse
(1851)
“ La fille d’Ève que la vieillesse ne tue pas, mais concentre, la fille d’Ève, curieuse jusqu’au bout, se posait intérieurement cette question qui a un sexe : « Comment a-t-elle régné ? Par quels moyens règne-t-elle encore ? » ”
Gabriel Séailles,
Eugène Carrière, essai de biographie psychologique…
(1911)
“ Carrière, en fixant les gestes primitifs où se trahit l'instinct des mères, élève les scènes familières jusqu'au symbolisme religieux, nous fait sentir ce qu'a de mystérieux et de divin la transmission de la vie, qu'achève dans le don conscient de soi-même le sacrifice volontaire. ”
Camille Lemonnier,
Adam et Ève
“ À présent Ève et moi paisiblement nous nous entretenions des destinées de l’homme. Il nous apparut heureux et enviable à travers l’isolement et la nature : les jeunes dieux du monde avaient son innocence et sa beauté. ”
Herbert George Wells,
Pages choisies
(1896)
“ Chaque fois que je plonge une créature vivante dans ce bain de douleur cuisante, je me dis : cette fois, toute l’animalité en lui sera brûlée, cette fois je vais créer de mes mains une créature raisonnable. Après tout, qu’est-ce que dix ans ? Il a fallu des centaines de milliers d’années pour faire l’homme. ”
“ Vous pouviez, monsieur, répondit de Vair, plus ému qu’il n’eût voulu le paraître, invoquer bien des raisons pour décliner ma demande, tout en sauvegardant les convenances. Vous avez préféré donner à votre refus une forme insultante pour le milieu où je suis né. Je laisse à votre conscience le soin de décider si vous vous êtes conduit en homme de cœur, et à votre éducation celui d’apprécier si vous avez agi en galant homme. ”
G. Lanson, Revue des Deux Mondes tome 95, 1889
“ Le Sage, dans son unique chef-d’œuvre, nous donne encore pis : un traitant, ancien laquais, suffisant, ignorant, fripon sans scrupules et sans pitié, une veuve équivoque qui le pille, un chevalier joueur qui exploite la veuve, un valet et une soubrette unis pour voler le chevalier, la veuve et le traitant, voilà de curieux drôles. ”
Joseph-Napoléon Morellet, Les Deux Henry, causeries littéraires insérées au "Glaneur du Haut-Rhin"… (1866)
“ A l'âge d'homme , M. Henry Edouard s'émeut doucement au souvenir des dures épreuves et du courage de sa mère; laissons-le parler : la prose, si brillante qu'elle soit, pâlit devant la poésie du cœur. 0 mère que j'adore, o toi, plus que le jour Nécessaire au bonheur de ma courte existence, C'est ainsi qu'on te vit, en butte à la souffrance, Des maux qui t'assiégeaient sans pouvoir t'accabler, Affronter la fureur, et contente, immoler Tes goûts et tes plaisirs à notre destinée. ”
“ Vous êtes ici pour dire et entendre la vérité, qu’elle vous soit ou non favorable. Après la mort de vos parents, vous vous êtes logée au faubourg Saint-Antoine, non loin de la pension où vous aviez mis votre fille ? ”
Henriette de Mannoury d’Ectot, Mémoires secrets d’un tailleur pour dames (1880)
“ Monsieur, sacre et jure ! d’une voix entrecoupée par la douleur et la colère, il ne peut que prononcer « Sacré nom de Dieu ! Marie, vous m’avez trompé, quand on a un ratelier, on ne joue pas de l’instrument des gens qu’on aime... » ”
James Fenimore Cooper,
Le Paquebot américain
“ Cousin, malgré votre répugnance pour la consanguinité, les hommes les plus instruits et les plus civilisés peuvent tirer une leçon utile de cette identité même de nature, dit Ève, qui fit un effort pour surmonter des sentiments qu’elle traitait de faiblesse et d’enfantillage. En voyant ce que nous pourrions être nous-mêmes, nous apprenons à être humbles ”
George Sand,
Mont-Revêche
(1853)
“ Il faut être né, pour ainsi dire, à cheval, comme les enfants de famille et les grooms, comme les jeunes seigneurs et les enfants de ferme. Nous autres, descendants des races vouées au commerce, à la chicane, aux arts ou aux métiers, toute notre force, toute notre souplesse, toutes nos aptitudes, sont dans le cerveau ou dans la main. ”
Alex Garnier, Histoires étranges par Alex. Garnier… (1865)
“ Face à face avec la nature, mesurant mes besoins à mes forces, je vais donc connaître cette vie paisible pour laquelle l'homme a été créé. Enfin, la duplicité du regard humain ne cherchera plus dans mes yeux la route de mon coeur, et aucune main vénale né m'offrira ses services... ”
Samuel Richardson,
Histoire de Miss Clarisse Harlove
“ Ainsi, fermant les yeux sur notre misère, tous nos mouvemens sont en rond, comme ceux d’un cheval aveugle, auquel on fait tourner la roue d’un moulin ; et nous roulons dans un cercle fort étroit, lorsque nous croyons ranger le monde entier sous nos loix. ”
Étienne Dubouis, Le Seigneur soit avec vous ! ou Testament spirituel d'un curé à ses paroissiens… (1884)
“ Tes mains n'ont pas été souillées par le vol, tes lèvres par le mensonge, ton cœur par un désir- impur. Un berger reçoit d'un homme un petit salaire ; toi, qu'as-tu reçu de ton Dieu ? Regarde, tu es pauvre, ignoré, et ton voisin qui blasphème comme un démon est peut-être membre du conseil municipal, maire, sous-préfet, préfet, député, sénateur et quelque chose de plus. Chez l'incrédule, prospérité, honneurs, plaisirs ; et toi, croyant, tu ne sais peut-être pas où trouver un abri pour ta vieillesse et un morceau de pain. ”
