Maurice Barrès,
La Colline inspirée
“ Un vent froid et sonore commence à souffler continûment sur la colline ; le soleil ne l’éclaire plus que bien rarement d’une franche lumière. Dans ce vieux cœur, la vie prend les couleurs désolées d’un février lorrain, tout de vent, de dégel et de pluie ; l’horizon se rapproche, le silence se fait, les formes s’enveloppent de brouillard. C’est l’hiver plus en rapport avec sa défaite, avec la monotonie de son âme, avec le repliement de son génie monocorde. Léopold semble aux yeux de tous un vieillard plus aride et plus pierreux que le sommet de Sion, mais sur cette lande, les esprits dansaient. ”

