Résumé

Portrait de Maurice Barrès Maurice Barrès Le Bi-centenaire de Jean-Jacques Rousseau

J’admire autant que personne l’artiste, tout de passion et de sensibilité, le musicien, pourrais-je dire, des Rêveries d’un promeneur solitaire, des Confessions et de la Nouvelle Héloïse. L’homme lui-même, cette vertu pauvre et revêche alliée à cet amour lyrique de la nature et de la solitude, non, je ne ferai pas son procès. Et je ne conteste pas que du point de vue social il n’ait eu son moment d’utilité, de bienfaisance même, quand il apportait, dans une société intellectualisée à l’excès, une riche effusion d’imagination et de sentiments.
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Portrait de Maurice Barrès Maurice Barrès Le Bi-centenaire de Jean-Jacques Rousseau

À l’heure où nous sommes, avez-vous vraiment l’idée qu’il est utile et fécond d’exalter solennellement, au nom de l’État, l’homme qui a inventé le paradoxe détestable de mettre la société en dehors de la nature et de dresser l’individu contre la société au nom de la nature ? Ce n’est pas au moment où vous abattez comme des chiens ceux qui s’insurgent contre la société en lui disant qu’elle est injuste et mauvaise et qu’ils lui déclarent une guerre à mort, qu’il faut glorifier celui dont peuvent se réclamer, à juste titre, tous les théoriciens de l’anarchie.
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Portrait de Maurice Barrès Maurice Barrès Le Bi-centenaire de Jean-Jacques Rousseau

Dans tous ses livres politiques, chez Rousseau, c’est la même chimère de coucher la vie sur un lit de Procuste. Sa raison arbitraire s’imagine qu’elle suffit à elle seule pour créer une société plus saine et plus vigoureuse que celle qui a sa racine dans les profondeurs mystérieuses du temps. Quelle orgueilleuse confiance en soi ! C’est que Rousseau ignore les méthodes de la science.
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