“ Je ne sais qui a dit que le cœur d’une femme n’a point de rides. « Écoutez la fin, me dit-elle. Brûlée, égarée, perdue par tout ce qu’il me disait, je jetai mes deux bras autour de lui, je frissonnai en touchant le satin de son habit, en respirant le parfum de ses cheveux. Ma tête s’égara. Tout ce que j’ignorais, tout ce que je croyais être incapable de ressentir, se révéla à moi ; mais ce fut trop violent, je m’évanouis. Il me rappela à moi-même par de prompts secours. Je le trouvai à mes pieds, plus timide, plus ému que jamais. « Ayez pitié de moi, me dit-il ; tuez-moi, chassez-moi... » ”
George Sand
Élements biographiques
George Sand, nom de plume d’Amantine Aurore Lucile Dupin, figure centrale du romantisme français, incarne l’audace intellectuelle et morale de son époque. En bravant les conventions sociales par ses écrits et son mode de vie, elle dénonce le mariage, prône l’égalité entre les sexes et explore les tensions entre passion et liberté.
Son œuvre, riche et variée, allie roman social (Indiana, Le Compagnon du Tour de France), roman pastoral (La Petite Fadette) et engagement politique, marquée par une sensibilité lyrique et une réflexion approfondie sur l’individu au sein de la société.
Citations de George Sand
“ Va, la plus divine faculté de l’âme, le désir, n’est qu’endormie en toi, Sténio. Laisse reprendre à ton corps quelque vigueur, donne à ton sang quelques jours de repos, et tu sentiras se réveiller cette ardeur sainte du cœur, cette aspiration infinie de l’intelligence qui font qu’un homme est un homme, et qu’il est digne de commander ici-bas aux orages de sa propre vie. — Un homme est un homme, dit Sténio, tant qu’il peut gouverner son cheval et résister à sa maîtresse. Quel plus bel emploi de la force voyez-vous que le ciel ait départi à d’aussi chétives créatures que nous ? ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ Pour mourir ! s’écria Raymon avec force en la saisissant dans ses bras ; toi, mourir ! Indiana ! mourir avant d’avoir vécu, avant d’avoir aimé !... Non, tu ne mourras pas ; ce n’est pas moi qui te laisserai mourir ; car ma vie maintenant est liée à la tienne. Tu es la femme que j’avais rêvée, la pureté que j’adorais, la chimère qui m’avait toujours fui, l’étoile brillante qui luisait devant moi pour me dire : « Marche encore dans cette vie de misère, et le ciel t’enverra un de ses anges pour t’accompagner. » De tout temps tu m’étais destinée, ton âme était fiancée à la mienne, Indiana ! ”
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