Résumé

Portrait de George Sand George Sand,  La Tour de Percemont

“ Qu’as-tu donc contre ma pauvre Miette ?
— Contre elle ? Rien assurément, je lui rends justice ; mais c’est... c’est ce chapeau !
— Ce chapeau de village ? mademoiselle de Nives en a un pareil aujourd’hui et n’en a pas moins un air de comtesse.
— Oui, mais elle l’est pour tout de bon, cela se voit.
— Et tu trouves que Miette a l’air d’une maritorne ?
— Non pas, elle ressemble à sa mère, qui te ressemblait. Il n’y a pas d’air commun dans notre famille ; mais Miette est froide, elle n’aime pas Henri !
— Ah ! voilà l’erreur ! Miette te paraît froide parce qu’elle est digne et forte.
”
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Portrait de George Sand George Sand,  La Tour de Percemont

“ Pleure si le cœur t’en dit ! seulement parle-moi franchement : Émilie t’est plus chère que tu ne veux l’avouer ?
— Mon père, dit Henri, j’ai envie de pleurer, j’ai envie de rire aussi.
— Ris et pleure, mais parle !
— Voilà le difficile. Parler, c’est se résumer, et je ne vois pas clair en moi-même. Je sais bien qu’Émilie est un ange, mieux encore, elle est une sainte, car, si elle a l’innocence et la candeur qu’on attribue aux êtres célestes, elle a le mérite de l’âme généreuse et vaillante qui surmonte toutes les épreuves.
”
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Portrait de George Sand George Sand,  La Tour de Percemont

“ Es-tu toujours amoureux, oui ou non, de ta cousine ?
— Amoureux ?
— Oui, amoureux, amoureux d’amour, il n’y a pas à jouer sur les mots.
— Il est en peine de te répondre, dit ma femme. Il se demande peut-être s’il l’a jamais été.
Henri saisit avidement la perche que lui tendait sa mère.
— Oui, s’écria-t-il, voilà le vrai ! Je ne sais pas si on peut appeler amour le sentiment respectueux et fraternel que Miette m’a inspiré dès l’enfance. La passion n’est jamais éclose de part ni d’autre.
— Et tu veux la passion dans le mariage ?
”
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