Charles Augustin Sainte-Beuve,
Oeuvres de madame de Souza
(1865)
“ En présence d'Alphonse, sans pouvoir m'en empêcher, sans vouloir lui en dire le motif, des larmes ont coulé de mes yeux. Il m'a suppliée de lui confier mes chagrins ; il m'appeloit sa sœur, son amie, la consolation que le ciel lui avoit envoyée. Ces expressions touchantes me faisoient regretter plus vivement encore de n'avoir jamais pu aimer ni être aimée. Ah ! si l'on m'eût donné un mari de mon choix, je sens aujourd'hui combien j'aurois été heureuse! Avec quelle passion, quel respect je lui eusse été dévouée! Que n'aurois-je pas fait pour l'amour, puisque la pitié m'a rendue si sensible? ”
