Romain Colomb

Armance (1877)

Résumé

Romain Colomb Armance (1877)

Jamais Octave n'avait été aussi heureux. La duchesse d'Ancre trouvait ce bonheur bien naturel. Octave, disait-elle, peut se croire en quelque sorte le centre de tout ce mouvement d'Andilly : le matin chacun envoie chercher des nouvelles de sa santé ; quoi de plus flatteur à son âge ! Ce petit homme est bien heureux, ajoutait la duchesse, il va être connu de tout Paris, et son impertinence en sera augmentée de moitié. Ce n'était pas là précisément la cause du bonheur d'Octave.
Il voyait parfaitement heureuse cette mère chérie à laquelle il venait de causer tant d'inquiétudes.
Source : Gallica

Romain Colomb Armance (1877)

Je ne puis te comprendre; tu es le devoir incarne. — Que je serais heureux de n'y jamais manquer! dit Octave; que je voudrais pouvoir rendre mon âme pure au Créateur comme je l'ai reçue! —Miracle! s'écria le commandeur; voilà, depuis un an, le premier désir que je vois exprimer par cette âme si pure qu'elle en est glacée ! Et fort content de sa phrase, le commandeur quitta le salon en courant.
Octave regarda sa mère avec tendresse; elle savait si cette âme était glacée. On pouvait dire de madame de Malivert qu'elle était restée jeune quoiqu'elle approchât de cinquante ans.
Source : Gallica

Romain Colomb Armance (1877)

Il faut avouer que quelquefois, en regardant fixement une moulure d'or du plafond de son salon, elle parvenait à se dire : là, dans cet espace vide, dans cet air, il y a un génie qui m'écoute, magnétise mon âme et lui donne les sentiments singuliers et pour moi bien réellement imprévus que j'exprime quelquefois avec tant d'éloquence. Ce soir-là, madame de Bonnivet, fort contente d'Octave et du rôle auquel son disciple pourrait s'élever un jour, disait à madame de Claix : Il ne manquait réellement au jeune vicomte que l'assurance que donne la fortune.
Source : Gallica

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