Résumé

Mémoires d'une femme du monde… (1860)

Il me semblait qu'aucun lien ne me retenait plus à la vie, et j'appelais la mort de tous mes vœux. C'est qu'en effet avec ma mère je perdais l'amie sur qui mon cœur avait reporté toutes ses illusions, et l'espérance de pouvoir satisfaire cette soif d'affection qui chaque jour davantage devenait pour moi une impérieuse nécessité.
Mes frères, moins bouleversés que moi par ce fatal événement, et inquiets des suites de mon désespoir, me prodiguèrent les soins et les consolations ; je me remis peu à peu, et au bout de huit jours je fus assez forte pour monter en voiture, et retourner à Elbeuf.
Source : Gallica

Mémoires d'une femme du monde… (1860)

Du reste, un enfant est bien pardonnable d'avoir ses finesses, quand il les emploie à se rendre agréable et à satisfaire le faible de ceux qui l'entourent. Il parait que j'étais réellement aimable, et que toutes les personnes qui m'approchaient, avaient pour moi un attachement sincère. Je ne parle pas des amis peu intimes, qui, par bienséance, admirent, en présence de ses parents, un enfant qu'au fond du cœur ils trouvent profondément détestable ; je ne songe qu'à ceux dont l'intimité dans ma famille était assez grande pour qu'ils osassent me réprimander au besoin.
Source : Gallica

Mémoires d'une femme du monde… (1860)

Aucune de mes lettres ne partait sans avoir été lue par la mère supérieure ; il en était de même de celles que je recevais ; elles m'étaient toujours remises décachetées.
C'est là un de ces abus qui m'ont toujours révoltée. Il n'est point peut-être une famille qui n'ait ses secrets, ses détails intimes, ses misères occultes, ses plaies intérieures. Même pour les lettres qui s'adressent à des enfants, le secret est le premier des devoirs. Il est déplorable de penser qu'il est violé d'une manière permanente dans les couvents.
Source : Gallica

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