Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux,
La Vie de Marianne
(1731-1740)
“ Oui, consolez-vous, Marianne : vous avez une mère à l’épreuve de cette inconstance ; en tout cas vous serez alors ma fille, je vous l’ai promis, et je vous tiendrai parole. Mais je crains bien que vous ne soyez jamais ma fille pendant la vie de madame ; elle vous aime trop pour vous céder à une autre. Il se fait tard, madame, dit-elle enfin. Adieu, nous nous verrons demain ; vous m’avez priée de vous accompagner pour aller au couvent chercher les hardes de Marianne ; sera-ce le matin ? Oui, répond ma mère ; nous dînerons ici toutes trois. ”
