Résumé

Portrait de Marivaux Marivaux La Vie de Marianne (1731-1740)

Le cœur de Valville n’est pas ce qu’il vous faut, il n’est point fait pour payer le vôtre, et ce n’est pas sur lui que doit tomber votre tendresse ; c’est comme si vous n’aviez point eu d’amant.
Ce n’est point en avoir un que d’avoir celui de tout le monde. Valville était hier le vôtre ; il est aujourd’hui le mien, à ce qu’il dit ; il sera demain celui d’une autre, et ne sera jamais celui de personne. Laissez-le donc à tout le monde, à qui il appartient ; et réservez, comme moi, votre cœur pour quelqu’un qui pourra vous donner le sien, et ne le donner jamais qu’à vous.
Source : Wikisource

Portrait de Marivaux Marivaux La Vie de Marianne (1731-1740)

Savez-vous, ma chère fille, qu’un homme de ce caractère mérite votre attention ? Vous me direz, il est vrai, que votre cœur est prévenu, que vous ne l’aimerez jamais ; cela sera faux, Marianne ; c’est là votre pensée aujourd’hui, je le crois ; mais vous changerez de sentiment, ma fille : c’est moi qui vous le prédis. Vous oublierez M. de Valville quand vous aurez mûrement réfléchi sur le mérite de cet homme ; la conduite qu’il tiendra pour s’attirer votre estime fera impression sur votre âme ; sa déférence, ses manières, sa tendresse, tout cela, dis-je, captivera peu à peu votre attention.
Source : Wikisource

Portrait de Marivaux Marivaux La Vie de Marianne (1731-1740)

Cette attention-là produira l’estime : or, Marianne, il n’y a plus qu’un pas à faire de l’estime à l’amour ; je suppose ici un hymen, et que votre infidèle ne revienne plus vers vous.
Oui, chère fille, je soutiens qu’un homme poli et aimable de cœur et de sentiments, quelque âgé qu’il soit, touche toujours notre âme ; c’est d’abord par reconnaissance, ensuite par estime ; de l’estime on passe à l’amitié, et de l’amitié à la tendresse. Tel est, ma chère fille, tel est le cercle qui enchaîne insensiblement un cœur comme malgré lui.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature