“ LE NEVEULa vôtre n'a donc plus ses parents ?MADAME ALAINElle n'a qu'une sœur avec qui elle a passé sa vie.LA VALLÉELe cœur me dit que vous me coupez la gorge.MADAME ALAINVotre cœur rêve.LE NEVEUNous n'y sommes plus. La mienne est blonde et n'a qu'une tante.MADAME ALAINHé bien ! la nôtre est brune et n'a qu'un neveu.LA VALLÉENi la sœur ni le neveu n'avaient que faire là. Je ne les aurais pas déclaré.MADAME ALAINAvec qui la vôtre se marie-t-elle ?LE NEVEUAvec un veuf de trente ans, homme assez riche, mais qui ne convient point à la famille. ”
Neveu
Définition et enjeux
Le terme « neveu » désigne l’enfant masculin d’un frère ou d’une sœur, reliant ainsi les générations par un lien de parenté. Abordé par des auteurs comme Marivaux, qui en fait un personnage de dialogue familial, ou Alexandre Duval, qui évoque sa place dans les enjeux successoraux, ce concept s’enrichit de nuances culturelles et sociales.
Henri Levaux et Jules Verne le situent dans des contextes relationnels variés, illustrant sa dimension à la fois affective et juridique. La terminologie, issue du latin nepos, révèle une histoire lexicale riche, tandis que les textes soulignent son rôle dans les dynamiques familiales et les transmissions de patrimoine.
Citations sur le neveu
Alexandre Duval, Le misanthrope du Marais ou La jeune Bretonne… (1832)
“ Oui, mon cher neveu, aussitôt que j'apprendrai que vous vous serez marié sans ma permission; de votre fortune, je ferai celle de vingt filles de joie, qui épouseront à leur tour vingt imbéciles comme vous ; et ces vingt filles, une fois bien mariées, seront tout aussi honnêtes femmes que la vôtre. ”
Henri Levaux, Comédies (1897)
“ DURAND. Ta cousine, ta cousine! Que va penser mon neveu? Voyons, mon ami, cette dame qui t'accompagne est liée à toi par une affection plus tendre, avoue-le. MORIN. Tu peux être sûr que, s'il en eût été ainsi, je serais venu seul. Je me respecte trop pour manquer aux convenances. Tu peux être tranquille et surtout rassurer ton neveu s'il venait par hasard à s'effaroucher. ”
Anthony Trollope, Le Domaine de Belton
“ Non, vous ne voyez pas les choses de la même manière que mon neveu. Ce qu’il regarde comme sérieux est pour vous de peu d’importance. Je prie pour vous chaque jour, Clara, et j’espère que vous ne cessez pas de prier pour vous-même. ”
“ LE NEVEUMademoiselle Habert a eu tort de fuir ; elle n'avait à craindre que des représentations soumises. Je ne désapprouve pas qu'elle se marie ; toute la grâce que je lui demande, c'est de se choisir un mari que nous puissions avouer, qui ne fasse pas rougir un neveu plein de tendresse et de respect pour elle, et qui n'afflige pas une sœur à qui elle est si chère, à qui sa séparation a coûté tant de larmes.LA VALLÉEOh ! le madré crocodile.MADAME ALAINJe ne m'en cache pas, vous me touchez. Les gens comme nous doivent se soutenir ; j'entre dans vos raisons. ”
Gabriel-Marie-Eugène de La Tour de Noé, Histoire des hommes illustres de la famille Latour de Noé… (1875)
“ « Et moi, indigne neveu d'un oncle toujours si digne. » Après cela, on comprendra que mon coeur s'écrie : Bon pasteur, oh! je vous en supplie, protégez-moi plus fortement encore; gardez-moi bien cette place à côté de vous, la seule que j'envie, et pour laquelle je cabale, cette place que votre intercession sollicite, sans cesse du grand Roi, auquel vous avez le permanent bonheur de faire une éternelle cour; oui, cette place dans la cité céleste, où tous les citoyens sont vraiment souverains, où tous sont rois pour une éternité ! ”
Paul Dupont,
Histoire de l'imprimerie. Tome 2
(1854)
“ A ce prompt trésor, pour sa gloire, Ce neveu hésite de croire, Et même il est fier d'hésiter : Mais tu le fais fier.... d'hériter ; A ce quiproquo qui l'outrage, C'est vainement que son visage S'empreint d'une vive douleur ”
Jules Verne,
Les Forceurs de blocus
“ J’ai un neveu. — Il a un joli oncle, ce neveu-là, répondit James Playfair. — Eh ! eh ! fit Crockston. — En finiras-tu ? demanda le capitaine avec une forte impatience. — Eh bien, voilà la chose. Quand on prend l’oncle, on s’arrange du neveu par-dessus le marché. — Ah ! vraiment ! — Oui ! c’est l’habitude. L’un ne va pas sans l’autre. ”
Madame Ulrich, La Folle Enchère
“ ANGÉLIQUE. On ne peut pas plus ; mais seulement à cause de ma sœur & de ce neveu qui doit l’épouser. LISETTE. Et du bien que la tante assure au neveu. ANGÉLIQUE. Justement. LISETTE. Nous ne reduirons jamais ce pere-là. MADAME ARGANTE. Par quelle raison ? LISETTE. Par la raison que vous n’avez point de neveu à donner à sa fille. Si Monsieur vostre fils estoit un garçon à faire les choses de bonne grace encore on pouroit raisonner sur ce principe : Je crois que le voicy ; c’est le hazard qui vous l’amene. MADAME ARGANTE. Sa visite me peine autant que celle de la Marquise. ”
Eugène Ritter, Revue des Deux Mondes
“ Veuillez donc prendre patience, s’il arrivait que votre pension tardât à venir, et dites-vous alors : Je connais le cœur de mon neveu ; et sûre qu’il ne m’oublie pas, je le plains de n’être pas en état de mieux faire. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Mon roman
“ Et cependant chaque sexe parvient à duper l’autre. Écoutez-moi : bien que je connaisse peu mon neveu, je sais que c’est un joli garçon dont une jeune fille pourrait s’amouracher à un bal. Mais vous qui avez connu des intelligences de l’ordre le plus élevé, vous qui avez reçu les hommages d’hommes dont l’esprit et la conversation font paraître les oisifs des salons si fastidieux et si insipides, vous ne sauriez me regarder en face et me dire que vous ressentez pour mon neveu rien qui ressemble à de l’amour. ”
Mariano José de Larra,
Le Pauvre Petit Causeur
“ Il était clair que la vie de mon neveu et son honneur se trouvaient dans un éminent péril. Que pouvait faire un oncle si tendre, aimant tant son neveu, si riche et sans enfants ? Je comptai donc ses cent douros, c’est-à-dire les miens. « Neveu, allons à la maison où la montre est engagée. — Quand il vous plaira, cher oncle [6] . » ”
Théodore Barrière,
La Vie de bohème
“ M. mon neveu est bien le fils de mon frère. C’est le même désordre d’esprit. La vocation ! l’art ! le génie... et le père est mort en laissant des dettes que le fils s’apprête à doubler. Les arts ! les arts ! ”
George Sand,
La Famille de Germandre
(1861)
“ J’accepte la dernière solution et ses conséquences, c’est-à-dire l’amitié de famille que vous invoquez, répondit le chevalier en prenant la main d’Octave, Je ne suis plus un jeune homme pour m’enflammer à propos d’une parole légère ; je ne suis même plus un jeune père, et, voyant en vous un neveu plutôt qu’un cousin, je n’affecterai pas un dépit que je n’éprouve pas. ”
Jean Froissart,
Les Chroniques de Sire Jean Froissart
“ Beau neveu, vous avez jugement pour vous de bel héritage et grand ; or vous hâtez et pénez de le reconquérir sur celui qui le tient à tort ; et priez tous vos amis qu’ils vous veuillent aider à ce besoin ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Oeuvres de madame de Souza
(1865)
“ Votre neveu est encore un enfant, dit-elle au baron de Rieux; ne le punissez pas en homme, respectez sa réputation. Ils sont si jeunes l'un et l'autre, qu'on ne doit toucher à leur avenir qu'en tremblant. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
E.T.A. Hoffmann - Contes fantastiques
“ Quelque énergie que se sentit encore le vieillard à soixante-dix ans, il pensait toutefois qu’une main auxiliaire lui serait d’un grand secours. Un jour il me dit en riant : Neveu (j’étais son petit-neveu, et je porte encore son nom) , neveu ! ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Taisez-vous, mon neveu... je le tuerai... La voix des rêves ne peut mentir... Quant à concevoir contre lui de la haine, mon cœur est trop habitué à l’aimer... Il y a vingt ans que je l’aime... et pourtant... ”
Eugène Le Roy,
Le Moulin du Frau
(1891)
“ Nous l’écoutâmes comme ça pendant dix minutes ; mais à la première pause, mon oncle lui dit : — Écoutez, Monsieur le curé, vous perdez votre temps à essayer de nous convertir ; nous ne sommes plus des enfants ; moi j’ai deux fois votre âge, mon neveu est votre aîné, et pour vous parler franchement, nous n’aimons pas qu’on blâme notre manière de nous conduire. ”
Ernest Le Liepvre, Charles Kolb-Bernard, 1798-1888… (1893)
“ Votre père ne rendit pas de moindres services à cette sœur qu'une viduité prématurée laissait avec la charge d'une famille nombreuse et en bas âge. Il fut pour ces orphelins ce qu'il a été pour mes frères : l'instrument de la Providence, toujours prêt, toujours vigilant, infatigable dans son dévouement, recueillant ses neveux et ses nièces à toute occasion dans sa propre maison ; gagnant le cœur de tous, pourvoyant dans la mesure nécessaire à leur établissement, leur ami autant que leur conseil, avec des tendresses paternelles dont le souvenir et les effets excellents subsistent aujourd'hui. ”
Eugène Noël,
Mémoires d'un imbécile : écrits par lui-même
(1875)
“ CE QUE JE RÉPONDIS AU NEVEU AMÉDÉE. — Il faut, mon neveu, rester ici jusqu'à nouvel ordre; nulle maison ne sera moins que la nôtre soupçonnée de cacher des suspects. Il était impossible, d'ailleurs, que tu nous arrivasses plus à propos. Je me demandais depuis quelque temps d'où je ferais venir un homme de ta profession. ”
Various, L'Illustration, No. 0005, 1er Avril 1843
“ Pourquoi est-on neveu, si ce n'est pour être amoureux d'une femme jolie et pauvre, et faire enrager son oncle, qui veut une nièce riche et laide? Don Pasquale est comme tous les oncles, et, telle est sa colère quand son neveu lui a déclaré formellement sa résolution, qu'il imagine, pour punir ce neveu rebelle et impertinent, de se marier, lui, don Pasquale, avec sa goutte, sa perruque et ses soixante-dix ans.. ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ Monsieur mon neveu, la plus longue patience et la plus robuste obstination doivent, l’une ou l’autre, finir tôt ou tard. Ce qu’on tolère devient intolérable, incorrigible ce qu’on ne corrige pas ; et qui vingt fois a jeté la perche à un fou qui veut se noyer, peut être forcé un jour ou l’autre de l’abandonner ou de périr avec lui. ”
Édouard Martin,
L'argent par les fenêtres : drame-vaudeville en trois actes
(1852)
“ DE MARSAN. Monsieur, je croyais avoir un neveu, mais je me suis trompé; ce neveu devait être un noble jeune homme, ne dépensant pas sa vie et son argent dans de folles orgies.. Enfin, ce neveu devait être digne de mon estime. vous voyez bien, Monsieur, que ce ne saurait être vous. OCTAVE. Qu'est-ce qu'il chante. si vous n'êtes pas mon oncle, mon cher, allez-vous-en. Clarinette, je te proclame mon oncle. CLARINETTE. Oh! que t'es bête, val VIRGILE. Malheureux, tais-toi donc, tu te compromets. OCTAVE. Ah! je m'en fiche pas mal, puisque ce n'est pas mon oncle. ”
Hendrik Conscience,
L'oncle Jean
(1879)
“ C'était l'histoire d'un neveu et d'une nièce qui demeuraient ensemble, comme vous chez un vieil oncle. Le neveu était un bon et candide jeune homme. La nièce lui témoignait tant d'amitié que le pauvre garçon ne pouvait pas se méfier d'elle. Mais elle travaillait en secret contre lui. et quand le vieil oncle mourut et qu'on ouvrit son testament, le neveu n'eut pas un sou, et la nièce eut tout. Vous voyez monsieur, combien les gens sont méchants. Ils inventent de pareilles histoires pour nuire à une brave jeune fille. ”
E. de Nassirac, Compliments de la petite famille (1901)
“ « Bonne tante, un neveu vous aime Et veut dire, s'il vous plaît, Son tendre couplet ! » COMPLIMENTS AU PARRAIN ET A LA MARRAINE A UN PARRAIN Jour de l'an. (Ce compliment peut se chanter.) Vous n'avez pas vu ma fille. Mon amour, mon seul trésor ? Dans ses yeux la gaîté brille, Et sa chevelure est d'or. Sa bouche toute vermeille, D'un fruit mùr a la couleur ; Et ses dents, quelle merveille ! Sont d'étonnante blancheur. ”
Victor-Athanase Gendrin, Récit historique exact et sincère… (1856)
“ Reportons notre amour, au neveu du grand homme, Au neveu, justement, qu'aujourd'hui l'on renomme, Dont le règne déjà sachant tout accomplir, Promet à notre France un brillant avenir. Que sa race future à jamais immortelle Ici se perpétue et puisse être éternelle. Voyez le Ciel propice à notre ardent souhait, Vient de combler nos voeux par un premier bienfait. ”
Alfred de Musset,
Oeuvres de Alfred de Musset
(1884-1895)
“ Vous êtes heureux, mon neveu, disait-il souvent au chevalier : vous êtes riche, jeune, vous avez une bonne petite femme, une maison pas trop mal bâtie; il ne vous manque rien, il n'y a rien à dire; tant pis pour le voisin s'il s'en plaint. ”
Jean-François Regnard,
Le Panthéon populaire illustré…
(1852)
“ LISETTE. Une femme, en effet, Ne peut pas calculer comme un homme aurait fait. CRISPIN. Or donc cette femelle, à concevoir si prompte Qu'à tout considérer quelquefois j'en ai honte, En me mettant au jour, soit disgrâce ou faveur, M'a fait votre neveu, puisqu'elle est votre sœur. GÉRONTE. Apprenez, mon neveu, si par hasard vous l'êtes, Que vous êtes un sot, aux discours que vous faites ; Ma sœur fut sage : et nul ne peut lui reprocher Que jamais sur l'honneur on l'ait pu voir broncher. ”
Marthe Fiel, Suzette et la vérité
“ J’ai voulu vous rendre service, et je suis allée rendre visite à ce neveu. Je dois dire qu’il manque de savoir-vivre. Il a gardé son chapeau sur son crâne, tout au long de notre entretien, et cependant, nous étions à l’ombre. ”
Henry Fielding, Tom Jones ou Histoire d’un enfant trouvé…
“ Mon neveu est le plus digne, le meilleur des hommes, et je vous le répète, il a poussé l’amitié pour ce mauvais sujet jusqu’à un excès digne de blâme, en me cachant trop longtemps ses plus coupables actions. ”
“ Si on ne remédie pas d’une manière à la position de ma sœur, je me loge avec elle et vis avec elle. Ce que je demande le plus au ciel, c’est de donner à mon neveu une grande ardeur pour le travail et cette résolution extrême qu’inspire une position malheureuse et gênée. ”
Jean Lander, Marguerites en fleur (1864)
“ Mon garçon, dit le vieil homme en regardant son neveu en face, tu as un ton qui ne convient ni à ta jeunesse, ni à mon grand âge. Va faire réflexion dehors, et choisis entre le bien de ton oncle ou les paroles de sagesse que tu peux avoir entendues. ”
Arnould Frémy, Une fée de salon. T. 2 (1837)
“ Ce jeune homme, c'est Olivier, ce neveu qui eût autrefois payé de toute sa vie cet embrassement où son oncle mêlait ses larmes aux siennes : il y a des âmes sur lesquelles les mauvais traitemens et les injustices ne font que glisser. ”
Honoré de Balzac,
La Fausse Maîtresse
“ Ses yeux noirs annonçaient tant de calme intérieur, les lignes de son visage étaient si nobles, les contours si purs, et la passion dont on l'accusait semblait lui peser si peu sur le cœur, que le vieillard se dit en admirant toutes les promesses faites à l'amour et à la vertu par cette adorable physionomie:—Mon neveu aura commis quelque sottise. ”
Ferréol Thomas Thomassin, L'abbé Menestrel, chanoine honoraire… (1898)
“ Mais n'est-il pas remarquable de voir la Providence, après un demi-siècle, ramener le neveu dans. le champ que l'oncle avait commencé à cultiver ? Ceux qui sont curieux de ces sortes d'observations pburront même saisir entre les deux parents quelques ressemblances relevées par-plus d'un contraste. Tous les deux sont également des hommes d'initiative, d'oeuvres, d'entreprises : l'oncle avec plus de vivacité, de fougue et d'entrain ; le neveu, avec plus de calme, de diplomatie, de sens pratique. L'un est un créateur, un organisateur incomparable ”
Maximilien Perrin, Le pays des amours. Tome 1 (1860)
“ Prends garde, mon enfant; réfléchis bien, avant d'engager ton coeur tout entier, à la distance qui te sépare de ce jeune homme, dont l'oncle est le seigneur le plus fier, le plus sévère de ce canton, un homme qui préférerait savoir son neveu mort que de le voir contracter une mésalliance. ”
George Sand,
La Confession d’une jeune fille
(1865)
“ Son instinct, ma chère dame, répondit philosophiquement le curé, c’est d’avoir le moins d’ennuis possible en ce triste monde, et je crois que la difficulté d’instruire monsieur votre neveu peut devenir un chagrin pour lui, s’il échoue, et si l’enfant, comme il est possible, le prend en aversion. ”
Lucien Perey, Une reine de douze ans, Marie-Louise-Gabrielle de Savoie… (1905)
“ Ils sont bien violents; perdre en si peu de jours, une sœur, un frère et un neveu, c'est au-dessus de tout ce qu'on a jamais vu. Nous apprîmes hier la dernière nouvelle dont je suis sûre que vous serez aussi fort touchée. ”
Eugène Sue,
Latréaumont, par Eugène Sue...…
(1838)
“ C'est justement parce que la jolie veuve est riche et amoureuse , qu'elle conspirera ; c'est justement parce que mon noble neveu est vertueux et amoureux, qu'il conspirera, et que tous deux, comme vous dites, se fourreront dans mon guêpier ! — Ah çà, — dit de Nazelles en haussant les épaules avec une impatience qu'il ne put dissimuler, — vous me supposez assez stupide pour croire une minute que votre neveu, sur le point d'épouser cette jolie madame de Vilars, va 'embarquer de gaieté de coeur dans une affaire où il y va de son cou et de celui de sa maîtresse? ”
“ Ton frère Maxime a commis une grosse faute, lorsqu'il a eu, d'une servante, ce pauvre petit Charles, et il est d'autre part certain que le triste enfant n'a pas la tête solide. N'importe! cela te fera-t-il plaisir, si l'on te raconte que ton neveu est un dégénéré, qu'il reproduit, à trois générations de distance, sa trisaïeule, la chère femme près de laquelle nous le menons parfois, et avec qui il se plaît tant?... Non! il n'y a plus de famille possible, si l'on se met à tout éplucher, les nerfs de celui-ci, les muscles de cet autre. C'est à dégoûter de vivre! ”
Manuel, Histoire aussi intéressante qu'invraisemblable de l'intrépide Capitaine Castagnette… (1862)
“ « Vous pouvez engraisser, mon oncle ; vous épouserez votre particulière. – Comment cela ? – Dans huit jours, vous aurez vingt-cinq ans. – Tu veux dire cinquante-cinq. – Je veux dire ce que je dis ; et, de plus, vous aurez les cheveux blonds. – Blonds ? – Avec de petites moustaches en croc et les lèvres roses. Seulement, il faut vous laisser couper la tête. – Oh ! oh ! cela mérite réflexion. – Votre tête est commandée, et à jeudi la pose. » En effet, le jeudi suivant, l'oncle et le neveu se rendirent chez Desgenettes à l'heure indiquée. ”
