Jean-François Regnard

Élements biographiques

Portrait de Jean-François Regnard Jean-François Regnard Le Panthéon populaire illustré… (1852)

LA COMTESSE, ANGÉLIQUE, NÉRINE.
LA COMTESSE. On dit partout, ma sœur, qu'un peu moins prévenue , Vous épousez Dorante.
ANGÉLIQUÏ. Oui, j'y suis résolue.
LA COMTESSE. Mon cœur en est ravi. Valère est un vrai fou, Qui joûrait votre bien jusques au dernier sou.
ANGÉLIQUE. D'accord.
LA COMTESSE. J'aime à vous voir vaincre votre tendresse.
Cet amour, entre nous, était une faiblesse; Il faut se dégager de ces attachements, Que la raison condamne, et qui flattent nos sens.
ANGÉLIQUE. Il est vrai.
LA COMTESSE. Rien n'est plus à craindre dans la vie Qu'un époux qui du jeu ressent la tyrannie.
Source : Gallica

Portrait de Jean-François Regnard Jean-François Regnard ''Œuvres complètes de Regnard''

Eraste
Ne te mets point en peine ; Agathe, en mariage,
A trente mille écus de bon bien en partage :
Quand elle n’auroit rien, je l’aime cent fois mieux
Qu’une autre avec tout l’or qui séduiroit tes yeux.
Dès ses plus tendres ans chez ma mère élevée,
Son image en mon cœur est tellement gravée,
Que rien ne pourra plus en effacer les traits.
Nos deux cœurs, qui sembloient l’un pour l’autre être faits,
Goûtoient de cet amour l’heureuse intelligence,
Quand ma mère mourut. Dans cette décadence,
Albert, ce vieux jaloux, que l’enfer confondra,
Par avis de parents d’Agathe s’empara.
Source : Wikisource

Portrait de Jean-François Regnard Jean-François Regnard Le Panthéon populaire illustré… (1852)

Pendant quelques secondes, le vieux Vertua regarda fixement le chevalier sans mot dire; puis un torrent de larmes sortit de ses yeux.
Complètement anéanti, tout entier à la douleur et au désespoir, il tomba aux pieds du chevalier, et s'écria les mains jointes : -Chevalier, y a-t-il encore dans votre cœur un sentiment humain? Soyez clément, soyez-le!. Ce n'est pas moi, c'est ma fille, mon Angéla, un enfant innocent et pur que vous précipitez dans le malheur. Ayez de l'humanité pour elle ; prêtez-lui, à elle, à mon Angéla, la vingtième partie de la fortune que vous lui avez ravie! Ah!
Source : Gallica

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