“ Mais il y a là plus d’amitié que d’honnêteté, Amy. » — Oh ! madame, dit Amy, je ferais n’importe quoi pour vous retirer de cette triste position. Quant à l’honnêteté, je crois l’honnêteté hors de question lorsqu’on est dans le cas de mourir de faim. N’est-ce pas à quoi nous sommes presque réduites ? « — Je le sais, il est vrai, dis-je, et tu l’es pour l’amour de moi. Mais se prostituer, Amy !... et je m’arrêtai. » — Chère madame, dit Amy, si je suis capable de mourir de faim pour l’amour de vous, je suis capable de me prostituer, ou de faire n’importe quoi, pour l’amour de vous. Ah ! ”
Daniel Defoe
Élements biographiques
Daniel Defoe (1660-1731), écrivain, marchand et journaliste anglais, incarne la figure centrale de la littérature britannique du XVIIIe siècle. Auteur de Robinson Crusoé (1719) et de Moll Flanders (1722), ses œuvres abordent les thèmes de la survie, de la moralité et des enjeux sociaux à travers des récits picaresques et des réflexions sur l’humanité.
Son style, mêlant réalisme et spiritualité, s’inscrit dans une démarche intellectuelle marquée par ses expériences de spionnage et ses engagements politiques. L’œuvre de Defoe, souvent considérée comme une fondation de la romanisation moderne, révèle une profonde préoccupation pour les dilemmes existentiels et les mutations économiques de son époque.
Citations de Daniel Defoe
“ Tout homme à coup sûr qui voyage par le monde comme je l’ai fait, s’il n’est pas incapable de réflexion, tout homme, à coup sûr, dis-je, en arrivera à se bien pénétrer que c’est une bénédiction d’être né dans une contrée où le nom de Dieu et d’un Rédempteur est connu, révéré, adoré, et non pas dans un pays où le peuple, abandonné par le ciel à de grossières impostures, adore le démon, se prosterne devant le bois et la pierre, et rend un culte aux monstres, aux éléments, à des animaux de forme horrible, à des statues ou à des images monstrueuses. ”
Daniel Defoe,
Les Aventures de Robinson Crusoé…
“ Etait-ce une île, un continent? Etait-ce une terre habitée ou non? Et le navire allait se briser, dans quelques minutes peut-être, bien que le capitaine déclarât que le vent mollissait. D'ailleurs, il était trop engagé dans le sable pour être remis à flot. Nous n'avions plus à songer qu'à sauver notre vie. Notre petit canot amarré à l'arrière, s'était fracassé pendant la tempête en frappant sur le gouvernail. Il nous restait une chaloupe. Le pilote, aidé par les matelots, la fit descendre à côté du navire et nous nous y embarquâmes tous, au nombre de onze. ”
