Jean-Baptiste-Benoît Eyriès, Histoire des naufrages, délaissements de matelots… (1859)
“ Leurs yeux se lassent d'interroger le cercle de l'horizon pour y découvrir un navire; l'Océan est toujours désert ; aucune voile ne blanchit au soleil, sur le saphir ou sur l'écume de cette immense route du pôle. Un jour le calme plat de l'équateur arrête le canot, l'incruste sur l'eau, et lui donne l'immobilité d'une île. Les passagers jettent à la mer des tiges de bois, et cette expérience alarmante donne le frisson du désespoir; ces tiges gardent la place où elles sont tombées ; aucun souffle, aucun courant, aucune ride de l'eau ne les agite ”
