“ La maladie de l’agent de change avait ces bizarres symptômes des affections nerveuses qui laissent au patient, par intervalles, toutes les apparences de la santé, et qui le jettent, anéanti brusquement, sur le lit d’agonie. Comme le mal n’affecte ici aucune portion visible du corps, on n’a même pas le triste bénéfice de la souffrance ; les indifférents doutent, les ignorants se moquent, et chacun prononce tout bas le mot de malade imaginaire. ”
Le Malade imaginaire
Définition et enjeux
Le Malade imaginaire, comédie-ballet de Molière créée en 1673, satirise avec acuité les médecins et l'hypocondrie à travers le personnage d'Argan, un malade imaginaire obsédé par sa santé. Le texte explore aussi le rire face à la mort et la place de la musique et de la danse, avec une partition de Marc-Antoine Charpentier.
Des auteurs comme Alain ou Paul Féval ont analysé l'imaginaire pathologique, soulignant comment les troubles mentaux peuvent se construire à partir de perceptions déformées. La pièce, dernière œuvre de Molière, marqua tristement son décès peu après sa création.
Citations sur “Le Malade imaginaire”
“ Le Malade Imaginaire se découvre toujours quelque petit mal, qu’il augmente par l’attention. Mais nous avons des Malheureux Imaginaires, qui réussissent encore bien mieux à tomber dans la mélancolie. Pourquoi ? ”
Alphonse Esquiros,
Revue des Deux Mondes
“ Le seul ordre que nous ayons pu observer dans un tel désordre, c’est que chez certains malades les images se renouvellent dans le délire d’une manière décousue et agitée, tandis que chez d’autres elles s’arrêtent devant le cerveau fixes, immobiles, inexorables. Le plus souvent les hallucinations et les illusions se transforment perpétuellement les unes dans les autres. Le malade crée tout autour de ses fausses sensations un monde imaginaire ; les hommes deviennent des animaux, les animaux des hommes ”
Ernest Zyromski, L'orgueil humain (1904)
“ Je n'ai jamais vu de malade imaginaire. Des collègues pratiquant la médecine depuis plus longtemps que moi n'en ont également pas vu; et Littré, le savant traducteur d'Hippocrate, nie leur existence d'après la définition donnée, dans son Dictionnaire, au mot IMAGINAIRE : Malade imaginaire, personne, la plupart du temps, hypocondriaque, qui éprouvant des souffrances nerveuses très diverses les rapporte à toutes sortes de maladies qu'elle n'a pas. ”
Jean Salvy Morand, Le magnétisme animal (hypnotisme et suggestion… (1889)
“ « ce n'est rien ; c'est l'imagination qui est malade chez vous, ne vous inquiétez pas», le malade croit qu'on n'a pas reconnu sa maladie, — la maladie qu'il s'est suggérée, — et qu'on ne peut rien pour lui. ”
Traité de pathologie mentale, publié sous la direction de M. Gilbert Ballet… (1903)
“ En partie avec les éléments réels du monde extérieur, en partie avec les éléments subjectifs de son imagination, le malade, crée ainsi autour de lui tout un monde bizarre, où s'agitent dans un milieu de rêve des personnages de roman. ”
Romain Rolland,
Les Précurseurs
“ Malades, ce sont les autres. Malades sont ceux qui rayonnent en lisant les nouvelles de victoires et de kilomètres conquis sur des montagnes de cadavres, — ceux qui entre eux et l’humanité ont tendu un paravent de drapeaux bariolés... Malade est celui qui peut encore penser, parler, discuter, dormir, sachant que d’autres, avec leurs entrailles dans les mains, rampent sur les mottes de terre, comme des vers coupés en tronçons, pour crever à mi-chemin de l’ambulance, tandis que là-bas au loin, une femme au corps brûlant rêve auprès d’un lit vide. ”
Emmanuel Labat, Revue des Deux Mondes
“ Il nous faut la maladie, telle que le malade la détermine. La maladie est un acte, le plus personnel et le plus intime qui soit. Dans un certain sens, le malade crée sa maladie comme l’artiste son œuvre. Il nous faut le malade. ”
Louis Gillet,
Watteau : un grand maître du XVIIIe siècle
(1921)
“ « Une maladie, c'est une émotion. » Dans ces conditions de fièvre, les facultés se développent, le malade « flambe », il brûle d'une vie plus ardente, il brille en se consumant, et une fois de plus le langage a raison en définissant ce mal une maladie de consomption. ”
Alfred Auvard, Santé : comment se bien porter… (1920)
“ La maladie n'existe que dans son mental, dans son imagination, mais elle s'accompagne d'un ensemble de symptômes auxquels certains médecins eux-mêmes peuvent se tromper, croyant à la réalité d'un mal qui n'est qu'apparent ou imaginaire. ”
Emmanuel Chauvet, Les médecins-philosophes contemporains… (1870)
“ Ce phénomène a lieu particulièrement dans les maladies cérébrales et la folie. Alors le malade en proie à l'illusion applique d'une manière continue, inébranlable, aux choses dont il est entouré, les images qu'enfante son délire. Notez que tous les sens ont leurs illusions. ”
Jules Falret, Études cliniques sur les maladies mentales et nerveuses
“ Le malade se trouve alors plongé, plus ou moins rapidement, par l’effet de sa maladie, dans un état vague d’anxiété, de dépression, de tristesse, de prostration physique et morale, de confusion, ou bien, au contraire, d’exaltation, de suractivité physique et intellectuelle, qui domine toute sa sensibilité et tout son être. Dans cet état, qui signale la période vraiment aiguë de la folie, des idées singulières et erronées, appelées et fomentées par l’état général maladif de l’intelligence et de la sensibilité, circulent dans son esprit, paraissent et disparaissent. ”
J Gardey, Essai médical sur les eaux minérales de Hombourg-ès-Monts… (1847)
“ Ou il parvient, après une recherche attentive, à découvrir l'origine des accidents qui l'inquiétaient, à leur assigner un lieu, un organe, et son esprit en repos sait du moins où doivent porter les efforts, ou, au contraire, les troubles sont si variés, si mobiles que leur raison échappe à son investigation persévérante; alors le malade se préoccupe, son imagination mise en éveil assombrit le tableau, l'indécision devient son tourment le plus pénible, il prend peu à peu son rang parmi ceux que le monde appelle des malades imaginaires. ”
Marcel Proust,
Albertine disparue
(1925)
“ Comme ces malaises dont le médecin écoute son malade lui raconter l’histoire et à l’aide desquels il remonte à une cause plus profonde, ignorée du patient, de même nos impressions, nos idées, n’ont qu’une valeur de symptômes. ”
Marcel Prévost,
La retraite ardente
(1927)
“ On a observé que, dans les crises intenses, surtout dans la fièvre, la pensée du malade fuit instinctivement les plus pressantes préoccupations de sa vie normale, ce qui est sa besogne mentale et son souci familier : on dirait qu’il en a peur. ”
Joris-Karl Huysmans,
En rade
(1887)
“ Après être descendus dans les cryptes du corps où ils recherchaient les traces de cette sensation obtuse qui pesait habituellement sur la malade, les médecins, inquiets de ne rien trouver, changeaient de tactique, les uns après les autres, attribuaient au malaise de l'organisme entier cette maladie dont les racines s'étendaient partout et n'étaient nulle part. ”
Hippolyte Bernheim,
Hypnotisme & suggestion : hystérie…
(1910)
“ Supprimer une douleur, calmer une toux, ce n'est pas supprimer la maladie qui engendre ces symptômes. Vous donnez au malade l'illusion d'une guérison, comme vous lui donnez des illusions sensorielles ; vous le trompez ; mais la réalité, plus forte que l'apparence se chargera de le désillusionner; vous n'avez aucune action directe sur la maladie. ”
Jules Falret, Études cliniques sur les maladies mentales et nerveuses
“ En un mot, son délire, quelque incohérent qu’il soit, s’alimente autant, et même plus, par les sensations extérieures actuelles que par la spontanéité des souvenirs, des idées ou des sentiments. Le malade, au lieu de délirer intérieurement et d’avoir rompu tout rapport avec le monde extérieur, comme dans le sommeil ou dans les délires aigus, est dans un état analogue à l’état de veille. ”
Jules Christian, Des troubles de la sensibilité générale chez les mélancoliques… (1876)
“ De là un enchevêtrement d'influences, dans lesquelles il est presque impossible de démêler ce qui appartient à la périphérie et ce qui revient à l'organe central. Seulement, comme, en définitive, les idées dominantes restent les idées tristes produites par les troubles sensoriels, on comprend que ce soient ces idées qui alimentent le délire, qui lui donnent sa physionomie. Le malade, sous l'influence de ses souffrances, est devenu triste, taciturne; il néglige ses affaires, abandonne sa famille, ses amis; il recherche la solitude; il se sent inquiet, tourmenté; un rien l'effraye. ”
Armand Laurent, Étude médico-légale sur la simulation de la folie… (1866)
“ Ainsi, d'abord la folie est une maladie, et une maladie, non pas de l'intelligence ou de l'âme, mais une maladie qui procède de l'association de l'âme et du corps et qui se manifeste et par des lésions des facultés mentales ou symptomes psychiques et par des lésions des fonctions corporelles ou symptômes physiques. ”
Alain,
Éléments de philosophie
“ Il est bon de savoir que l’étude de ce que l’on nomme les maladies du moi a perdu beaucoup de son intérêt, et cela d’après une critique serrée des réponses du malade. Un psychiâtre y reconnaît aisément les signes de la démence, ce qui frappe de suspicion toutes les réponses du malade. ”
Émile Yung,
Le sommeil normal et le sommeil pathologique…
(1883)
“ Naturellement, chaque malade se crée son paradis, en rapport avec son degré d'instruction et la richesse de son imagination. D'ailleurs on peut le lui faire voir tel que l'observateur le désire; elle suit avec beaucoup d'intérêt la description qu'on lui en donne et transforme immédiatement en une série d'images le simple récit qu'on lui en fait; son aveugle crédulité ne s'arrête point devant les invraisemblances '. ”
Gayard Michon, La manière de prévenir les maladies et de conserver la santé (1870)
“ Le malade lui-même en retirera un avantage : son imagination, facile à s'effrayer, ne sera plus exposée au propos sourds et à petit bruit, aux contenances effrayées de ces gens oisifs qui ne manquent jamais de déconcerter son esprit et d'aggraver la maladie. ”
Willibald Gebhardt,
Comment devenir énergique ? Psychogymnastique générale et boulogymnastique spéciale…
(1912)
“ Surtout le malade devra se convaincre intimement, du plus profond de son âme, que toutes les représentations et tous les sentiments obsédants ne sont pas les signes d'une folie ou d'une mort imminentes, mais de purs troubles psycho-intellectuels, des sentiments maladifs. En tout cas le malade doit appeler à son secours des images opposées, des autosuggestions contraires. ”
Auguste-Félix Voisin, Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses (1883)
“ Elle devient possible, et quelquefois facile, pour les médecins qui étudient, en même temps que le délire, les diverses manifestations d'ordre somatique, pour ceux qui recherchent, dans les lésions organiques, les causes des troubles de l'intelligence qu'ils constatent; qui, en un mot, examinent l'aliéné, tout comme ils examineraient un malade ordinaire. ”
Charles Dickens,
Conte de Noël
(1879)
“ La maladie engendre des chagrins et des ennuis , n'est-il pas vrai ? dit-il en riant. — Oui, répondit l'étudiant stupéfait. — Avec la maladie , vient tout un cortège de misères physiques et morales : l'insomnie, l'anxiété, la douleur ! reprit le chimiste avec une exaltation surhumaine. ”
“ La maladie l’avait transformé en voyant ; toutes ses visions étaient heureuses autant qu’éblouissantes, et il trouvait pour les décrire des accents d’une telle éloquence, que ses amis troublés se demandaient, en l’écoutant dérouler ses merveilleuses apocalypses, s’ils devaient le plaindre ou l’envier, et si l’état que les hommes appellent folie ne serait point, peut-être, « un état où l’âme, plus exaltée et plus subtile, perçoit des rapports invisibles, des coïncidences non remarquées, et jouit de spectacles échappant aux yeux matériels [42] ». ”
Charles Anglada, Étude sur les maladies éteintes et les maladies nouvelles (1869)
“ L'intelligence reste intacte; le malade assiste à son agonie.Les traits décomposés, la face livide, l'oeil terne et flétri, la peau glacée et ridée comme-celle des batraciens, la voix rauque, d'un timbre, fêlé caractéristique, l'anxiété inexprimable manifestée par l'attitude générale du patient : telle est l'image monstrueuse d'un cholérique pendant la période algide. Cet aspect annonce une maladie extraordinaire, et Magendie a parfaitement rendu l'impression générale des témoins de cet émouvant tableau, en disant qu'il présente quelque chose de diabolique. ”
Ludovic Marchand, Manuel de neurologie à l'usage des praticiens et des étudiants (1909)
“ Forme expansive ou mégalomaniaque. — Le délire de grandeur en est le symptôme prédominant. Le malade fait étalage de ses capacités physiques et intellectuelles. Tout lui appartient; il se dit empereur, roi, Dieu, etc. Il possède toutes les richesses du monde ; il fait des découvertes extraordinaires. Il est fréquent de voir des paralytiques mégalomanes dire qu'ils possèdent des richesses immenses et en même temps qu'ils remplissent tel ou tel métier des plus ordinaires. ”
Augustin Cabanès, Les Fonctions de la vie (1926)
“ Il faut distinguer , croyons -nous , entre la peur d' une maladie réelle et la peur d' un mal imaginaire , encore que ces deux catégories de phénomènes relèvent d' un état mental particulier , assurément morbide . ”
Léo Larguier,
Quarante-huit : récit historique
(1945)
“ Elle déforme tout et suscite les pires fantasmagories. Les malades croient qu'ils souffrent davantage et tout ce qu'il y a de louche dans les grandes villes ose, à la faveur de l'ombre, ce que le jour rendrait impossible. ”
Louis Cyprien Descieux, Manuel d'hygiène : à l'usage des élèves des écoles normales primaires… (1867)
“ A une époque comme la nôtre, où les imaginations sont plus exaltées à faux qu'elles ne l'ont jamais été, combien ne voit-on pas de malades imaginaires, et d'autres qui s'exagèrent la gravité de leur mal? ”
Alexander Bain, L'Esprit et le corps : considérés au point de vue de leurs relations… (1880)
“ Nous citerons comme exemple les symptômes que présente l'esprit dans la fièvre typhoïde, symptômes que résume l'expression « d'accablement fébrile. » " La faculté de penser et celle de se mouvoir ne s'exercent qu'avec peine. Le visage offre l'expression de l'hébêtement ; le malade est lourd, distrait, embarrassé ; il ressemble à un homme abruti par la boisson, etc. ”
Dr Grasset, Revue des Deux Mondes
“ Le rêve n’est pas l’hallucination, encore moins le délire... Les frontières de la maladie peuvent être parfois difficiles à préciser, à cause de notre ignorance ; elles peuvent être modifiées dans leur tracé, au fur et à mesure que nous savons mieux analyser le sujet et diagnostiquer plus vite son état. Mais ces frontières existent ; il y a des malades et des non-malades. ”
Romain Rolland,
Les Précurseurs
“ Malades sont tous ceux qui peuvent ne pas entendre gémir, grincer, hurler, craquer, crever, se lamenter, maudire, agoniser, parce qu’autour d’eux bruit la vie quotidienne... Malades sont les sourds et aveugles, non moi. Malades sont les muets, dont l’âme ne chante pas la pitié, ne crie pas la colère... ”
Eugène Faure, Du sérum artificiel en aliénation mentale (1900)
“ Il est probable qu’elle a eu de la fièvre. C’est ce qu’a dit la malade plus tard. Elle ne connait plus son entourage, parle seule et prononce des discours sans suite, crie, gesticule, chante, frappe ceux qui la soignent et brise tout ce qui lui tombe sous la main. — Insomnie complète, mange mal, très constipée. Examen à l'entrée. — La malade parait être en état de confusion mentale hallucinatoire, avec phases d’excitation et de dépression. Incohérence marquée des idées et des actes, idées délirantes multiples à substratum psycho-sensoriel. ”
Maria Mikhailovna Manaseina, Sommeil, tiers de notre vie, pathologie… (1896)
“ Les accès de cette maladie se manifestent en tout temps et ils iigent le malade dans la position où il a été surpris. Tous les sujets se distinguent par un développement très faible des forces physiques et intellectuelles. ”
Jules Falret, Études cliniques sur les maladies mentales et nerveuses
“ Le fait le plus remarquable dans la marche de cette maladie, au physique comme au moral, c’est la grande irrégularité qui existe dans l’apparition, la durée et l’intensité des différents phénomènes, chez les divers malades et chez le même individu. ”
André Léo,
Musée littéraire, choix de littérature
“ Cette femme est en danger de mort, la douleur l’a terrassé la fièvre s’empare de son cerveau, et vous venez juger son délire ! Mais vous qui vous posez en juges, vous ignorez donc l’humanité ? Ne savez-vous point ce que font de nous la douleur et la maladie ? ”
George Sand,
Revue des Deux Mondes
“ Toutes ces inspirations de la fièvre, toutes ces métaphores délirantes constituent un état de maladie purement physique durant lequel le cerveau de l’homme ne peut produire rien de vrai, rien d’utile, par conséquent rien de beau. Je comprends et je respecte la poésie, mais je ne l’admets que comme une forme claire et brillante, destinée à vulgariser les austères vérités de la science, de la morale, de la foi, de la philosophie en un mot. ”
Alain,
Éléments de philosophie
“ DES MALADES IMAGINAIRES Il n’est pas question ici de ceux qui se croient malades sans l’être, et qui sont rares. Il s’agit de ceux qui aggravent leurs maladies par l’inquiétude d’imagination, ce qui est le cas de presque tous et aussi de ceux qui sont malades par peur de l’être et qui sont nombreux. ”
Simon Baruch, La Pratique de l'hydrothérapie… (1910)
“ A son entrée, la malade est très troublée et très agitée ; elle essaie constamment de s'arracher les cheveux et de se frapper contre le lit ; elle gémit et crie de la façon la plus pitoyable ; elle a des hallucinations très actives et pénibles de la vue et de l'ouïe, et des illusions terrifiantes. ”
Edmond Hippeau,
Berlioz intime : d'après des documents nouveaux
(1883)
“ Ce ne sont pas seulement des phénomènes physiologiques, car l'imagination joue un grand rôle ici, et c'est vraiment le symptôme de cette maladie du siècle que nous observons en étudiant ce tempérament, cette nature si prodigieusement impressionnable. ”
Alfred Maury,
Revue des Deux Mondes
“ Ne faisons-nous pas journellement l’expérience que certains spasmes nerveux, le rire, le bâillement, se gagnent par imitation ? Si l’imagination peut faire contracter une maladie par l’ébranlement puissant qu’elle imprime à l’organisme, elle peut aussi, en vertu d’une action inverse, suspendre l’effet d’un mal dont nous étions attaqués. Elle change jusqu’à un certain point les conditions biologiques et opère une révolution analogue à celle que l’art médical cherche à obtenir dans les momens de crise. ”
