Paul Féval

Élements biographiques

Paul Féval,  La fée des grèves

“ Maurever était plus heureux qu'un roi.
— Reine, dit-il en caressant les doux cheveux de la jeune fille, j'ai cru que je ne te verrais plus. Quand ton panier a passé sous mes yeux emporté par le courant, mon cœur est devenu froid et comme mort. Oh ! que je t'aime, ma fille chérie ! Pour les travaux de ma longue vie, je ne demande à Dieu qu'une récompense, ton bonheur !
Reine couvrait ses mains de baisers.
— Toi, reprenait Maurever avec mélancolie, tu m'aimes bien aussi, je le sais. Mais l'amour des jeunes gens pleins d'espérances ne ressemble point à l'amour triste des vieillards.
”
Source : Gutenberg

Paul Féval,  Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille

“ Quand la porte s’ouvrit, il n’y eut que Cyprienne à tressaillir.
Diane était immobile et droite sur son siége, l’œil au guet, l’oreille tendue. Elle ne tremblait point ; son sang-froid l’étonnait elle-même. Cyprienne se rassurait presque, à la voir si tranquille.
Montalt les contemplait toutes deux en silence, et la rêverie semblait le prendre. L’opium agissait sur lui, déjà, du moins, comme calmant, et rendait à son visage toute sa noble sérénité.
— Pourquoi ce déguisement ?... dit-il enfin d’un accent affable et bon ; vous n’en avez pas besoin pour être jolies comme des anges.
”
Source : Wikisource

Paul Féval,  Annette Laïs

“ Il y a là du vent toujours. Le froid éveilla Annette, qui mit la tête à la portière et s'écria:
«Est-ce que c'est déjà la mer?»
Dans cette aube, la lande grise ondulait à perte de vue comme un lac immense que la gelée eût tout à coup pétrifié. La route montait une pente monotone. Rien ne la bornait. Le ciel avait des tons de cendre. Le vent apportait l'odeur des bruyères, qui ressemble à l'odeur d'un lointain incendie.
«Non, ce n'est pas la mer,» répondis-je.
J'avais le cœur plein. On a beau faire. Le vent de la patrie caresse l'âme. C'était pour moi comme un amer et doux baiser.
”
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature