Paul Féval

Résumé

Paul Féval Le Jeu de la Mort

Dans le pays, Jean Créhu était surtout connu sous le nom de Jean de la Mer. Ce sobriquet rappelait la source de son immense fortune. Jean Créhu était le fils d’un pauvre gentillâtre de Vitré, lequel avait vendu tous ses biens pièce à pièce ; il mourut pauvre, non point au château du Ceuil, qui n’avait jamais appartenu à la famille, non pas même à l’hôtel de la Saulays qu’il avait aliéné pour vivre, mais bien dans quelque bouchon ignoré, car il aimait le cidre outre mesure.
Son fils n’imita point son exemple.
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Paul Féval Le Jeu de la Mort

Les vallons se creusent ; les monticules grandissent ; la belle forêt du Ceuil étage ses arbres séculaires sur des rampes rudement taillées, et la lande de Vesvron, qui descend à la Vilaine, montre, parmi ses bruyères rouges, de hauts rochers d’un gris blanchâtre qui ressemblent à des fantômes immobiles quand le crépuscule du soir vient de tomber.
Le château du Ceuil est situé dans la forêt même, qui l’entoure de trois côtés. La façade seule est découverte et domine une énorme prairie où coule la Vesvre, affluent de la Vilaine.
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Paul Féval Le Jeu de la Mort

Et une fois sur cette pente, on se prit à parler de Jean de la Mer comme s’il eût été déjà mort.
Le tout, parce qu’il y avait eu des signes.
— C’est triste, la-haut, cette chambre, dit Olivette en frissonnant exprès ; c’est triste à donner la chair de poule !... Il est pâle sur son lit... La sueur colle ses cheveux gris à son front... et ses yeux ont grandi, grandi...
— Encore un signe ! murmura-t-on à la ronde.
— Quand on parle de médecin, il se fâche... Et d’ailleurs, un médecin, où le prendre ? En vingt-quatre heures, il a vieilli de dix ans.
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