“ Mlle d’Aleix voulut répondre. Du geste, le marquis lui imposa silence. — Oui, murmura-t-il en se parlant à lui-même : j’aimerais le fils de Domenica comme je n’ai rien aimé en ce monde ! Je l’aimerais plus que je n’ai aimé Domenica elle-même : je sens cela ! Il essuya avec son mouchoir le sang qui mouillait la cicatrice et furtivement il porta le mouchoir à ses lèvres. — Mon père ! s’écria Édouard frémissant d’émotion. Vous êtes mon père et vous m’avez reconnu ! Aucune force humaine n’aurait pu retenir ce cri dans sa poitrine. M. de Sampierre secoua la tête avec une solennelle tristesse. ”
Paul Féval
Résumé
Paul Féval, auteur du roman Les Cinq, tisse une intrigue captivante autour des destins entrelacés de personnages comme Sampierre, Domenica, Laure et Pernola. Dans l’hôtel Paléologue, secrets familiaux, passions contrariées et révélations tragiques se déroulent sous le poids des ancêtres et des portraits muets.
Le récit, parsemé de dialogues percutants, explore les tensions entre amour, vengeance et identité, culminant dans des confrontations émouvantes et des découvertes qui bouleversent les certitudes. Le roman, publié en 1867, s’inscrit dans la tradition des récits de mœurs et de mystère, marquant par sa densité émotionnelle et ses enjeux dramatiques.
Citations de Les Cinq (Paul Féval)
“ C’était peut-être lui qui m’aurait aimé ! — Peut-être, fit Pernola comme un écho. M. de Sampierre le regarda, et dans ses yeux mornes une flamme s’alluma. — Est-ce de lui que vous allez me parler ! demanda-t-il. — C’est de lui, répondit Pernola. Mais au lieu de poursuivre, il traversa toute la largeur de la chambre et posa une chaise au-dessous du quatrième portrait : celui qui se cachait derrière un crêpe. — Que faites-vous, Giambattista ! balbutia le marquis d’une voix altérée. Pernola ne répondit pas. La soie noire qui voilait le portrait, tirée brusquement, glissa sur sa tringle. ”
“ Êtes-vous lucide ? — Oui, répondit la baronne faiblement. — Eh bien ! trésor, je vais vous dire : j’ai envie de savoir comment cette fameuse bague est venue en votre possession. Contez-moi ça ! Laure eut besoin de toute sa force pour réprimer un mouvement de joie. Le sourire vint jusqu’au bord de ses paupières, mais elle le cacha derrière ses sourcils froncés. — Je ne veux pas, répliqua-t-elle, pourtant, à voix basse. — Bon ! fit Domenica, je m’en doutais bien ! mais moi, je veux, et vous savez que vous ne pouvez pas me résister. — Je ne veux pas ! répéta Laure avec plus de force. ”
