“ Le Poussah mit sa pipe sur la table. Il but avec réflexion sa chope pleine jusqu’aux bords. Et comme tous les yeux l’interrogeaient, il dit : — C’est mon voisin, M. le comte Pernola, qui nous invite à finir M. le marquis de Sampierre cette nuit. — Pourquoi ? demanda Mme Marion, exprimant l’étonnement général. — Je ne sais pas encore, repartit le Poussah : je cherche. Félicité ouvrit de nouveau la porte pour dire : — C’est encore une lettre pour M. Preux. — Qui l’a apportée ? — Un jeune homme... qui a l’air d’avoir roulé et battu l’autre messager. ”
Poussah
Définition et enjeux
Citations sur “Poussah”
“ À l’obligeance de me prévenir, continua le Poussah, que mon futur hôtel, mes terrains et tout l’espoir enfin du nouveau Quartier-Preux naviguent vers de lointains rivages dans la poche du Pernola, déjà nommé, — lequel bandit, après avoir vidé le marquis de Sampierre, nous engage à nous occuper de ce pauvre homme. — Et quel intérêt a-t-il à cela maintenant ? — En Italie, répondit le Poussah, ils ont de la capacité. Entre scélérats, ils se jouent des tours très-cocasses. ”
“ Mœris et Moffray ne voyaient là qu’un fait grotesque. Laure songeait, l’œil à terre et les sourcils froncés. Le Poussah regardait bouche béante. Mylord continuait : — Nous serons si heureux ensemble ! Moi, je n’ai pas de besoins ; je vis de rien. Donnez-moi tout, je vous le rendrai. Mes mœurs sont pures. Je ne connais pas le péché... ”
“ Le Poussah agitait en outre, à tour de bras, un vaste éventail en papier vert dont la ventilation tempétueuse ne suffisait pas à tarir les ruisseaux de sueur qui se croisaient sur ses joues. Il but un bon verre de bière et attendit. — Êtes-vous là-haut, voisin ? demanda une douce voix de ténor au bas de l’escalier. — Montez, montez ! fit le père Preux. Tais-toi Tonneau ! ”
“ Dès que Félicité eut passé le seuil, le Poussah se tourna vers Mme Marion et ajouta : — Nous autres, nous n’avons plus qu’un ennemi, c’est le Pernola — à moins qu’il ne soit notre ami intime dans une heure. Parlons bref, mais n’omettons rien ; je vous garantis que nous avons tout le temps de jouer notre partie. ”
“ Il faut bien causer à la promenade. Celle qu’on appelait la Tartare ne les entendait pas. Elle veillait, immobile et grave, sur le sommeil de sa fille. Le Poussah, lui, le père Preux, le lord-maire de cette cité — « Monsieur le Principal » — était au second étage de la grande-maison, soufflant auprès de sa fenêtre ouverte. Il vivait seul. Son ménage était fait par ce soldat de la caserne Babylone qui le voiturait aussi jusqu’à l’omnibus. ”
“ Il se leva. — Peut-on savoir où vous allez, mon prince ? demanda le père Preux, qui essayait en vain de garder son air goguenard. — Moi, répondit Mylord, je ne dois compte de mes actions à personne. Je suis le maître. — C’est juste ! c’est juste ! fit le Poussah, pendant que le pas leste de Mylord descendait l’escalier : c’est juste, c’est juste, c’est juste ! Sacrebleu ! c’est juste, et j’ai peur, moi ! ”
“ Il prit dans son gousset un franc qu’il mit sur le coin de la table. — Quand le diable y serait, papa, s’écria Piquet en rougissant de colère, vous êtes le banquier de l’association ! Le Poussah souffla comme un phoque qui vient de plonger. — Quelle association ? demanda-t-il avec mépris. Il n’y a plus que toi dans les rangs, failli soldat ! Ça prouve que tu étais le meilleur des Cinq : Juge des autres ! — Mais vous ne savez donc pas, père Preux ! Nous avons trois nouveaux, et des rudes ! ”
“ Quand Jabain eut passé le seuil, le père Preux, qui restait dans l’allée, frappa doucement à la porte. Elle s’ouvrit aussitôt : — Va bien, monsieur Morfil ? dit-il. Vous n’avez encore rien vu par votre fenêtre ? — Rien, fut-il répondu à l’intérieur de la chambre qui était sans lumière. Le Poussah reprit : — Faites comme chez vous, vous savez. Vous avez une porte sur le derrière. Mettez des hommes sur la place à côté. Je parierais dix contre un que je ne vous ai pas dérangé pour des prunes ! Et vous voyez ! malgré mon infirmité, je sors à cette heure indue pour pousser une reconnaissance. ”
“ Il regarda, puis le père Preux lui-même vint s’accouder sur l’appui en camisole de molleton et en bonnet d’indienne, avec sa pipe dans la bouche. Un murmure, où il y avait du respect, s’éleva dans la cohue. — Le Poussah ! disait-on. — Monsieur le principal. — C’était juste sous sa fenêtre, pourtant il aurait dû entendre ou voir ! — Il va nous dire du moins ce qu’il faut faire. — Qu’est-ce qu’il y a donc, mes brebis ? demanda l’homme puissant dont la corpulence tenait toute la largeur de la croisée. ”
“ Il regarda Mme Marion qui n’essayait même pas de cacher sa surprise. — Vous savez déjà que celui-là est venu me voir ! fit-elle. — Je savais d’avance qu’il viendrait, répliqua le père Preux. — Et savez-vous aussi de quelle part il est venu ? Le Poussah s’inclina d’un air espiègle. — C’est le grand Derby, dit-il en secouant les cendres de sa pipe sur le tapis sans cérémonie : nous sommes beaucoup à courir. Quelquefois, on peut s’arranger entre écuries. Il y a une petite demoiselle qui est aussi jolie que vous l’étiez voici vingt ans, Laura, ma chère ; elle est ma cliente. ”
“ Ici, le Poussah mit quatre doigts de cognac au fond de sa chope et les but, contre le froid de la bière. C’est recommandé par les vrais amateurs. — Ceux qui savent travailler, dit-il, n’ont pas le temps de faire des livres. — Ces outils, continua Mme Marion, je ne les ai pas choisis : je les ai trouvés réunis. Je ne me plains pas d’eux. Je sais très-bien à quoi j’emploierai Mœris et Moffray qui, jusqu’ici, chez moi, ont l’air de vivre de leurs rentes ; et quant au jeune Donat, il m’a déjà rendu un très-grand service. — Et il a dérangé tout votre plan ! interrompit le père Preux. ”
“ Les Cinq, qui n’étaient jamais que quatre, se trouvaient rassemblés au salon, avec le concours de M. Preux, principal locataire de la cité Donon et guide à la Bourse (pour les dames) , plus connu sous le nom familier du Poussah. À la cuisine, Mlle Félicité, qui faisait seule le service en l’absence de Germand, venait de recevoir du renfort. Le concierge Cervoyer lui avait amené M. Baptiste, domestique honoraire, comme le prouvaient sa cravate bleue et son épingle d’or figurant un sabot de cheval. ”
“ La mémoire est une drôle de chose ! dit pour la seconde fois le Poussah. À l’époque, ce Vincent Chanut était un tout petit mouchard. Maintenant il a quitté l’administration, mais c’est égal : il ne vit pas de ses rentes. Savez-vous qu’il vous filait de près, le jour où vous apportâtes les soixante mille francs chez le docteur Strozzi ? Hein, cette Laura-Maria ! quel beau brin de fille ! Ma parole, ça fait plaisir de se rappeler comme ça les bonnes farces de l’ancien temps ! Pernola regardait le bout de sa botte d’un air placide. ”
Eugène Muller, Curiosités Historiques et Littéraires
“ On fait ainsi allusion à des figurines de provenance chinoise, qui représentent des êtres joufflus, ventrus, ramassés sur eux-mêmes. Or l'on ignore assez généralement que le type traditionnel du bonhomme étrange que nous appelons poussah n'est autre que la représentation mythique d'une divinité que les enfants du Céleste Empire appellent Pou-taï, et dont le nom nous est arrivé corrompu par les anciens voyageurs. ”
“ Le Poussah retombera toujours sur ses gros pieds. Mylord veut tout ; c’est trop. Ce sont ces gourmands-là qui payent pour tout le monde. Nous autres nous n’avons rien dit, rien écrit ni rien fait. Le rôle est bon : gardons-le jusqu’au bout. Ils venaient de quitter l’escalier du premier étage où Pernola s’était engagé avant eux. L’ordre avait été donné d’introduire les membres du conseil de famille, à mesure qu’ils se présenteraient, dans l’ancien appartement de M. le marquis de Sampierre, situé à la suite de celui de Domenica. C’était là que Pernola se rendait, sur l’ordre de la marquise. ”
“ Des tressaillements nerveux agitaient la face de Pernola. Le père Preux le regardait avec bonté. — Je vous aurais cru plus solide, voisin, murmura-t-il. Mais j’ai connu un brave officier de marine qui avait le mal de mer en passant du Havre à Honfleur. Il y a des gens qui ne peuvent pas s’habituer, — et qui vont tout de même. Ensuite ? Eh bien ! Nous compterons. L’Italien se leva et jeta les trois billets sur la table. — Nous compterons, répéta-t-il à demi voix. Quand ? — Revenez après-demain, répondit le Poussah, car aujourd’hui ma journée est finie. Je ne verrai plus personne. ”
“ Mylord ne buvait ni ne fumait. Mme Marion, toujours gracieuse et charmante, jouait de l’éventail dans sa bergère. C’était le Poussah qui avait la parole. Il disait : — Moi, d’aller par quatre chemins, ce n’est pas mon habitude. L’hôtel et le terrain m’ont donné dans l’œil. Dès le temps de Louis-Philippe, je venais regarder ça et je me disais : Voilà une propriété qui me chausserait. Ce n’est pas que le quartier soit avantageux : parbleu, les 1er et 2e arrondissements tombent sous le sens pour valoir plus cher le mètre, mais tout dépend des goûts ”
Louis Pascal, La Cange : voyage en Égypte (1861)
“ Bientôt apparut un gros poussah que je pris d'a- bord pour le gouverneur de la ville, mais je me 1 trompais, car le pacha d'Esneh était alors en tour née administrative; je n'avais sous les yeux que sa doublure. — il s'avança de fort mauvaise humeur, se tirant les bras, rajustant ses habits et jetant sur nous un mauvais regard. ”
Sigismond de Justh,
Le Livre de la Pousta
“ Son disque, peu à peu, perd ses rayons, se solidifie, prend une forme arrondie, puis s’aplatit à sa partie inférieure, près de disparaître derrière l’horizon. Du côté opposé, le ciel est gris, d’un gris cendreux, et les tanyas lointaines se noient dans l’effacement du sol assombri. Soudain un vent violent déchire la pousta, balayant devant lui un épais nuage de poussière qui voile les splendeurs du couchant. Des milliers d’oiseaux de toutes sortes se lèvent, effarés. Là-bas, des masses lourdes se meuvent presque à ras du sol : ce sont des outardes. ”
Sigismond de Justh,
Le Livre de la Pousta
“ Elles les embaument d’huiles parfumées qu’elles-mêmes ont extraites des fleurs de la pousta ; elles ensevelissent leurs dépouilles de linceuls tissés pendant les soirs d’hiver ; elles préparent pieusement leur couche, la dernière, celle où, muets, sans sentiment et sans pensée, ils attendront la trompette du grand jugement... Le soleil se cache derrière les nuages. Va-t-il pleuvoir ? Le battage doit commencer le lendemain matin. Plusieurs terriens, la main au front, regardent le ciel avec anxiété. Du côté du nord, un petit point noir avance suivi d’une longue queue de poussière. ”
Charles-Joseph-Alexandre Cornet, Au Tchad : trois ans chez les Senoussistes… (1910)
“ A cinq heures du soir, une sentinelle donne l'alarme : un nuage de poussière est signalé dans le Nord. Le troupeau est poussé à la hâte dans l'enceinte; le détachement se forme face au point menaçant; j'ai un moment d'anxiété, nous avons peut-être affaire aux cavaliers ouaddaïens. Le nuage approche, grossit sans livrer son secret angoissant; les tireurs sont à genou, l'arme prête, je fixe avec ma jumelle la mystérieuse poussière afin de commander le feu dès que l'ennemi sera reconnu. ”
Sigismond de Justh,
Le Livre de la Pousta
“ La pousta, immense et vide, sommeille. Une chaleur intense pèse sur la nature et en arrête momentanément la vie. De toutes parts, l’infini de l’horizon n’est interrompu que par la bascule d’un puits ou par quelque tanya [1] isolée dont le mur sans crépi met une tache sombre sur le fond verdâtre des pâturages desséchés où de grands bœufs blancs, paresseusement couchés, ruminent. Plusieurs troupeaux se reposent ainsi sur différents points, et parfois on entend le son d’une clochette indolemment agitée. ”
Jacques de Crozals, Les Peulhs, étude d'ethnologie africaine… (1883)
“ Tous les Peulhs sont soldats. « En cas de guerre, chaque village désigne un nombre d'hommes suivant son importance ; les chefs amènent en outre leurs esclaves » (3) . Le docteur Bayol estime que le Fouta-Djalon, avec sa population libre d'environ 500,000 habitants et ses 100,000 esclaves, peut mettre sur pied 250,000 combattants tous armés de fusils à pierre. Le gouvernement des Peulhs, dans les états Haoussa, à conservé la forme despotique qu'il a reçue de la conquête. Le sultan dispose souverainement du gouvernement des provinces ”
Auguste Barth,
Les religions de l'Inde
(1879)
“ Pûshan, le Nourricier, qui, de son aiguillon d'or, dirige le tracé du sillon, le bon pasteur qui ne perd pas une tête de son bétail. Il connaît tous les chemins, qu'il parcourt sans cesse sur son char attelé de boucs ; il est le guide des hommes et des troupeaux dans leurs pérégrinations ”
Charles de Folleville, Explorations à travers le monde (1875)
“ Comme les Puelches et autres, les Poyuches, habitant une contrée ingrate et stérile, sont pauvres, et cependant ils semblent se contenter de ce que leur donne la nature, à savoir une profonde misère, résultat des déplorables saisons de ces régions. Qu'on ne s'étonne pas de leurs mauvais traitements vis-à-vis de leur captif! Ils ont dans la poitrine une haine profonde contre les blancs. Aussi, quand ils peuvent s'emparer de quelques infortunés voyageurs, ils les massacrent cruellement et sans pitié, gardant bien, toutefois, les enfants et les jeunes femmes, pour en faire des esclaves. ”
Various, L'Illustration, No. 3655, 15 Mars 1913
“ Que ce soit à l'intérieur de la ville ou dans la campagne, c'est la poussière--et quelle poussière!--ou la boue,--et quelle boue! Il est vrai que, hors de l'enceinte, les chemins sont très peu fréquentés et qu'on laisse derrière soi sa propre poussière; mais, rien que pour sortir de Pékin, il faut faire 4 ou 5 kilomètres au milieu de la cohue, dans le suffocant et malodorant nuage jaune soulevé par les charrettes, les pousse-pousse, les piétons, les ânes, les chevaux, les mulets et les chameaux. ”
Jacques de Crozals, Les Peulhs, étude d'ethnologie africaine… (1883)
“ IIe tradition. — (Toute la première partie est identique à la partie correspondante de la tradition n° 1, jusqu'à l'arrivée des Peulhs dans le Fouta.) — Arrivés dans le Fouta, les Peulhs sont reçus en amis par les Sérères, païens comme eux. Ils s'allient et vivent en paix, en continuant à mener leur vie de pasteurs. — Survient une invasion formidable de Maures. Peulhs et Sérères vaincus capitulent ; ils achètent la paix, abandonnent une partie de leurs troupeaux et se font musulmans. Les Maures leur laissent des savants pour les instruire dans leur religion. ”
Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain… (1873)
“ POISIEUX, étang à Ambérieux-en-Dombes. POISSON, ham. de Parves. POIZAT (le) , commune du canton de Nantua. Poisatum. — Paroisse sous le vocable de saint Félix, annexe de Lalleyriat. Le Poizat faisait partie des dotations du monastère de Nantua, qui en reçut confirmation, au mois de février 1145, du pape Eugène III et, jusqu'à la Révolution, jouit dans le village des droits seigneuriaux les plus étendus. Au XIIIe siècle la garde du Poizat appartenait aux sires de Thoire-Villars. Les habitants ne furent affranchis de la main-morte qu'en 1608. ”
Baptistin Poujoulat, La Vérité sur la Syrie et l'expédition française… (1861)
“ Je vis de mes propres yeux, dans ladite ville, un certain nombre de chiens occupés à ronger le squelette d'un pauvre chrétien. Lorsqu'on parcourt les quartiers ruinés des chrétiens, on y sent de distance en distance une odeur infecte de cadavres. Le pacha, qui avait pris-part dans la sédition, fut fusillé publiquement avec quatre colonels, le 8 du courant, à quatre heures du soir. Immédiatement après l'exécution, Fuadpacha partit pour Beyrouth, où il se trouve encore. ”
Victor Advielle, Recherches sur Nicolas Poussin et sur sa famille (1902)
“ Avant de clore cette lettre, permettez-moi de vous faire remarquer encore la fatalité qui poursuit le Poussin, quoiqu'il n'ait plus rien à demander aux hommes. Il avait légue à son beau-frère Dughet, ses papiers, dessins, estampes et fragments antiques, tout son mobilier d'artiste en un mot. Quelques années après la mort de Poussin, le beau-frère vend et disperse toutes ces richesses ; héritage sacré dont on le voit se séparer avec répugnance. ”
