Jeanne Antelme, Revue des Deux Mondes
“ Moudros, août 1915. Oh ! cette poussière qui nous a aveuglés, nous a fait faire volte-face. Les yeux brûlent et la bouche en est toute remplie. Elle s’écrase entre les dents. Elle vous pénètre dans le cou, elle vous glisse entre les épaules... C’est une journée d’excessive chaleur, et, comme le vent souffle, la poussière poursuit une danse échevelée. Elle est bousculée, soulevée ; elle monte, elle grimpe haut, elle se précipite sur vous, vous fouette comme une furie. Et de quelque côté que l’on aille, sous les marabouts ou dans les baraques, elle vous poursuit, vous hante... ”
