P. de Rémusat

Résumé

P. de Rémusat Revue des Deux Mondes

Si les gens du monde avouent parfois qu’ils ignorent la composition de telle ou telle pièce, s’ils ne savent pas reconnaître du fer ou du zinc, un alliage d’étain et d’antimoine, ou d’argent et de cuivre, si même ils vont plus loin et avouent, dans un langage très peu scientifique, ignorer de quoi est composé l’argent ou le mercure, du moins une substance métallique leur paraît-elle toujours devoir être distinguée de toute autre, et ils ne croient pouvoir la confondre ni avec le bois, ni avec le papier, ni avec l’air, etc.
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P. de Rémusat Revue des Deux Mondes

Chaque maladie a sa marche et sa révolution, elle a ses temps d’accès ou de durée, ou, comme dit Hippocrate, toutes les maladies ont un mode commun. C’est de l’affection vitale que proviennent les symptômes et les effets organiques, et la vie est toujours attaquée à peu près de la même façon. Dans cette école enfin, l’anatomie, la connaissance du corps que l’on traite, n’est pas d’une importance capitale. On ne se conduit que d’après des règles générales, et l’on est bien près de dire, avec un des auteurs de la Collection hippocratique, que l’anatomie est bonne pour les peintres.
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Rarement on vous dira qu’une même cause détermine tous ces phénomènes ; à peine se doute-t-on qu’il y ait une science qui les explique, et qui nous apprend à vivre dans ce monde autrement que les personnages des Mille et Une Nuits dans les palais des génies. La science ne naît qu’au moment où le doute s’élève, où l’on commence à voir que l’on ne comprend pas. C’est ce doute que nous voudrions susciter dans l’esprit, non-seulement des gens qui ignorent toute chimie, mais de ceux même qui professent superficiellement et appliquent empiriquement les théories vulgaires des manuels pratiques.
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