Résumé

Portrait de Émile Zola Émile Zola Au bonheur des dames

C’était Geneviève qui venait de se réveiller et qui tapait avec un bâton, laissé près d’elle.
— Montons vite, dit Baudu, se levant en sursaut. Tâche de rire, il ne faut pas qu’elle sache.
Lui-même, dans l’escalier, se frottait rudement les yeux, pour effacer la trace de ses larmes. Dès qu’il eut ouvert la porte, au premier étage, on entendit une faible voix, une voix éperdue, criant :
— Oh ! je ne veux pas être seule... Oh ! ne me laissez pas seule... Oh ! j’ai peur d’être seule...
Puis, quand elle aperçut Denise, Geneviève se calma, eut un sourire de joie.
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Portrait de Émile Zola Émile Zola Au bonheur des dames

De loin en loin, entraient des clientes : une dame parut, puis deux autres. La boutique gardait son odeur de vieux, son demi-jour, où tout l’ancien commerce, bonhomme et simple, semblait pleurer d’abandon. Mais, de l’autre côté de la rue, ce qui la passionnait, c’était le Bonheur des Dames, dont elle apercevait les vitrines, par la porte ouverte. Le ciel demeurait voilé, une douceur de pluie attiédissait l’air, malgré la saison ; et, dans ce jour blanc, où il y avait comme une poussière diffuse de soleil, le grand magasin s’animait, en pleine vente.
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Portrait de Émile Zola Émile Zola Au bonheur des dames (1883)

Mouret le regarda un moment en silence, comme stupéfait de son refus. Était-ce possible ? un homme d’un tel flair, qui sentait l’argent à toutes les profondeurs ! Et, tout d’un coup, il eut un geste de grande éloquence, il montra ces dames dans le salon, en criant :
— La clientèle, mais la voilà !
Le soleil pâlissait, la poussière d’or rouge n’était plus qu’une lueur blonde, dont l’adieu se mourait dans la soie des tentures et les panneaux des meubles. À cette approche du crépuscule, une intimité noyait la grande pièce d’une tiède douceur.
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