Henri Clouzot,
Une ville, un enfant
(1928)
“ Sur notre terrasse, les soirs d'été, je guettais les notes de la retraite militaire, signal de la rentrée pour les cuirassiers et du coucher pour mon humble personne. Les trompettes s'entendaient de très loin. Elles partaient du Marché, suivaient la rue des Halles, puis la rue du Minage, la Brèche, pour rentrer au quartier par la rue des Douves. Do, sol, mi, do, do, mi, sol, do. Le refrain devenait de moins en moins distinct, à mesure qu'au-dessous de moi l'allumeur de gaz épinglait la rue déserte de clous d'or, et je faisais ainsi connaissance avec la tristesse du jour finissant. ”
