Erckmann-Chatrian

Résumé

Erckmann-Chatrian Le grand-père Lebigre (1880)

« Dans l'intérêt de tes études, je veux bien faire ce sacrifice ; va dire à Clarisse que je lui permets de rester.
— Ah ! merci, grand-père, m'écriai-je le cœur soulagé; tu n'auras pas à te repentir, la pauvre
vieille a trop souffert de sa faute, pour jamais y retomber. » Et courant dans l'allée, d'une voix éclatante j'appelai : « Tante Clarisse, descendez. le grand-père vous pardonne ! »
Elle était toujours à faire sa malle, et, sortant tout effarée de sa chambre : « Ah! mon Dieu, dit-elle, je suis sauvée!
C'est à vous, Lucien, que je le dois. »
Source : Gallica

Erckmann-Chatrian Le grand-père Lebigre (1880)

C'était M. Brusquet, mais sans son grand chapeau pointu, sans sa veste de rapin, en simple camisole grise.
Il s'était déguisé, pour n'être pas reconnu au clair de lune par le terrible Poitevin.
Le grand-père avait l'intention de prévenir le maître de dessin que tout cela n'était qu'une plaisanterie; mais en apercevant cette longue figure pâle, la bouche ouverte et les yeux arrondis par la peur, il se dit : « Ce n'est pas un homme, c'est Pierrot qui sort de son sac à farine. » Et l'idée de rire un peu de celui qui s'était permis de le tourner en ridicule, lui vint tout naturellement.
Source : Gallica

Erckmann-Chatrian Le grand-père Lebigre (1880)

Grand-père, la résolution que tu viens de prendre est terrible !
— Je le sais bien, fit-il, je vais passer mes derniers jours dans l'isolement; ce ne sera pas long, j'ai soixante et treize ans; dans trois ou quatre ans ce sera fini. Je vais rester seul avec une servante, la première venue, qui ne saura rien de ma vie et qui, dans le fond, n'aura pas le moindre intérêt pour moi. Mais celle-là du moins ne m'aura pas trompé. Ce que je hais le plus, c'est la dissimulation, l'hypocrisie.
— Mais, grand-père, lui dis-je, tu sais bien que ma tante Clarisse n'a pas grande instruction
Source : Gallica

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