“ De la caserne, par conséquent, je ne dirai pas grand-chose. Ce qu'on en ignore, du reste, c'est juste ce qu'on n'en veut point savoir. Moi, de plus, je ne suis soldat que par définition générale; officier, pas troupier. J'ignore donc la caserne; je n'en connais guère que l'aspect extérieur. Je la soupçonne horrible; je la suppose infecte. Je sais que lorsque nous visitons les chambrées, nous autres chefs, à certains jours fixés d'avance, nous ne pouvons nous donner qu'une idée très réduite de leur abjection réelle. ”
Caserne
Définition et enjeux
La caserne, cœur de la vie militaire, incarne à la fois l'organisation rigoureuse et les enjeux sociaux des forces armées. Georges Darien la perçoit comme un lieu de mystère et d'abjection, tandis que Lyautey évoque sa routine quotidienne, marquée par la banalité des gestes.
Julien Ray souligne son rôle éducatif, et le Collectif de l'Encyclopédie anarchiste en dénonce l'oppression. Mario Duliani, lui, met en avant sa rigueur hygiénique. Ces visions contrastées révèlent la caserne comme un microcosme où se croisent discipline, vie commune et critiques sociales.
Citations sur la caserne
Lyautey, Revue des Deux Mondes
“ La cour de la caserne, c’est la place et tout se passe en famille, les officiers prennent leur café sous les platanes ; ceux qui sont de service se lèvent, rentrent et ressortent ; tous les quarts d’heure, un clairon lance des sonneries, la main dans la poche, très nonchalant. ”
“ A son entrée en caserne commence pour le soldât sa deuxième année de service obligatoire. Ah ! je sais qu'on a horreur de ce régime; mais qu'on se rassure. Une caserne n'est pas une prison. C'est là au contraire que le soldat, enlevé, pour un temps aux joies de la famille, apprend à connaître la vie publique. ”
Gabriel Tarde, Études pénales et sociales (1892)
“ La caserne étroite et close d'autrefois, où les fléaux pouvaient naître et mourir sur place, s'est transformée en caserne ouverte, largement et très hospitalièrement ouverte à tous, d'où toutes les contagions peuvent déborder dans la nation toute entière. ”
Julien Ray, L'instruction et l'éducation après l'école et plus spécialement à la caserne (1909)
“ Notre avis est bien qu'à la caserne est le cas ou jamais de mettre à profit, comme disent les circulaires, toutes les ressources, toutes les lumières que peut compter une garnison dans son milieu militaire ou civil. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Et après ce séjour odieux de la caserne, ce serait l’Inconnu, c’est-à-dire la guerre et peut-être la mort ! Douce perspective ! Le « réveil » m’était pénible pour une autre raison, et mes camarades de chambrée fournissaient, eux aussi, des éléments à mon dégoût. Rien n’est plus écœurant qu’un « réveil » à la caserne. Imaginez cette horrible salle, nue et maussade, qu’est la chambrée, dans laquelle sont alignés une vingtaine de lits, dix de chaque côté environ, mes souvenirs, quant au nombre, ne sont pas très précis. ”
Mario Duliani,
La ville sans femmes
“ En un clin d’œil, comme cela se fait à la caserne, tout le monde est sur le qui-vive. On ratisse le terrain, on astique, on récure, on nettoie, on balaie, on brosse, on désinfecte jusqu’aux coins les plus reculés de chaque baraque. Et, à l’heure dite, tout est net, propre, brillant, reluisant, de sorte que l’inspection se termine en marche triomphale pour le colonel et, à fortiori, pour le sergent-major. ”
Anonyme, Le bataillon de Cythère
“ LA CASERNE — LA REMONTE La caserne, pour l’armée du vice, est le dernier refuge, celui où la fille n’ira s’abriter qu’au dernier moment, sachant que dans ce lieu elle abandonne tout ce qui est son humble personnalité ; elle devient là une machine à plaisir qui n’a même pas le droit de refuser ce qui lui déplaît, comme elle le peut faire quand elle est libre sur son trottoir. ”
Gabriel Ferry,
Les aventures d'un Français au pays des caciques
“ Tantôt c’est le tambour de la caserne qui bat aux champs ; du sagrario dont la porte s’ouvre à deux battants, on voit sortir une voiture étincelante de dorures, le son des cloches se mêle aux roulements des tambours, et toute la foule se découvre, s’agenouille et s’incline devant le saint-sacrement qu’on porte à quelque mourant. ”
Ernest Raynaud,
La Mêlée symboliste
“ Des gueux en haillons se pressent vers la caserne de la Cité, où ils espèrent trouver un restant de gamelle. On sent comme une hostilité hargneuse dans l’allongement démesuré des masses de pierres voisines. ”
École militaire de l'artillerie et du Génie, Rôle de l'officier dans la nation armée… (1904-1905)
“ Combien l'aspect change alors, le froid, la pluie, l'heure tardive, les indications d'un sous-officier impatient et maussade, au langage souvent peu châtié, la caserne noire, silencieuse, lugubre, avec des airs de prison, pour qui surtout n'a pas déjà fréquenté le lycée, les cœurs les plus solides s'en trouvent angoissés. ”
Auguste de Villiers de L’Isle-Adam,
Histoires insolites
(1888)
“ Est-ce donc à nous de maudire les mains qui ont mis le feu ! Nous leur devons, te dis-je, jusqu'à cette croix que tu serres en ton poing. Réfléchis donc un peu, mon cher Pier : la ville seule, tu le sais bien, a une caserne pour ses incendies, pour ceux des faubourgs et des trois villages : Prades et Céret sont trop loin. Toi, pauvre sergent des pompiers, toujours sur le qui-vive, interné, sans congé possible, dans la caserne, devant tenir, constamment, prêts à toute alarme, tes hommes, tu ne pouvais sortir de cette prison que pour ton service ! ”
Étienne de Fontenay, Charles et Étienne de Fontenay… (1920)
“ La caserne est un endroit bien drôle souvent, où il faut avoir été, surtout en ce moment. Que de choses à te raconter plus tard ! Quand nous reverrons-nous, mon bien cher papa ! C'est un moment dur à passer, mais la joie du retour sera bien grande. Bonnes nouvelles de notre brave Étienne. Il est monté en grade et il se porte bien ! Il vient beaucoup de blessés à la caserne, cela nous semble bien naturel de voir ces jeunes éclopés, et en riant nous nous disons entre nous : « Un jour, dans une cour d'hôpital, on se reverra peut-être aussi bandé de blanc !... » ”
Henry Debraye, En Touraine et sur les bords de la Loire… (1937)
“ Rien ne ressemble plus à une caserne, cependant qu'on ne s'y trompe pas : la caserne militaire n'a point d'âme, elle garde seulement la trace matérielle des hommes grossiers qui l'habitèrent et des chefs vulgaires qui s'y firent violemment obéir; dans la caserne jésuitique flotte à jamais l'esprit de la Compagnie, inflexible mais oint de parfaite politesse, correct mais bouillonnant de passion pour le triomphe d'une seule cause, celle de la Papauté. ”
Lucien Descaves,
Misères du sabre : la caserne
(1887)
“ En somme, c'était un bon petit soldat, très soumis, très courageux;... la bonne tête, mais sans le ridicule, le défaut ou la naïveté trop grande qui la consacre, au régiment comme au collège et dans les ateliers. La découverte qu'avait faite la compagnie combla cette lacune, rassembla sur le petit soldat les plaisanteries féroces et faciles des anciens et l'aboiement grêle des bleus mêmes, dont le zèle masquait la peur d'identiques avanies. C'était le matin, surtout, au réveil, que fusait cet esprit de caserne, léger à la façon des repas à la gamelle. ”
Albert Libertad,
Le Bétail patriotique
“ Tout est réglé, tout est prévu. L’individu est assassiné. L’initiative est morte. ⁂ La caserne est l’étable du bétail patriotique. Il sort de là un troupeau qui est prêt à former le bétail électoral. L’Armée est l’instrument redoutable dressée par les gouvernements contre les individus ; la Caserne est la canalisation des forces humaines de tous au profit de quelques-uns. ”
René Bazin,
Revue des Deux Mondes
“ Il montrait, du bout de son fouet, la plaine aux palmiers nains, où s’engage le chemin de fer au sortir des montagnes. Grâce à cet aimable guide, nous avons visité d’abord une caserne, puis, hors de l’enceinte de Moorish Castle, dans la rue, un joli cottage servant d’habitation à quatre familles de sous-officiers. Les soldats mariés logent dans un bâtiment qui forme un angle droit avec la caserne des soldats célibataires. Tous les appartemens ouvrent sur une véranda. Ils se composent de deux ou trois chambres, selon le nombre des enfans. ”
“ Ce mot me fait réfléchir longuement, pendant cette nuit où je me suis allongé, pour la dernière fois, dans un lit militaire. Je compte. Collège, caserne. Voilà quatorze ans que je suis enfermé. Quatorze ans! Oui, la caserne continue le collège... Et les deux, où l'initiative de l'être est brisée sous la barre de fer des règlements, où la vengeance brutale s'exerce et devient juste dès qu'on l'appelle punition — les deux sont la prison. — Quatorze années d'internement, d'affliction, de servitude — pour rien...Mais qu'est-ce qu'il faudra que je fasse, à présent que je suis libéré, pour qu'on m'incarcère pendant aussi longtemps? ”
Eugène Jouve, Lettres sur la guerre d'Orient (1854)
“ Les charmes de la localité ne sont pas de nature à faire oublier le petit désagrément d'être à la porte d'une grande capitale, et de ne pouvoir pas la visiter. La caserne est un immense bâtiment à un seul étage de trois cent douze croisées de façade, autant sur le derrière, cent soixante sur les côtés, et un nombre proportionné pour la cour intérieure. ”
Alfred Barbou, Le Général Boulanger, biographie… (1887)
“ LA NOUVELLE TENUE DES OFFICIERS D' INFANTERIE , DU GÉNIE , DE L' ARTILLERIE ET DU TRAIN . a établi dans la vie militaire l' égalité relative du traitement ainsi qu' elle existe dans la vie civile . Et de la sorte , la caserne , qui était une sorte de prison pour les gens accoutumés à leurs aises , est devenue supportable pour tous , agréable même pour quelques uns , ce qui , à notre époque , où tout le monde passe un temps plus ou moins long au régiment était à notre avis indispensable . ”
Ernest Prarond,
Journal d'un provincial pendant la guerre…
(1874)
“ Les soldats, avant de partir, ont cassé dans la caserne toutes les vitres du rez-de-chaussée et brisé dans, les chambres.tous les bois et les porte-fusils dont ils ont fait du feu. Ils ont, en outre, enlevé et vendu la plupart des ferrures qu'ils ont pu détacher. Aux plaintes adressées sur ces faits au commandant, celui-ci a répondu : «De quoi vous plaignez-vous ? Cette caserne est à l'Etat, nous avons le droit d'y mettre le feu avant de partir. » Dans la journée, un sous-préfet français, M. Huriot (1) se présente chez M. de-Mutius en déclinant sa qualité. ”
Louis Florimond Fantin des Odoards, Journal du général Fantin Des Odoards… (1895)
“ L'espèce de caserne où je couche avec tous ceux de nos gens qui ne sont pas de service ou dans les tours du pont n'a qu'une entrée, attendu que j'ai fait murer toutes les autres de même que les croisées du rez-de-chaussée. Cette entrée est masquée par un vaste tambour à créneaux fermé par des palissades. Quand, pendant la nuit, un détachement ou une escorte de courrier se présente, la sentinelle, après qu'on a répondu à son qui-vive, crie : éloignez-vous à 100 pas, où je fais feu sur vous. ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ « Si l’on attaque la caserne, si l’on y met le feu, vous prendrez les tuyaux du jardin ; vous remplirez la baignoire ; vous monterez des seaux d’eau sur la maison et vous arroserez le toit tant qu’il y aura du danger. Si les insurgés viennent ici, vous leur ouvrirez toutes les portes, toutes les armoires, et vous leur direz de notre part : « M. et madame de Girardin ne veulent pas qu’on puisse dire que des Français ont pillé ; ils vous font présent de tout ce que vous trouverez chez eux. » ”
Silbermann, 5 ans à la Légion étrangère, 10 ans dans l'infanterie de marine… (1910)
“ Le gradé n'intervient que rarement, et tous ceux qui ont passé dans une caserne de légionnaires, ou qui ont vu ceux-ci sur les navires ou en campagne, savent leur initiative, leur esprit de débrouillage et leur adresse à se tirer de toutes les situations. A la caserne, les chambres habitées par les hommes sont d'une propreté absolue, le jour comme la nuit, et tous les travaux d'entretien dans les chambrées sont faits spontanément, avec la meilleure volonté du monde. ”
Le paysan soldat : épisode de la Révolution et du Consulat (1853)
“ Et où ces enfants de nos campagnes ont-ils ainsi perdu leurs croyances et leurs mœurs? Ce n'est pas sur les champs de bataille ; car beaucoup d'entre eux n'ont pas même vu l'ennemi. C'est à la caserne, c'est dans les garnisons de nos villes. où une vie oisive ne leur laisse d'autres distractions que le cabaret et les mauvais lieux. J'ai donc raison de dire que la caserne est le plus grand danger du soldat. C'est là qu'est l'écueil de sa foi et de ses mœurs. Oh! qu'il faudrait de courage pour résister! Il en faut plus que pour braver le canon. ”
Victor Dupuy, Souvenirs militaires de Victor Dupuy… (1892)
“ La caserne, dans laquelle nous avions été installés, est le" plus magnifique établissement" de ce genre qu'il y ait en Europe; elle peut contenir plus de quinze mille hommes, dans de beaux corps de bâtiments, séparés les uns des autres par de vastes cours. Il n'y a qu'une seule entrée, fermée par une grille; les troupes qui y sont casernées, consignées d'ordinaire, y trouvent des restaurants pour les officiers, des cantines pour les soldats, ainsi que des marchands. A l'époque de notre passage, cette caserne était peuplée de recrues, Hongrois, Croates, Valaques et Bulgares ”
Lucien Descaves,
Misères du sabre : la caserne
(1887)
“ Le fourrier donna la cadence du pas et, correctement, la corvée défila devant le poste, traversa la cour de la caserne, très grande et très nue où, les hommes punis de prison, sous la surveillance d'un sergent, maniaient le casse-pierres et la hie. ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ Si la caserne était prise et qu’on voulût occuper la maison, la seule chose à faire serait d’ouvrir les portes à deux battants et d’être affectueusement poli. C’est de toutes les manières de résister la meilleure. ”
Alexis-Marie Gochet,
Le Congo belge illustré ou L'État indépendant du Congo…
(1888)
“ Beaucoup sont nés braves et chevaleresques, de ceux qu'on astreint à la routine de la vie militaire et dont l'existence est une continuelle promenade de la caserne aux champs des manœuvres, du champ des manœuvres à la caserne. ”
Lucien Dubois, Lettres sur l'Italie et ses musées… (1874)
“ A la suite, vient une cour ayant pour ciel la grande baie oblongue que je vous ai signalée dans l'arène, et alentour on reconnaît tous les aménagements nécessaires à une vaste caserne : des salles d'exercice et de gymnastique, de nombreux escaliers conduisant à des chambres pratiquées dans les trois étages de voûtes qui soutenaient les gradins, des cages pour les bêtes féroces, et des prisons où l'on a retrouvé les fers qui servaient à retenir les captifs. C'est fortifié partout comme une forteresse. ”
François Sugier, L'enfant de la cabane : graves et plaisants récits de son pélerinage dans la vie (1867)
“ Puis viennent successivement trois échauffourées de caserne, celle de Caron à Belfort, celle de Berton à Saumur, et celle des trois sergents de La Rochelle. — De tout temps les gens à sabre furent de terribles fous, jouant le sort d'un royaume comme un punch ou bien un rhum. ”
Charles-Nicolas Gabriel, Journal du blocus et du bombardement de Verdun pendant la guerre de 1870 (1872)
“ On pourvoit au logement des troupes. le logement manquait. Le génie fit aussitôt couper, un peu partout, dans la ville, une quantité de grands arbres au moyen desquels on blinda toutes les ouvertures de la caserne-casemate inachevée, et toutes les fenêtres du rez-de-chaussée de la grande caserne voûtée, la seule qui eut échappé à l'incendie; les fenêtres des étages supérieurs furent bouchées avec des sacs à terre. Puis dans ces deux bâtiments, et dans quelques autres restés debout, on casa les soldats en les serrant un peu. ”
Scipion Marin, Histoire civile et militaire des Parisiens depuis les Gaulois jusqu'à nos jours… (1831)
“ Les gendarmes offrent de fraterniser, de retourner dans leur caserne. On les accueille; on les accompagne à leur caserne du faubourg SaintMartin. Mais, arrivés là, ils font volteface et un feu terrible sur la foule. Le peuple ne connaît plus de frein; il livre l'assaut : la caserne est prise ; partout fuient des gendarmes; partout la fusillade vengeresse parsème les rues de leurs cadavres. La caserne est envahie, et l'en brûle tout ce qui a appartenu à ces sicaires. ”
Alphonse Daudet,
Lettres de mon moulin
“ Mon Paris me poursuit jusqu'ici comme le tien. Tu joues du tambour sous les pins, toi! Moi, j'y fais de la copie... Ah! les bons Provençaux que nous faisons! Là-bas, dans les casernes de Paris, nous regrettions nos Alpilles bleues et l'odeur sauvage des lavandes; maintenant, ici, en pleine Provence, la caserne nous manque, et tout ce qui la rappelle nous est cher!... ”
E. Dawall, Les Troupes françaises internées en Suisse à la fin de la guerre franco-allemande en 1871… (1873)
“ Canton de Bâle-Campagne, inspecteur cantonal le major fédéral Frei. Les internés appartenant à huit ou dix corps différents, au nombre de quatorze cents environ, sont tous logés à la caserne; sept cents ont des lits et les autres sont couchés sur de la paille dans le manège et les écuries, avec deux couvertures de laine. Ils prennent de l'exercice dans la cour de la caserne, qui est très vaste; ils sont;, en outre, conduits à la promenade aussi souvent que le temps le permet. Soixante-quatre soldats travaillent en ville et rentrent à l'appel du soir. ”
Charles de Chergé, Guide du voyageur à Poitiers et aux environs (1851)
“ Nous avons vu une portion des bâtiments claustraux enclavée dans la caserne de cavalerie que nous venons de visiter à l’instant, et formant le corps du milieu de cet établissement militaire : il ne fallait rien moins qu’une terrible révolution pour produire un tel changement de destination. ”
