Mario Duliani

Élements biographiques

Portrait de Mario Duliani Mario Duliani La ville sans femmes

Et sur ces mots, il est sorti de ma chambre, courbé sur lui-même, comme si la pierre l’avait définitivement écrasé.
On a beau faire... vouloir s’évader de cette idée fixe, s’élever, désirer s’arracher à cette obsession de l’amour... Les meilleurs d’entre nous — et j’en connais, et je les observe ! — sont toujours poursuivis par la hantise de renouveler un jour l’étreinte, par la crainte, aussi, d’en être privés à jamais.
Quelle misère, tout de même, que cette maladie tenace, obstinée, qui nous tient attachés à la vie par le bas.
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Portrait de Mario Duliani Mario Duliani La ville sans femmes

Pendant quarante mois je n’avais vu, en somme, que des vétérans. Une autre génération ! Ceux-ci sont l’image vivante de la force d’un pays qui est en train de devenir grand et de s’affirmer comme une nation de premier ordre. Cette jeunesse vibrante, enthousiaste, alerte, joyeuse, qui remplit les wagons, qui descend et monte aux gares les plus importantes, donne une fière opinion du pays qu’elle incarne et dont elle symbolise l’ascension rapide. L’épreuve de la guerre aura été, malgré son aspect tragique, salutaire et tonifiante pour le pays. Un nouveau Canada est déjà né.
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Portrait de Mario Duliani Mario Duliani La ville sans femmes

Le petit bonhomme a un soubresaut de révolte. Et puis, d’un ton éperdu :
— Vous croyez cela, vous, parce que vous avez quelqu’un qui pense à vous, qui vit pour vous... Mais si vous saviez la désolation d’être seul au monde, et de se dire que personne ne vous écrira, que personne ne vous adressera un colis, que personne ne vous enverra une pensée !...
Et, sans même attendre la pommade qu’il était venu chercher, il sort précipitamment.
Je vais jusqu’à la porte et le suis du regard. Il s’en va sous la pluie, le dos courbé, comme l’image de la désolation.
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