“ Seul, un gros chat, roux, dormait au soleil, étendu sur l’établi d’un savetier, qui occupait une étroite échoppe, prise dans la devanture. La tête du chat, hérissée de longues moustaches, touchait presque au tranchet. ”
Chat
Définition et enjeux
Le chat, animal domestique aux multiples facettes, occupe une place singulière dans la culture et la littérature. Symbole de grâce et de mystère, il a inspiré des auteurs comme Baudelaire, qui célèbre sa douceur, ou Paul Alexis, qui évoque son paresse.
D'autres, comme Landes ou Allais, explorent ses traits mythiques ou ses paradoxes, mêlant poésie et réflexion. À travers ces approches, le chat apparaît non seulement comme un compagnon, mais aussi comme un totem de l'indépendance et de la grâce, révélant une dimension universelle dans les œuvres analysées.
Citations sur “chat”
Antony Landes, Contes et légendes annamites
“ Un paresseux allait quitter les enfers pour s’incarner en un chat. « Je veux bien être chat, dit-il au roi des enfers, mais je demande à être un chat noir avec une tache blanche sur le nez. » — « Un chat est toujours un chat, dit le roi ; pourquoi veux-tu être fait de la sorte ? » ”
Alphonse Allais,
Le Bec en l’air
“ Le chien a un instinct épatant, mais une âme de boue. Ah ! quelle différence avec le chat, avec l’admirable chat ! Je sais par cœur tous les vers que les poètes ont faits sur les chats, les vers de Gautier, de Baudelaire, de Rollinat, et même tout le délicieux volume que leur consacra notre bon Raoul Gineste. Ah ! les chats ! j’aime leur allure harmonieuse, forte, câline et souple. ”
George Sand,
Nouvelles
(1861)
“ Le chat, qui s’était dérangé avec humeur pour faire place à la voyageuse, se blottit de nouveau sur les cendres tièdes. Pendant quelques instants, il fixa sur elle des yeux verts et luisants pleins de dépit et de méfiance ; mais peu à peu sa prunelle se resserra et s’amoindrit jusqu’à n’être plus qu’une mince raie noire sur un fond d’émeraude. ”
Marguerite Mauran, Du temps que les bêtes parlaient… (1925)
“ Au foyer qui l'avait vu naître Un chat coulait ses jours dans la félicité Ayant, au cours du temps, avec art inventé Mille moyens d'accroître son bien-être : Les délices du feu l'hiver, L'été, le somme au frais et, par l'ombre couvert, Les oiseaux dormants, douce proie. Il ne rêvait pas d'autre joie. Le sort, un jour, lui donne un chien pour compagnon, Né pour la chasse et non pour garder la maison, Bête aux membres puissants, peu faite pour se plaire Comme le chat, à vivre sédentaire. ”
Jean-Auguste-Dominique Ingres,
Ingres d’après une correspondance inédite
“ Dans l’ombre bleue de ces petites cases uniformément bâties en tuiles rouges, c’est un chat qui se risque à huis clos, sur ses pattes ouatées ; un chien qui se profile, à pas furtifs, dans ce silence qui lui est quotidiennement familier. ”
Neel Doff,
Jours de famine et de détresse
(1911)
“ Tu vois, il est reconnaissant, il sait que je l’ai sauvé : c’est mon chat ! Il me demanda si c’était un matou ou une chatte. Mais comme l’inspection ne nous révélait rien, nous jugeâmes, d’après la physionomie, que c’était une chatte. ”
Maurice Griveau, Histoire esthétique de la nature… (1927-1930)
“ En résumé, le Chat est un félin réduit de taille et perfectionné, un félin mignon, minutieux, qui, féroce encore à l'état sauvage, comme un tigre en miniature, se montre, en domesticité, doux, pacifique et sociable, qui réjouit nos regards par sa joliesse, et notre esprit par sa gentillesse. Tous ceux qui ont vu manger un chat ont remarqué la peine qu'éprouve cette espèce à mâcher; et cela tient à la brièveté de leur dentition : ces « quenottes » de chat ne sont habiles qu'à déchiqueter la chair, et sont, à la broyer, assez inhabiles. ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1857
“ Ainsi qu’en son appartement, Un beau chat, fort, doux et charmant ; Quand il miaule, on l’entend à peine, Tant son timbre est tendre et discret ; Mais que sa voix s’apaise ou gronde, Elle est toujours suave et profonde. ”
Charles Ferdinand Ramuz,
Amitiés suisses d'Henri Pourrat
(2000)
“ Et il y a un génie du lieu, qui doit se dissimuler dans une de leurs encoignures. C'est peut-être lui, ce chat qui passe la queue en crochet. Tant de chats, et de tous les gris, les fauves, angoras, de poil ras, muets démons familiers, qui vous regardent, chacun avec son secret à soi au fond de ses yeux insondables. ”
Plaisir du Béarn (1930)
“ Prenez garde au chat. Il erre dans l'herbe et nous regarde d'un air indolent. Il a senti la chair fraîche. C'est un menu ogre qui marche à pas silencieux. Vous n'imaginez pas comme il sait grimper sur un figuier et sauter, à la façon d'une mésange, de branche en branche. Va-t-en, Pluton! (C'est au chat que je parle.) Il baisse la queue. Il pense, peut-être, en ce moment, que le monde est mal fait et que le destin se montre parfois fort cruel aux chats. Il s'éloigne tristement. Dans une heure, Rameline reprendra son poulet et le débarrassera du feuillage. ”
Paul Vignon, Introduction à la biologie expérimentale… (1930)
“ Le chat tient entre ses pattes, sur le bord extrême du piano, la carcasse renversée derechef, et nous appelle. — Il aime à ce qu'il lui pleuve un peu d'eau sur la nuque, en souvenir des buissons de jadis, qui s'égouttaient : il saute dans les lavabos, à la recherche d'un robinet mal fermé. De là notre signal d'appel, à l'heure du lit : nous remuons dans le goulot d'une carafe un bouchon de cristal, et le chat d'accourir, pour qu'on l'arrose. — Mais une naissance humaine est imminente, et nul n'a plus souci du chat, qui galope en tous sens, avec bruit, pour faire, je suppose, l'important. ”
Mathieu Marais, Contes et nouvelles de La Fontaine (1863)
“ Ce chat, dis-je, poussé par une faim pressante, Ne songeant rien-moins qu'à l'amour, Trouva cependant notre chatte, Qui l'étreint, le baise, le flatte, Le caresse et lui fait la cour. L'aventurier, voyant cette chatte importune, Qui le presse pour le déduit, Se sert de sa bonne fortune, Et la grimpe sans faire bruit. ”
Mme Louis Trouillon, Du grain de blé jusqu'au pain… (1920)
“ CAUSERIE SUR LE CHAT Nous parlons du chat au repos, de son ronronnement, de son contentement quand il est couché près du feu ou qu'on le caresse. Tous les enfants ont vu un chat en colère : il se hérisse, sort ses griffes, dresse ses moustaches, fait le gros dos. Et le chat apeuré ? il saute, bondit, se trouve hors de portée en un clin d'œil.. Les enfants ont très bien remarqué la souplesse de son échine quand il grimpe sur un arbre. ”
Champfleury,
Les chats: Histoire; Moeurs; Observations…
“ Justement un petit chat étranger vient de descendre du toit voisin, & les deux compères savent se distraire ensemble, entremêler leurs folles courses de luttes capricieuses à travers les plates-bandes, faire assaut d'étreintes, de bonds, de cachettes dans les buis, de grognements, de morsures, d'oreilles tendues, de sauts de côté, de passes inattendues, d'yeux allongés & de gueules roses. ”
Alfred Driou, Les animaux amis de l'homme : leurs instincts… (1875)
“ Nous aimons, nous Français, le chat quand il est jeune, parce qu'il nous amuse par ses gentillesses ; nous le tolérons dans la maison, lorsqu'il est grand, parce qu'il se charge de la police à l'endroit des souris et des rats. ”
Édouard Adenis, Le chat botté : opéra-comique en neuf tableaux (1921)
“ LE CHAT, à Périnet. Fais ce que je te dis ! Va, va... (Périnet sort sans être vu) . SCÈNE IV LES MÊMES, moins PÉRINET LA PRINCESSE Quelle délicieuse journée... ces bois verdoyants, ces blés dorés et, là-bas, ces moissonneurs. LE CHAT Miaou ! TOUS Un chat ! LE CHAT, s'avançant et se confondant en grandes salutations. Sire... Princesse... permettez à l'humble chat que je suis de déposer à vos pieds mes plus respectueux hommages. LE ROI, à la Princesse. Il s'exprime fort bien pour un animal. (Au chat) . Comment t'appelles-tu ? LE CHAT Catou, dit : Chat botté. ”
Jean Gay, Les Chats, extraits de pièces rares et curieuses en vers et en prose… (1866)
“ Un chat, pour être aimé, est un phénix qui ne prouve rien en faveur des autres chats. Je me flatte, cher Citron, que quelque amateur du peuple chien répondra aux louanges immodérées de la république chatte. ”
Frédéric Bataille,
Le vieux Miroir : fables de l'école et de la jeunesse…
(1904)
“ « Allons, viens près de moi ! Ceci, c'est du nanan ; approche donc, Minette ! Tiens, ma chérie, attrape! attrape! c'est pour toi. » Le chat joyeux accourt, flaire et se dresse Vers ce friand morceau. Or l'enfant, pour jouer, le trompe avec adresse, Abaissant la galette à deux doigts du museau, La tenant toujours à distance, Et puis la retirant quand il croit la saisir. Mais le chat agacé, qu'excite le désir, Sur elle, furieux, s'élance, La griffe jusqu'au sang et lui prend la pitance. Voilà des cris, voilà des pleurs Et des douleurs ! ”
Jean Gay, Les Chats, extraits de pièces rares et curieuses en vers et en prose… (1866)
“ Le bal, le salon de jeu, la table couverte d'albums feuilletés par les invités, l'arrivée de nouveaux invités reçus à la sortie de leurs voitures par un chien en livrée, le souper, le bal qui continue après, avec des singes pour musiciens dans l'orchestre. Un papa chat fait danser ses deux petits enfants. Plus loin, une des invitées, une chatte minaudière, se trouve mal ; tout le monde s'empresse autour d'elle; mais le mari, chat philosophe, rassure la compagnie : Je suis habitué à cela , dit-il, n'ayez pas peur, elle n'est pas morte, elle n'est qu'évanouie. ”
Jean Gay, Les Chats, extraits de pièces rares et curieuses en vers et en prose… (1866)
“ Le chat lui répondit : « Ton gosier maudit Ne fait que du dommage, Et toute la nuit Tu fais un tel bruit. Tu fus toujours méchant. Tu corromps les mœurs. » « C'est que vraiment c'est un besoin, Autrement on serait bien loin Pour d'œufs se satisfaire. » ”
“ LE CHAT ET LE RAT. Quatre animaux divers, le chat grippe-fromage, Triste oiseau le hibou, ronge-maille le rat, Dame belette au long corsage, Toutes gens d’esprit scélérat, Hantoient le tronc pourri d’un pin vieux et sauvage. Tant y furent, qu’un soir à l’entour de ce pin L’homme tendit ses rets. Le chat, de grand matin, Sort pour aller chercher sa proie. Les derniers traits de l’ombre empêchent qu’il ne voie Le filet: il y tombe en danger de mourir; 420 Et mon chat de crier, et le rat d’accourir: L’un plein de désespoir, et l’autre plein de joie ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1868
“ Le chat, avec ses yeux phosphoriques qui lui servent de lanternes et les étincelles jaillissant de son dos, hante sans peur les ténèbres, où il rencontre les fantômes errants, les sorcières, les alchimistes, les nécromanciens, les résurrectionistes, les amants, les filous, les assassins, les patrouilles grises et toutes ces larves obscures qui ne sortent et ne travaillent que la nuit. ”
Champfleury,
Les chats: Histoire; Moeurs; Observations…
“ La présence du chat dans les plus pauvres intérieurs, sa silhouette visible qui se profile à tout instant, la brièveté de son unique syllabe, facile à retenir, expliquent pourquoi l'animal joue un si grand rôle dans les impressions du jeune âge. ”
Arsène Houssaye,
Voyage à Venise
(1856)
“ Voilà un chat qui s' élance sur le bord de ma fenêtre et qui se tapit dans un coin . Le traître a l' air plus doux et plus affable qu' un courtisan . Le chat n' est pas un courtisan , c' est une noble bête qui a confiance en ses griffes , qui méprise souverainement les hommes , qui caresse sans amour la main qui le nourrit , qui déchire courageusement celle qui le blesse . ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1868
“ Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ; Retiens les griffes de ta patte, Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux, Mêlés de métal et d’agate. Lorsque mes doigts caressent à loisir Ta tête et ton dos élastique, Et que ma main s’enivre du plaisir De palper ton corps électrique, Je vois ma femme en esprit. Son regard, Comme le tien, aimable bête, Profond et froid, coupe et fend comme un dard, Et, des pieds jusques à la tête, Un air subtil, un dangereux parfum, Nagent autour de son corps brun. ”
Émile Laurent, La Poésie décadente devant la science psychiatrique
“ Le mot chat et tout ce qui touche aux chats revient sans cesse dans leur conversation ; avec des mignardises de petits vieux ils s’appellent mine, minon, minette. Le chat domine leur existence et les a mués en deux mères Michel. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Je devins aussi fier qu’un chat amadoué. On dit aussi, dès que les chats seront chauffés, pour dire, de bon matin. On dit d’un homme mal-propre, qu’il est propre comme une écuelle à chat. On dit encore : Il ne faut pas réveiller le chat qui dort, pour dire, qu’il faut laisser en repos ceux qui nous peuvent faire du mal. On dit acheter chat en poche, pour dire, acheter quelque chose dans la voir. On dit encore d’un homme qui parle franchement, & sans rien déguiser, qui nomme les choses par leur nom, qu’il appelle un chat, un chat. ”
Paul Éluard,
Les animaux et leurs hommes: Les hommes et leurs animaux
“ Pour ne poser qu'un doigt dessus Le chat est bien trop grosse bête. Sa queue rejoint sa tête, Il tourne dans ce cercle Et se répond à la caresse. Mais, la nuit, l'homme voit ses yeux Dont la pâleur est le seul don. Ils sont trop gros pour qu'il les cache Et trop lourds pour le vent perdu du rêve. Quand le chat danse C'est pour isoler sa prison Et quand il pense C'est jusqu'aux murs de ses yeux. ”
Antony Landes, Contes et légendes annamites
“ Un chat se mit à jouer avec le chapelet d’un bonze. Il se le passa autour du cou et s’accroupit. Vint une troupe de rats. Le premier dit à ses compagnons : « Le chat fait pénitence, il ne nous attaquera pas. Je vais passer devant lui pour voir. » ”
Anonymous, Le chat de la mère Michel: Complainte
“ «Garde-t'en bien, mon garçon; Ce bon chat, par sa présence, Des rats détruira l'engeance.» XXXVII Moumouth, car c'était lui-même, Dès lors est fort respecté; Mais le chat, comme nous, aime Avant tout la liberté. ”
Champfleury,
Les chats: Histoire; Moeurs; Observations…
“ Le chat, on doit le dire, parut à nos pères un animal plus bizarre que sympathique. On en a la preuve par sa fréquence sur les enseignes des marchands avec de singulières légendes, telles par exemple que la Maison du chat qui pelote. Le chat occupa une place considérable dans l'imagination des boutiquiers. ”
“ Je savais que mon chat était un chat remarquable dit-elle d’une voix perçante, mais je ne le croyais pas assez adroit pour ramasser les débris de mon plat, et les replacer sur la planche même d’où il l’avait fait tomber. ”
Marie-Catherine d’Aulnoy,
Contes de Madame d’Aulnoy
“ On voyait autour l’histoire des plus fameux chats : Rodilardus pendu par les pieds au conseil des rats, Chat botté, marquis de Carabas, le Chat qui écrit, la Chatte devenue femme, les Sorciers devenus chats, le Sabbat et toutes ses cérémonies ”
Louise Michel,
Mémoires de Louise Michel
“ Il paraît qu’à la barricade Perronnet, à Neuilly, j’ai couru avec trop de promptitude au secours d’un chat en péril. Eh bien ! oui, mais je n’ai pas pour cela abandonné mon devoir. La malheureuse bête, blottie dans un coin fouillé d’obus, appelait comme un être humain. Ma foi, oui ! je suis allée chercher le chat, mais cela n’a pas duré une minute ; je l’ai mis à peu près en sûreté là où il ne fallait qu’un pas. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ Le chat, lui, est dans son coin, dans sa fourrure, il a chaud, il est bien, il est seul ; il a la meilleure place au soleil, il ne dit rien. S’il s’absente une heure ou deux, c’est pour aller chasser dans le verger, chasser non en chien, mais en chat, non pour les autres, mais pour lui. Que voulez-vous ? La vie a des besoins misérables, il faut dîner tous les jours, et puis il est un peu gourmand, et puis un chat de basse-cour est un chat honorable et décent qui laisse les souris, fi donc ! ”
Hannon, [Mélanges d'histoire naturelle… (1858)
“ On y appelle un chat un chat. Les femmes et les filles sont chargées de l'accouplement des bestiaux, de la castration des volailles; elles rient à gorge déployée des plaisanteries des hommes et des gars, en font elles-mêmes de fort vives, et n'en sont pas, n'en restent pas moins sages. ”
Maurice Rollinat,
Les névroses : les âmes, les luxures…
(1883)
“ Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire Par son être magique où s'incarne le sphinx; Par le charme câlin de la lueur si claire Qui s'échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx, Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire. Femme, serpent, colombe et singe par la grâce, Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds; Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse, C'est la beauté plastique en robe de velours : ”
Jean-Henri Fabre,
Les Ravageurs
(1870)
“ Encore un an, et c’est un matou, qui guette patiemment les souris et se griffe sur les toits avec ses rivaux. Mais, mignonne créature entr’ouvrant à peine ses petits yeux bleus, gentil minet joueur, gros matou querelleur, le chat a toujours la forme de chat. ”
Ernest Bersot,
Ernest Bersot, fragments de ses lettres à sa famille…
(1913)
“ Comme je le disais à Collin, je crois, c'est un exercice de gymnastique fort salutaire. Autre mésaventure, on nous a servi un animal décoré du titre de lapin, on n'avait pas laissé les pattes garnies de leur poil; à peine ai-je eu sa chair sous la dent, je me suis mis à crier selon mon ancienne habitude : c'est un chat ! c'est un chat! et mes voisins ont dit : c'est un chat ! et tout le réfectoire à poursuivi : c'est un chat ! Il miaulait dans notre ventre. Aussi toutes les fois que nous entendons un chat miauler, nous nous figurons que c'est notre civet que le cuisinier prépare. ”
Champfleury,
Les chats: Histoire; Moeurs; Observations…
“ Plus nuisible à lui seul, chat, que les destructeurs de basse-cour, qui s'appellent fouine, belette ou loup, l'immense avantage du chat sur ces carnassiers est qu'il travaille en paix sans exciter de soupçons. ”
