“ Ne me parle pas du bal ni des filles à marier au bal ! Le bal est un théâtre pour elles. Au bal elles s’étalent à plaisir et se montrent dans leur beau une heure, pour être maussades le reste de leur vie. Ne me parle pas du bal ! Quant à chercher une femme, je n’ai pas besoin de mes yeux pour la trouver : quand je serai aveugle, je la verrai à sa main, à son pas léger, à sa voix surtout, à son visage s’il rougit sur mes lèvres, à son cœur s’il bat contre mon cœur, à son haleine, au parfum virginal de ses vêtements. ”
Bal
Définition et enjeux
Un bal est une assemblée de personnes réunies pour danser, tradition qui reflète l'évolution sociale et culturelle. Depuis le Moyen Âge, il a marqué les cérémonies de cour et les fêtes populaires, s'adaptant aux changements des normes de la danse.
Théophile Gautier, dans ses poésies, évoque le bal comme un lieu de rencontres et d'émotions, tandis que Delphine de Girardin met en avant son rôle social. Aujourd'hui, le bal connaît un regain d'intérêt en France, avec des événements contemporains qui réinventent cette tradition.
Citations sur le bal
Camille Henry, Une nouvelle Madeleine (1862)
“ Le monde, le bal reprenaient pour moi leur intérêt, leur attrait, non pas ce même plaisir qui m'attirait lorsque j'avais dix-huit ans, alors que j'aimais le bal pour la danse, pour cet entraînement, ce vertige des sens qui fait dans la jeunesse bondir le coeur au seul mot de bal, à la seule vue de la fleur et du ruban de la parure. ”
“ Le bal est si solitaire, sous ses yeux ; de brefs météores de parfums s’éveillent, jouent, paraissent, dansent, disparaissent, le bal a vers ses yeux tant d’allégresses, des masques sonorants se parent non pareils, paraissent, dansent, fléchissent, sous ses yeux. ”
Théophile Gautier,
Poésies complètes. 1, Premières poésies…
(1884-1885)
“ Certe, en mes jeunes ans, plus d'un bal doit éclore, Plein d'or et de flambeaux, de parfums et de bruit, Et mon cœur effeuillé peut refleurir encore; Mais ce ne sera pas mon bal de l'autre nuit. Car j'étais avec toi. Tous deux seuls dans la foule, Nous faisant dans notre âme une chaste oasis, Et, comme deux enfants au bord d'une eau qui coule, Voyant onder le bal, l'un contre l'autre assis. Je ne pouvais savoir, sous le satin du masque, De quelle passion ta figure vivait, Et ma pensée, au vol amoureux et fantasque, Réalisait en toi tout ce qu'elle rêvait. ”
“ Je m’approchai lentement, pour constater qu’un bal battait son plein. Contraste de la vie ! Ici, un cœur brisé par l’émotion ; là, la joie faisant vibrer les cœurs dans un tourbillon de danses plus ou moins recommandables et dans des enlacements plus ou moins irréprochables. ”
Michel Pallas, Les éphémères (1844)
“ Partez, joyeuse enfant, quand le bal vous appelle, Partez, enivrez-vous et de valse et d'amour ; Que l'ange du plaisir vous prenne sous son aile , Et, si vous m'en croyez , ne revenez qu'au jour. Comme s'ouvre une fleur aux rayons de l'aurore , Aux mille feux du bal va s'ouvrir votre coeur - En y songeant, déjà votre front se colore, Et votre doux sourire est empreint de bonheur. ”
Théophile Gautier,
Œuvres de Théophile Gautier
(1890)
“ O nuit ! sous ton manteau tout parsemé d'étoiles Cache tes bras de nacre au vent froid exposés. Le bal s'en va finir. Renouez, heures brunes, Sur vos fronts parfumés vos longs cheveux de jais. N'entendez-vous pas l'aube aux rumeurs importunes Qui halète à la porte et souffle son air frais ? Le bal est enterré. Cavaliers et danseuses, Sur la tombe du bal jetez à pleines mains Vos colliers défilés, vos parures soyeuses, Vos blancs camélias et vos pâles jasmins. Maintenant c'est le jour. La veille après le rêve, La prose après les vers : c'est le vide et l'ennui ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ Voilà à peu près comme l’on cause pendant qu’on est à la file, avant d’arriver à un grand bal. Le plaisir dérobé à la première fête est déjà bien loin lorsqu’on parvient à la seconde : les traits sont de nouveau attristés, la pâleur est revenue, le sourire s’est perdu ; on entre dans le bal sans joie, l’esprit préoccupé, le cœur serré, et l’on n’y trouve qu’un ennui inquiet. ”
Ernest de Limagne, Mosaïque : loisirs du grand monde (18..)
“ Un bal c'est, lorsque les bougies étincellent, la foule qui ondule, se presse, se heurte et s'entasse, collée en espalier ou formant une digue que renverse bientôt un océan de danseurs ; un bal, c'est un tourbillon de tissus plus légers que des ailes d'abeille; un bal, c'est pour les jeunes filles le succès, pour les jeunes femmes le triomphe et la jalousie, pour les jeunes gens l'espoir, pour les maris une corvée, pour quelques-uns du bruit. Mais un bal chez Strauss, c'est tout cela, et, de plus, la tarentule qui vous saute aux jambes et vous fait valser, polker et mazurker malgré vous. ”
“ C’était le bal de la nuit qui recommençait. Les gardiens de la paix, amusés, tapaient sur leurs cuisses, se tordaient. Et, fatigués d’avoir toute la nuit vu danser les autres, tous deux semblaient avoir des picotements dans les jambes. ”
Dominique Daveau, Un bal et une quête à la Cour… (1861)
“ Le bal resplendissait des plus vives couleurs : Des groupes ravissants de femmes , de danseurs, L'élite des grands noms de l'aristocratie, Pleins de charme , de tact, d'exquise courtoisie, Rappelaient en dansant, pour le plaisir des yeux , Tout ce que l'art d'Albane a de plus gracieux. Une femme surtout, aussi noble que belle, De celles que le ciel ici-bas nous révèle, Dont le cœur généreux, sous le chaume indigent, Répand sur chaque plaie un baume bienfaisant Qu'on nomme avec amour la charité chrétienne, Présidait à ce bal, sous les traits de la Reine. ”
Henriette d' Isle, Amours et amitiés parisiennes… (1881)
“ Le bal masqué, dans le monde, est vraiment le plus étourdissant des plaisirs. Il contient en germe toutes les passions chéries, tous les dangers aimés : le jeu, la chasse, la guerre, la diplomatie, l'amour. ”
Dominique Daveau, Un bal et une quête à la Cour… (1861)
“ Ainsi ton nom, rempli de grâce et de douceur, 0 Divine Charité, rayonnait; et ton cœur, Riche de tous les biens dont l'Esprit saint l'inonde, Répandait sur le bal sa lumière féconde. Oh ! que de pleurs amers saintement recueillis Par tes bienfaits pieux doivent être taris ! Que de pauvres, hélas ! sans appui sur la terre, Abrités par tes soins , trouveront une mère ! Le bal à ton contact se réjouit, pareil Au sillon qui s'entr'ouvre aux rayons du soleil, Et reçoit dans son sein l'abondante semence Qui fait naître en nos cœurs l'amour et l'espérance. ”
Adrien Mithouard, Récital mystique (1893)
“ Sans pitié vous et lui contemplâtes, Arrêtés dans le bal ondoyant, Ce morceau de mes chairs écarlates, Vous d'un regard glacé, lui d'un œil flamboyant. Je vous vis repartir dans la ronde Sur un air que rythmaient des sanglots, Et le bal tournait comme une fronde, Et mon cœur tournoyait avec vous dans ses flots. Le naïf! Il était de vos dupes. Vous valsiez : meurtri par votre essor, Il roulait sur les plis de vos jupes Et vous glissiez en paix sur les parquets, lacs d'or. ”
Désiré Tricot, Poésies d'un fantasque, par Désiré Tricot… (1845)
“ Tu diras, je le sais, qu'il est original De faire le prêcheur presqu'au sortir d'un bal, D'être à ce bal resté froid, taciturne, morne, A ma place fixé comme l'est une borne ; Tu te riras bien fort de mon air attristé Alors que j'aurais dû, par l'orchestre excité, M'enivrer de musique et de danse et de joie, Presser ton corps plus doux que ta robe de soie, Te glisser dans l'oreille un de ces doux propos Dont les femmes encor rêvent dans leur repos, Savourer, dans le vol de la valse rapide, Le parfum virginal de ton haleine humide, Jouir du bal enfin. ”
Arvède Barine,
Revue des Deux Mondes
“ Dans ses rêves juvéniles, le bal est l’endroit où les fils de rois deviennent amoureux des jolies filles pauvres. Tandis qu’assise dans les cendres, elle regarde le feu, des visions ignorées des siens passent devant ses yeux, des voix lui murmurent des choses qu’elle seule entend. ”
Jules Lecomte,
L'abordage : roman maritime. T. 2
(1836)
“ Un bal au milieu de l'Océan ! sur lés profondeurs de l'abîme des mers, un bal où les hommes croient au plaisir, lorsqu'à chaque moment, la voix sourde des lames et les sifflemens ironiques du vent dans les cordages peuvent produire un effrayant concert avec leurs menaçantes harmonies ! ”
Antoine Dilmans, Bianca Teobaldi, moeurs italiennes… (1842)
“ Et quand le bal touche à sa fin, sait-on quand l'ombre de la vie prosaïque s'étend comme un déluge jusqu'au seuil de la fêle, prête à geler sur le front du plaisir les gouttes de sueur de l'ivresse, oh ! ”
Amédée Achard,
Entre le bal et le berceau
(1879)
“ Les curieux arrivent en foule : les Parisiens viennent en famille assister au petit lever du bal : le père en paletot, sa femme et son parapluie sous le bras; la mère en vieux chapeau; la fille emmitouflée dans la pelisse ou le tartan des mauvais jours; le fils les joues rouges de plaisir et ouvrant de grands yeux tout étonnés. Ces honnêtes bourgeois, qui préludent aux joies du dimanche par une promenade nocturne, voient le bal masqué au niveau de l'asphalte. Ils font du passage de l'Opéra leurs loges d'avant-scène. ”
Auguste Brizeux,
Œuvres de Auguste Brizeux
“ Le bal au son lointain des cors, La table et les tendres accords, Tels sont les trois plaisirs du corps. Plaisirs du corps, plaisirs de l’âme, Et de l’esprit, tout nous réclame : Plongeons-nous dans leur triple flamme. ”
Fulgence Girard, Deux martyrs, par Fulgence Girard (1835)
“ Je viens au bal chercher quelque distraction à ma vie isolée et calme; je danse pour chercher des distractions à l'agitation constante du bal lui-même. Que faire au bal, d'ailleurs, à moins que l'on ne danse ? ”
Eugène Scribe,
Oeuvres illustrées de M. Eugène Scribe…
(1853-1857)
“ NÉRILHA, montrant le balai. Mais à danser seul il s'ennuie ! GULNARE. Et pour lui tenir compagnie. (A Nérilha.) De ton maître moi je convie Tout le mobilier à ce bal. (Elle agite la baguette, et tous les meubles de l'appartement, chaises, tables, et jusqu'à un grand buffet chargé d'assiettes, qui est au fond du théâtre., se mettent successivement à se mouvoir.) Ah! ah! déjà les voyez-vous? A ma voix ils répondent tous ! ENSEMBLE. O pouvoir magique! Effet diabolique ! Ce bal fantastique Les réunit tous!.. Oui, de la cadence, Suprême puissance; La nature danse, Danse comme nous ! ”
J. J. Grandville, Les fleurs animées - Tome 1
“ Ne nous conduis pas au bal, jeune fille.Mais, hélas! elle ne nous entend pas; nous entourons ses cheveux d’une fraîche guirlande, nous nous épanouissons sur son sein. Allons, il faut partir; nous sommes les fleurs du bal, les pauvres victimes des fêtes joyeuses.Nos feuilles seront arrachées une à une et on les foulera aux pieds; avant la fin du bal nous ne tiendrons plus à ces cheveux, cette ceinture nous laissera tomber. Demain, un grossier valet nous ramassera et nous jettera dans la rue. ”
Léon Duchemin, Nouveaux mémoires d'un décavé (1876)
“ Le bal d'hier était splendide. Les jolies, les spirituelles, les tringantes comédiennes sont accourues en foule, les âmes en brillantes toilettes de bal, les autres en costumes excentriques, pittoresques, propres à leur genre le beauté et rappelant les plus jolis rôles de leur ré-pertoire. C'est bien, cela, mesdames ! L'association lui soulage tant de misères cachées et d'infortunes intéressantes vous saura gré de ne pas vous être bornées, comme au temps jadis, à placer le plus de billets possible parmi vos connaissances, vos amis et les amis de vos amis. ”
“ Le bal est de la jeunesse. Les poètes, les vrais, font de l’art pour l’art. La jeunesse danse pour danser. Et dans l’univers entier il n’y a rien au-dessus de cette adorable extase ! — Nous le sauverons ! dit Marguerite. — Comme il est bien, ce soir, pauvre bon ami ! répliqua Nita. ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ Oh ! de grâce, point de bal d’étiquette, mais aussi point de bal sans façon ! Que nous avons l’esprit mal fait ! nous n’aimons pas que l’on soit en habit habillé, et nous n’aimons pas non plus que l’on se mette en pierrot. On nous répond que le bal du lundi gras était un tout petit bal intime. ”
“ À quelques semaines de là, nous reçûmes une invitation pour un grand bal que donnait la duchesse de G... C’est une importante affaire pour une jeune fille qu’un premier bal. La chose prenait pour moi d’autant plus d’intérêt qu’il était probable que vous assisteriez à cette fête, car la duchesse était fort de vos amies. Les bals sont nos batailles, perdues ou gagnées. ”
André Baillon, Histoire d’une Marie
“ Quand ils se présentèrent pour le bal, elle en chatouilla le nez du bonhomme à la caisse. — Turlu, turlu, turlu ! Au son du mirliton, voici un pâtre vert qui entre dans la salle. Puis : Oh ! tout ce monde qui s’écrasait là et semblait déjà fou ! On aurait dû venir plutôt. « Jamais je ne deviendrai si folle ! » On ne dansait pas ; on sautait. On sautait par couple ; on sautait par groupe ; ou, ce qui était plus gai, par longues chaînes en se tenant par la main. On s’embrassait beaucoup. Elle regarda. Le bal est une fête qui vous entre longuement par les yeux. ”
Victor Hugo,
Les enfants (Le livre des mères…
(1877)
“ Telle une double étoile au front des nuits scintille Sous les plis d'un nuage obscur. Tout en elle était danse, et rire, et folle joie. Enfant! — Nous l'admirions dans nos tristes loisirs! Car ce n'est point au bal que le coeur se déploie : La cendre y vole autour des tuniques de soie, L'ennui sombre autour des plaisirs. Mais elle, par la valse ou la ronde emportée, Volait, et revenait, et ne respirait pas, Et s'enivrait des sons de la flûte vantée, Des fleurs, des lustres d'or, de la fête enchantée, Du bruit des voix, du bruit des pas. ”
Anaïs Ségalas,
Femmes-Poëtes de la France
“ Puis, jetant tristement un coup d’œil aux miroirs, Posent les schalls épais sur les fraîches parures, Et les amples manteaux tout couverts de rayures, Avec les boas longs et noirs. Nous allons le quitter ce bal, mais son image Va nous suivre du moins. Comme dans un nuage, Ces rapides beautés, ces danseurs passagers, Pendant notre sommeil fécond en doux mensonges, Priant et voltigeant, vont passer dans nos songes Comme des fantômes légers. ”
J. Mestepès, Récréations et souvenirs d'un ancien fonctionnaire… (1882)
“ Un pittoresque bal Attire dans le bois la folâtre jeunesse, Qui danse avec bonheur, au son des instruments, S'y livre à divers jeux, ou de force ou d'adresse, En absorbant gâteaux et rafraîchissements. ”
Joris-Karl Huysmans,
Le Drageoir aux épices
(1874)
“ Tandis que je regardais de tous mes yeux et me demandais si j’allais entrer dans un bal ou dans un concert, je me sens frapper sur l’épaule et j’aperçois un mien ami, un peintre, à la recherche de types fantasques. Enchantés de nous retrouver, nous voguons de conserve, remontons la rue et entrons dans un bal. ”
Léon Pamphile LeMay, Les gouttelettes
“ Un jour sans volupté, c’est un jour que Dieu vole, Disent d’un ton hardi les jeunes libertins. Mais le vin et l’amour troublent plus d’une tête... Lorsque s’ouvre le bal bien des cœurs sont en fête, Quand le bal est fini bien des cœurs sont éteints ! ”
Dominique Daveau, Un bal et une quête à la Cour… (1861)
“ Non loin de ce tableau d'une tristesse amère, Le bal étincelait dans les flots de lumière. Là, tout s'embellissait dè riantes couleurs : La danse, ses attraits, les parures, les fleurs, L'éclat éblouissant des cristaux et des lustres, * La chaîne des danseurs parés de noms illustres. L'orchestre dont la voix, pleine d'accords puissants, Se rit de la fureur de l'orage et des vents ; Le luxe, le bon goût, la grâce, l'élégance, Tout ce qui plaît enfin par sa magnificence, Etalait un spectacle aussi beau qu'idéal, Quand le prêtre apparut à la porte du bal. ”
Edmond Robert, Petits mystères du quartier latin (1860)
“ Je commencerai par la femme de bal, ou plutôt je prendrai la femme au bal. C'est là que toute fille en quête d'un amant vient étaler ses atours, tendre ses filets et pêcher un homme. Pour voir le bal au complet, risquez-vous le soir, à la Closerie, à Mabille, au Château des Fleurs, que peuplent régulièrement les femmes et que visitent tour à tour les étudiants riches d'amour et de loisirs dorés. ”
Alfred de Vigny,
Poëmes. Héléna,
“ Cette douleur secrète, errante dans ses yeux. N’a pas déconcerté l’abord mystérieux ; Elles ont supplié ; puis, s’aidant d’un sourire, Elles ont dit : « Les vers ont sur nous tant d’empire ! « Ils manquaient à la fête, et le bal les attend. » Le sujet est donné, c'est la danse ; on entend : Courez, jeunes beautés, formez la double danse : Entendez-vous l’archet du bal joyeux, Jeunes beautés ? Bientôt la légère cadence Toutes va, tout à coup, vous mêler à mes yeux. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo
“ POUR LES PAUVRES.Qui donne au pauvre prête à Dieu.V. H. Dans vos fêtes d’hiver, riches, heureux du monde, Quand le bal tournoyant de ses feux vous inonde, Quand partout à l’entour de vos pas vous voyez Briller et rayonner cristaux, miroirs, balustres, Candélabres ardents, cercle étoilé des lustres, Et la danse, et la joie au front des conviés ; Tandis qu’un timbre d’or sonnant dans vos demeures Vous change en joyeux chant la voix grave des heures, Oh ! songez-vous parfois que, de faim dévoré, Peut-être un indigent dans les carrefours sombres S’arrête, et voit danser vos lumineuses ombres ”
