Alfred de Vigny

Alfred de Vigny

Résumé

Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Poëmes. Héléna,

N’es-tu pas, Lesbienne, à Lesbos étrangère ?
Athène a vu long-temps s’accroître ta beauté ;
Et depuis que trois fois t’éclaira son été,
Ton front s’est élevé jusqu’au front de ta mère ;
Ici, loin des chagrins de ton enfance amère,
Les Muses t’ont souri. Les doux chants de ta voix
Sont nés Athéniens ; c’est ici, sous nos bois,
Que l’amour t’enseigna le joug que tu m’imposes ;
Pour toi, mon seuil joyeux s’est revêtu de roses.
Tu pars ; et cependant m’as-tu toujours haï,
Symétha ? Non, ton cœur quelquefois s’est trahi
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Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Poëmes. Héléna,

« Et les Grecs s’écrieront : « Voyez, c’est la plus belle,
« C’est la belle Héléna qui, pieuse et fidèle,
« Pour sa patrie et Dieu, sacrifiant son cœur,
« Devait périr, ou vivre avec Mora vainqueur !
« Et le voici : c’est lui dont la main vengeresse
« Brisa le premier nœud des chaînes de la Grèce,
« Et pliant sous sa loi les corsaires domptés,
« Apprit à leurs vaisseaux des flots inusités. »
Ainsi loin de la foule émue et turbulente,
Auprès de cette mer à la vague indolente
Rêvait le jeune Grec, et son front incliné
De cheveux blonds flottants pâlissait couronné.
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Portrait de Alfred de Vigny Alfred de Vigny Poëmes. Héléna,

Tel sous un pâle front que la fièvre ravage,
D’une Vierge qui meurt, l’amour vient ranimer
Les lèvres que bientôt la mort doit refermer.
Mais depuis peu de jours, loin des fêtes nocturnes,
On a vu s’écarter, graves et taciturnes,
Sous les verts oliviers qui ceignent les vallons,
Des Grecs dont les discours étaient secrets et longs.
Ils regrettaient, dit-on, la liberté chérie,
Car on surprit souvent le mot seul de patrie
Sortir avec éclat du sein de leurs propos,
Comme un beau son, des nuits enchante le repos.
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