Alfred de Vigny,
Poëmes. Héléna,
“ N’es-tu pas, Lesbienne, à Lesbos étrangère ? Athène a vu long-temps s’accroître ta beauté ; Et depuis que trois fois t’éclaira son été, Ton front s’est élevé jusqu’au front de ta mère ; Ici, loin des chagrins de ton enfance amère, Les Muses t’ont souri. Les doux chants de ta voix Sont nés Athéniens ; c’est ici, sous nos bois, Que l’amour t’enseigna le joug que tu m’imposes ; Pour toi, mon seuil joyeux s’est revêtu de roses. Tu pars ; et cependant m’as-tu toujours haï, Symétha ? Non, ton cœur quelquefois s’est trahi ”
