Théodore de Banville,
Le Sang de la coupe
“ Heureuse, et frappant l’herbe avec mes pieds divins, J’ai, la robe flottante et le front ceint de lierre, Conduit sous ces grands bois ma danse régulière. Puisque je veille ainsi, comme sur des trésors, Sur ta calme beauté, dors, ô bel enfant ! dors. Que le vague Morphée en songe t’émerveille ! Mais sa paupière s’ouvre, ô mes sœurs, il s’éveille : Comme au sortir d’un rêve, il pâlit, et ses yeux, Levés languissamment vers l’abîme des cieux, Semblent y contempler des formes inconnues. Quels chars éblouissants sortent du sein des nues ? Quelles divinités quittent le ciel serein ? ”
