Théophile Gautier

Théophile Gautier

Résumé

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier La Comédie de la Mort

C'est l'aube de la vie et votre jour commence;
Le ciel est bleu, le soleil luit.
La route de ce monde est pour vous une allée
Comme celle d'un parc, pleine d'ombre et sablée;
Marchez où le temps vous conduit.
Que voulez-vous de plus, tout vous rit, l'on vous aime:
Oh! vous avez raison, je me le dis moi-même,
L'avenir devrait m'être cher;
Mais c'est en vain, hélas! que votre voix m'exhorte;
Je rêve, et mon baiser à votre front avorte,
Et je me sens le coeur amer.
LA CHANSON DE MIGNON. Ange de poésie, ô vierge blanche et blonde,
Tu me veux donc quitter et courir par le monde
Source : Gutenberg

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier La Comédie de la Mort

Et mon ange gardien, quand vint cette pensée,
De son bouclier d'or ne l'a pas repoussée.
C'est l'heure de l'extase où Dieu se laisse voir,
L'Angelus éploré tinte aux cloches du soir;
Comme aux bras de l'amant, une vierge pâmée,
L'encensoir d'or exhale une haleine embaumée;
La voix du jour s'éteint, les reflets des vitraux,
Comme des feux follets, passent sur les tombeaux,
Et l'on entend courir, sous les ogives frêles,
Un bruit confus de voix et de battements d'ailes;
La foi descend des cieux avec l'obscurité;
L'orgue vibre; l'écho répond: Eternité!
Source : Gutenberg

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier La Comédie de la Mort (1838)

Ô frère, dis-le-moi, peux-tu me reconnaître
Dans ce crâne hideux ?
Car je n’ai rien parmi ces plâtres et ces masques,
Tous ces crânes luisants, polis comme des casques,
Qui me distingue d’eux.
Et pourtant c’est bien moi ! Moi, le divin jeune homme,
Le roi de la beauté, la lumière de Rome,
Le Raphaël d’Urbin !
L’enfant aux cheveux bruns qu’on voit aux galeries,
Mollement accoudé, suivre ses rêveries,
La tête dans sa main.
Ô ma Fornarina ! ma blanche bien aimée,
Toi qui dans un baiser pris mon âme pâmée
Pour la remettre au ciel
Source : Wikisource

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