“ Le gouffre, l’infini plein d’un vague courroux, Ce damné tombant là ? Vous représentez-vous L’ouverture des mains terribles dans l’abîme ? Horreur ! l’homme interrompt le silence sublime, Lui que Dieu mit sur terre afin qu’il attendît. La justice d’en bas prend la parole et dit : Ô justice d’en haut, c’est moi qui suis la vraie ! Fils, croyez un vieillard, nous sommes tous l’ivraie. À peine aperçoit-on la faulx ; quant à la main, Cachée en ce lieu noir qu’on appelle Demain, Nous ne la voyons pas. Elle frappe à son heure. Tuer cet homme ! ô ciel ! il me fait peur. Je pleure. ”
Gouffre
Définition et enjeux
Un gouffre désigne une cavité souterraine verticale, souvent d'origine karstique, contrairement aux grottes horizontales. Symbole de péril ou d'inconnu, il suscite des méditations profondes chez les auteurs. Victor Hugo l'utilise pour exprimer l'angoisse existentielle, comme dans Le Pape, où il oppose la justice divine à la souffrance humaine.
Épictète, dans Manuel d’Épictète, le présente comme un abîme menaçant, tandis qu’Édouard-Alfred Martel a rendu populaire le terme « aven » en spéléologie. Explorés par les spéléologues, les gouffres révèlent à la fois des réalités géologiques et des métaphores universelles de l'humanité.
Citations sur “gouffre”
Victor de Laprade,
Revue des Deux Mondes
“ Frapper ton front, tes mains comme un homme qui souffre, Et parfois te pencher sur le bord de ce gouffre. J’accours ; te voilà pâle, immobile, égaré, Et je vois dans tes yeux qu’ils ont beaucoup pleuré. ”
Victor Hugo,
L’Année terrible
(1872)
“ J'ai sur votre berceau fragile et triomphant Chanté mon chant d'aurore; et le vent de l'abîme Depuis nous a jetés chacun sur une cime, Car le malheur, lieu sombre où le sort nous admet, Étant battu de coups de foudre, est un sommet. Le gouffre est entre nous comme entre les deux pôles. Vous avez le manteau de roi sur les épaules Et dans la main le sceptre, éblouissant jadis; Moi j'ai des cheveux blancs au front, et je vous dis : C'est bien. L'homme est viril et fort qui se décide A changer sa fin triste en un fier suicide ”
“ Le gouffre est là... D’un cri, d’un geste, il peut encore en ouvrir les profondeurs, d’un mouvement y précipiter ses affections, il tuera, il égorgera l’amour que les deux enfants vont meurtrir seulement... ”
Victor Hugo,
Les Années funestes
“ Les déclamations ne prouvent rien ; soyons Impartiaux ; cette ombre est-elle sans rayons ? Vous passez votre à dire que l’on souffre Partout, et que partout on pleure, et qu’en un gouffre On gémit, comme un tas d’affamés sur l’écueil, Et vous criez : Tout est misère et tout est deuil Tout est misère et deuil ? ”
Romain Coolus,
Exodes et ballades
(1937)
“ Elle râle, elle gémit Et meurt bien plus qu'à demi. Son visage, dans les affres, Prend des expressions cafres Et son œil vertigineux En devient presque haineux. C'est qu'elle est au fond du gouffre Et que, victime, elle souffre. ”
Georges Eekhoud,
Myrtes et Cyprès
“ Des abîmes que l’on ne sonde Qu’au péril des joies et des ris. Mais, au fond de ce vaste gouffre Où succombe le genre humain, Ma voix sanglote en vain... Je souffre... Le passant poursuit son chemin. ”
Victor Hugo,
Les rayons et les ombres
(1885)
“ Prêts à se perdre au fond d'un gouffre de douleurs, Le père dans le crime et les filles ailleurs. Comme des voyageurs, lorsque la nuit les gagne, Vont s'appelant l'un l'autre aux flancs de la montagne, Au penchant de l'abîme et rampant à genoux, Ils ont crié vers moi ; moi, j'ai crié vers vous. Je vous ai dit : — Voici, tout près du précipice, Des malheureux perdus dont le pied tremble et glisse ! ”
“ Toujours entraîné, tu approches du gouffre affreux : déjà tout commence à s’effacer, les jardins moins fleuris, les fleurs moins brillantes, leurs couleurs moins vives, les prairies moins riantes, les eaux moins claires : tout se ternit, tout s’efface. L’ombre de la mort se présente ; on commence à sentir l’approche du gouffre fatal. Mais il faut aller sur le bord. Encore un pas : déjà l’horreur trouble les sens, la tête tourne, les yeux s’égarent. ”
Edouard Pollet, Harmonies du coeur, ou Deux épreuves de l'amour (1847)
“ Dans un délire sombre , J'étais le frêle esquif qui s'élance et qui sombre Dans un gouffre irrité. J'étais le malheureux broyé sous la torture, Broyé sous les tourments que le pécheur endure Dans son éternité. Quelle horreur! m'exaltant aux cris de ma souffrance, Je maudissais le jour, je maudissais la huit ; Je maudissais la paix, le calme, le silence, Le tumulte et le bruit ; Je maudissais la Terre et tout ce qui respire, Le Bonheur qui jouit, le Malheur qui soupire, La Paresse qui dort ”
“ Dans on ne sait quel gouffre expirent à la fois. Dans l’effrayant brasier sait-on de quelles voix Se compose le cri du bœuf d’airain qui beugle ? La mort sourde, ô terreur, fauche la foule aveugle. ”
Anna de Noailles,
Les Éblouissements
“ Quand, empli de tendre épouvante, On est une tombe vivante Où git, puissant, continuel, Un dieu sensible et sensuel, Quand le regard est comme un gouffre, Et quand c’est tout le sang qui souffre ?... ”
Victor Hugo,
Châtiments
(1872)
“ Et s'ils pleurent, si les tortures Font fléchir ces hautes natures, N'est-ce pas toi, gouffre exécré, Qui te mêles à leur supplice, Et qui, de ta rumeur complice, Couvres leur cri désespéré ! VIII Voilà ce qu'on a vu ! l'histoire le raconte, Et, lorsqu'elle a fini, pleure, rouge de honte. LES CHATIMENTS. 13 Quand se réveillera la grande nation, Quand viendra le moment de l'expiation, Glaive des jours sanglants, oh! ne sors pas de l'ombre! Non ! non ! il n'est pas vrai qu'en plus d'une âme sombre Pour châtier ce traître et cet homme de nuit, A cette heure, ô douleur ! ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Ô gouffre! l'âme plonge et rapporte le doute.Nous entendons sur nous les heures, goutte à goutte, Tomber comme l'eau sur les plombs;L'homme est brumeux, le monde est noir, le ciel est sombre;Les formes de la nuit vont et viennent dans l'ombre; Et nous, pâles, nous contemplons. ”
Vittorio Giavi, Les Horizons voilés, nouvelles poésies… (1892)
“ Quand notre esprit à soif, Dieu lui dit : Bois tes pleurs ! Et le voue à la ronce en lui montrant des fleurs ! Le sort enfermant l'homme en un cercle de crime, Sois bourreau, lui dit-il, ou tu seras victime ! Et pourtant on nous crie : A genoux et croyez ! Baisez votre fléau, coeurs saignants et broyés ! Que vient-on faire ici ? Ces flots de chair qui souffre Et que le temps sans cesse entraîne vers le gouffre, Servent-ils d'aliment au prince des enfers, A quelque noir gosier béant sous l'Univers ? ”
Victor Hugo,
L’Art d’être grand-père
(1878)
“ Le gouffre, le serpent tordu comme un tourment, L'affreux dragon, l'onagre inepte, la panthère, Le chacal abhorré des spectres, qu'il déterre, Le gorille, fantôme et tigre, et ces bandits, Les loups, et les grands lynx qui tutoyaient jadis Les prophètes sacrés accoudés sur des bibles; Et, pendant que ce tas de prisonniers terribles Gronde, l'un vil forçat, l'autre arrogant proscrit, Que fait le groupe rose et charmant? Il sourit. L'abîme est là qui gronde et les enfants sourient. ”
“ Je veux tout, je prends tout ! j’ai tout ! — le gouffre fait cette réponse terrible : Nihil. Et aujourd’hui nous assistons à la lutte épouvantable de ce Rien avec ce Tout. (Sensation.) Spectacle digne de méditation ! le néant engendrant le chaos. La question sociale n’a jamais été posée d’une façon si tragique, mais la fureur n’est pas une solution. Aussi espérons-nous que le vaste souffle du dix-neuvième siècle se fera sentir jusque dans ces régions lointaines, et substituera à la convulsion belliqueuse la conclusion pacifique. ”
Ferdinand Dugué,
Le Vol des heures, poésies, par Ferdinand Dugué…
(1839)
“ Les corps ont perdu la pudeur, Les âmes ne savent plus croire, Les familles n'ont plus d'honneur, Les nations n'ont plus de gloire ! L'homme ainsi que l'humanité, Dans la campagne ou la cité, Tout ce qui vit sanglotte et souffre ! Vers le ciel qui paraît désert Les plaintes montent en concert De toutes les vagues du gouffre!... III. Devant des maux pareils, comment donc ai-je osé Parler de mes chagrins, dire mon coeur brisé? Mes plus grandes douleurs ne sont que des chimères ! Nous sommes donc perdus si l'on voit aujourd'hui ”
Victor Hugo,
Ruy Blas
(1838)
“ vous êtes un homme effrayant. Mes genoux Tremblent... Vous m’entraînez vers un gouffre invisible. Oh ! je sens que je suis dans une main terrible ! Vous avez des projets monstrueux. J’entrevoi Quelque chose d’horrible... — Ayez pitié de moi. Il faut que je vous dise, hélas ! jugez vous-même ! — Vous ne le saviez pas ! cette femme, je l’aime ! ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo
(1880)
“ Ténèbres, clartés, gouffre. Et puis après? Toujours. Phtos voit l’énigme; il voit le fond, il voit la cime. Il sent en lui la joie obscure de l’abîme; Il subit, accablé de soleils et de cieux, L’inexprimable horreur des lieux prodigieux. 121 Il regarde, éperdu, le vrai, ce précipice. Évidence sans borne, ou fatale, ou propice! O stupeur! il finit par distinguer, au fond De ce gouffre où le jour avec la nuit se fond, A travers l’épaisseur d’une brume éternelle, Dans on ne sait quelle ombre énorme, une prunelle! * Cependant sur le haut de l’Olympe on riait ”
Victor Hugo,
Les Travailleurs de la mer
“ Lui, avec sa barque, avec la machine de la Durande, avec toute sa peine, avec toute sa réussite, avec tout son courage, il appartenait au gouffre. Il n’avait plus de ressource de lutte ; il devenait passif. ”
Paul Perret,
L'Amour éternel, par Paul Perret
(1868)
“ Un ressac soudain dans le gouffre, une roche aux mille pointes aiguës les soulève et les déchire. Ainsi delà vie humaine : une grande douleur, une conviction forte, une passion menacée, changent, refont et rehaussent les coeurs, jusqu'à ce qu'elles les brisent. ”
John Milton,
Le Paradis perdu
(1667)
“ Ni l’enfer ne peut nous retenir plus longtemps dans ses limites, ni ce gouffre obscur et impraticable nous empêcher de suivre ton illustre trace. Tu as achevé notre liberté : confinés jusqu’à présent au-dedans des portes de l’enfer, tu nous as donné la force de bâtir ainsi au loin, et de surcharger de cet énorme pont le sombre abîme. ”
Gustave Aimard,
Le Grand Chef des Aucas
“ Parfois, une pierre à demi-écrasée sous le sabot d’une mule, se détachait, roulait avec un bruit sinistre sur le flanc de la montagne, et allait s’engloutir dans le gouffre avec un grondement lugubre qui montait de l’abîme. ”
Charles Baudelaire,
Fleurs du mal. 27 compositions par Georges Rochegrosse…
(1910)
“ J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime, Du fond du gouffre obscur où mon cœur est tombé. C'est un univers morne à l'horizon plombé, Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème ; ”
“ Dans la femme, et qui font croître en l’homme la honte ? Et si je plonge au bas du gouffre, ou si je monte Dans ce faux éiel béat bâillant plus qu’il ne rit, Que veux-tu que je pense, homme, quand mon esprit, Comparant le démon rampant que l’enfer noie, Et l’ange coassant dans son marais de joie, Va de ce saurien à ce batracien ? CXXII La souffrance, géante et spectreCXXII La souffrance, géante et spectre La souffrance, géante et spectre, sur le monde Se dresse ; un long cri sort de sa bouche profonde Et remplit l’infini mystérieux et sourd. ”
Dante Alighieri,
L’Enfer
(1785)
“ Quand une âme furieuse a rejeté sa dépouille sanglante, le juge des Enfers la précipite au septième gouffre : elle tombe dans la forêt, au hasard ; et telle qu’une semence que la terre a reçue, elle germe et croît sous une forme étrangère. Arbuste naissant, elle se couvre de rameaux et de feuilles que les harpies lui arrachent sans cesse, ouvrant ainsi à la douleur et aux cris des voies toujours nouvelles. ”
Dante Alighieri,
La Divine Comédie
“ Cette mort future, prédite en la région des ombres, a, dans la peinture qu’en fait le Poëte, quelque chose du rêve, et n’en est que plus terrible. On est à la fois sur la terre, en enfer ; on voit passer comme deux fantômes la cavale et celui qu’elle traîne ; on entend le galop précipité de la bête, qui va toujours, toujours plus vite, emportant le damné vers la vallée où ne s’efface nulle coulpe. Là reste le corps hideusement broyé, et l’âme s’abîme dans le gouffre éternel. ”
Renée Vivien,
À l’heure des mains jointes
“ Venez, nous errerons tous trois sous la rafale... Les gouffres lanceront vers nous leurs noirs appels. Nous passerons, ô mes compagnons éternels ! L’éclair nous épouvante et la nuit nous désole... ”
“ Il releva ceux qui étaient abattus, et comme une horde de boucs, ou un troupeau timide pressé ensemble, il les chasse devant lui foudroyé par les Terreurs et les Furies, jusqu'aux limites et à la muraille de cristal du ciel. Le ciel s'ouvre, se roule en dedans, et laisse à découvert par une brèche spacieuse l'abîme dévasté. Cette vue monstrueuse les frappe d'horreur; ils reculent, mais une horreur bien plus grande les repousse: tête baissée, ils se jettent eux-mêmes en bas du bord du ciel: la colère éternelle brûle après eux dans le gouffre sans fond. ”
Octave Mirbeau,
Le Jardin des supplices
(1902)
“ Là où vous allez, il y a encore plus de douleurs, plus de supplices, plus de sang qui coule et s'égoutte à travers le sol... plus de corps tordus, déchirés, râlant sur les tables de fer... plus de chairs hachées qui se balancent à la corde des gibets... plus d'épouvante et plus d'enfer... Allez, mes amours, allez, lèvres contre lèvres et la main dans la main. Et regardez entre les feuillages et les treillages, regardez se développer l'infernal diorama et la diabolique fête de la mort. ”
Charles Le Goffic,
Poésies complètes
“ « Mais nous qui n’avons plus que nos yeux pour pleurer, Nous qu’une fois tous les sept ans on voit errer Sur l’abîme, perdant notre âme goutte à goutte, Nos prières ne montent pas jusqu’à Jésus, Et maudits sont les flancs dont nous sommes issus, Parce qu’aucune main ne nous versa l’absoute... » Ils disaient, et nos cœurs s’emplissaient de remords. ”
Chéri Allais, Poésies de coeur et d'enfance, par Chéri Allais… (1879)
“ Plus de repos ! plus rien ! que le souci rongeur Qui couvrira , parfois , d'une faible rougeur Les traits décolorés de ta face blêmie ! La souffrance , souvent, suit de près l'infamie. Tes doigts se crisperont sur ta poitrine en feu ; Tour à tour , blasphémant, et puis invoquant Dieu Tu te reconnaîtras au milieu des tortures , La plus vile parmi les viles créatures ! Tordue et déchirée aux griffes des remords Tu ne pourras mourir sans souffrir mille morts ; Une voix incessante, en ton coeur , en ton âme, Te criera nuit et jour : Infâme ! ”
“ C’est dans ce moment-là qu’un cri échappe à la poitrine d’un jeune homme, à ses entrailles, à son cœur, à son âme, un cri de pitié, un cri d’angoisse, un cri d’horreur, un cri d’humanité ; et ce cri, vous le puniriez ! Et, en présence des épouvantables faits que je viens de remettre sous vos yeux, vous diriez à la guillotine : Tu as raison ! et vous diriez à la pitié, à la sainte pitié : Tu as tort ! Cela n’est pas possible, messieurs les jurés. ”
Charles Le Goffic,
Poésies complètes
“ Mais je sens qu’aux mêmes heures Un remords trouble toujours Nos caresses les meilleures. Et je t’ai fait cet aveu, L’âme d’angoisse envahie, Pour que nous pleurions un peu Sur l’enfant que j’ai trahie. ”
Ernest Legouvé,
Soixante ans de souvenirs
“ Vous savez quelles souffrances horribles ont été les siennes. Je voudrais le peindre d’abord sous le coup de ces tortures, descendant pour ainsi dire un à un tous les cercles de l’enfer, tombant par degrés de la douleur physique à la douleur morale, de l’abattement au désespoir, du désespoir à la rage, de la rage au blasphème ”
Germain Nouveau,
Poésies d’Humilis et vers inédits
“ Appelez-vous au loin, pour nos bras en détresse, L’appui d’un bras fort et vengeur ?... Qui vous apprit ainsi le secret de nos peines, Que vous les formulez avec des voix humaines ? Vous geignez, gémissez, râlez comme un mourant, Hurlez dans la fureur d’une rage insensée, Tremblez comme une aile blessée ; Puis soudain mugissez en un souille puissant, Souffle prodigieux qui vous fait reconnaître, Qui courbe tout où vous passez. ”
François Béroalde de Verville , D’un triste desespoir ma vie je bourrelle
“ Seront justes tesmoins du malheur que j’endure, Mes cris remplis d’effroy petits corps deviendront, Qui soin, mort, craint, horreur aux hommes montreront Tant que je trameray ma cruelle avanture. Le ciel seche mes pleurs, humecté mes soupirs, Mes cris sont emportez sur l’aisle des zephirs, Et je lamente en vain en ma peyne ennuyeuse, Pourquoi par mon soucy me rends-je furieux ? Las ! pourquoi tant de pleurs escoulent de mes yeux Si je ne rends par eux ma fortune piteuse ? ”
“ Les deuils que nous pleurions et que nous attestions, La vérité, l’erreur, les hommes téméraires, Les femmes qui suivaient leurs maris ou leurs frères, L’enfant qui remua follement le pavé, Et faire signe aux vents, et croire tout sauvé Parce que sur nos maux, nos pleurs, nos inclémences, On a fait travailler ces balayeurs immenses ! Eh bien, que voulez-vous que je vous dise, moi ! Vous avez tort. J’entends les cris, je vois l’effroi, L’horreur, le sang, la mer, les fosses, les mitrailles, Je blâme. Est-ce ma faute enfin ? j’ai des entrailles. ”
