François Béroalde de Verville 

Élements biographiques

François Béroalde de Verville  De mille coups mortels mon ame martiree

Quoy que cent traits mortels d’une horreur effroyable
Tourmentent en mon sang, ma vie miserable,
Que je n’ose esperer en ma fidelité,
Votre sage vertu dans mon cœur imprimee
Y sera sans changer saintement engravee,
Autant que dans le Ciel sera l’eternité.
Et quand nous ne voudriez en une amour commune,
Passer avecque moy nostre heureuse fortune,
Si est-ce que j’aurois du bien en mon soucy :
Car ce m’est beaucoup d’heur, que le Ciel ne permette
De vous oser aymer, & que hardy je mette
En un si beau sujet, ce que j’espere icy.
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François Béroalde de Verville  D’un triste desespoir ma vie je bourrelle

Seront justes tesmoins du malheur que j’endure,
Mes cris remplis d’effroy petits corps deviendront,
Qui soin, mort, craint, horreur aux hommes montreront
Tant que je trameray ma cruelle avanture.
Le ciel seche mes pleurs, humecté mes soupirs,
Mes cris sont emportez sur l’aisle des zephirs,
Et je lamente en vain en ma peyne ennuyeuse,
Pourquoi par mon soucy me rends-je furieux ?
Las ! pourquoi tant de pleurs escoulent de mes yeux
Si je ne rends par eux ma fortune piteuse ?
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