Jos Parker, Les Poètes du terroir
“ Ah ! qu’est-il de plus triste, en la saison d’automne. Que de vous voir joncher la terre de vos corps. Tandis que, sous le ciel humide et monotone, Les bois silencieux semblent pleurer leurs morts ! ”
Une saison correspond à une période de l'année caractérisée par une stabilité climatique relativement constante, déterminée par l'inclinaison de l'axe terrestre et le mouvement orbital autour du Soleil. Historiquement, les saisons ont été définies de façons diverses selon les cultures, allant de deux à six divisions, comme chez les anciens Égyptiens ou les Chinois.
Des auteurs tels que Jos Parker et Henri Duclos ont analysé leurs connotations émotionnelles et symboliques, décrivant l'automne comme une période de mélancolie ou l'hiver comme un instant de réflexion. À la fois astronomiques et culturelles, les saisons ont une influence profonde sur les écosystèmes et les comportements humains, soulignant leur importance centrale dans la perception du temps et des cycles naturels.
Jos Parker, Les Poètes du terroir
“ Ah ! qu’est-il de plus triste, en la saison d’automne. Que de vous voir joncher la terre de vos corps. Tandis que, sous le ciel humide et monotone, Les bois silencieux semblent pleurer leurs morts ! ”
Henri Duclos,
Voyage à travers les malentendus…
(1859)
“ La Saison d'hiver vient humblement glaner les rares instants de ces lecteurs attardés qui, dans les courtes et tumultueuses journées, sentent aussi le besoin d'un livre qui leur parle de choses sérieuses et de leur àme. La Belle Saison à la campagne fait s'épanouir la pensée chrétienne au milieu des champs, des fleurs, de la vie en plein air dans la belle nature. La Saison d'hiver prend l'homme aux heures méditatives du soir ou des sombres journées, quand la pluie, la neige et le macadam en dissolution rendent nos rues impraticables. ”
Auguste de Vaucelle, Cîmes et vallons, poésies (1865)
“ Vous donnez un regret et l'adieu de vos pleurs. Pour vous l'hiver n'est pas la saison langoureuse Où les nuits ont l'éclat du jour oriental, Où la valse s'enlace à l'intrigue amoureuse, Et tournoie aux clartés des soleils de cristal. L'hiver pour vous, madame, est la saison austère, Où la vie est clouée aux ennuis du foyer, Où, l'aile embarrassée aux ronces de la terre, Votre rêve au ciel bleu ne peut se déployer. Et, renfermée eu soi comme la fleur craintive Qu'un tiède abri défend contre l'âpre saison ; Dans un morne repos votre âme attend, captive, Le retour du soleil et de la floraison. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ J'aime au printemps, saison douce, animée, Saison des nids, des suaves senteurs, Aller le long de la verte ramée Ouïr les voix de gais oiseaux chanteurs. J'aime au printemps, saison douce, animée, A m'attarder dans la plaine embaumée Toute alors d'attraits séducteurs. II J'aime en été, souriant la nature, Quand du soleil sont ardents les rayons, A rencontrer, marchant à l'aventure, Chemins ombreux au frais où nous soyons. J'aime en été, souriant la nature, Voir les enfants courir à la capture , De diaphanes papillons. ”
“ Même travail alors, même mouvement, dans une saison plus chaude, sous un soleil plus cru:—des vents violents alternant avec des calmes plats, des midis accablants, des nuits belles comme des aurores, et l'irritante électricité des jours orageux. Moins d'ivresse avec plus d'abondance, des monceaux de gerbes tombant sur une terre lasse de produire et consumée de soleil: voilà l'été. Vous connaissez l'automne dans nos pays, c'est la saison bénie. ”
Rabîndranâth Tagore,
Le Jardinier d’amour
“ Car les jours de printemps reviennent saison après saison ; la lune nous quitte pour nous rendre à nouveau visite ; les fleurs sur les branches s’épanouissent à chaque nouvelle année. Il est probable que mon adieu aussi n’est qu’un au revoir. ”
Caroline Normand, Souvenirs et pensées d'une jeune fille (1863)
“ En écoutant ces chants naïfs des vendangeurs, on oublie l'hiver et les frimas qui s'approchent; et puis les teintes de pourpre et d'or qui se mêlent à l'émeraude du feuillage, les brouillards du matin qui, à l'heure où le soleil les dissipe, se transforment en nuages légers et transparents, et vont, sous le souffle du vent, voiler l'éclat du ciel : tout cela est encore un charme de l'automne qui se sent mieux qu'il ne s'exprime. Oh ! oui, chaque saison a ses avantages particuliers. ”
Ernest La Jeunesse,
L'Holocauste: Roman Contemporain
“ C’est la saison exquise où les forêts s’entr’ouvrant à peine et s’entr’ouvrant pourtant, se laissent violer doucement, à demi, et se font intimes, odorantes et charmantes pour ceux et celles qui veulent se risquer parmi elles en pèlerins, en flâneurs, en amants; c’est la saison où la mer berce en elle le soleil, la lune et les cieux, se joue avec les bras et les bouches des femmes ”
Antoine Gérin-Lajoie,
Jean Rivard, le défricheur
“ Le retour de la belle saison fit éprouver à notre héros qui, comme on le sait déjà, ne pouvait rester sans émotion devant les sublimes beautés de la nature, de bien douces jouissances. Le printemps est beau et intéressant partout, à la ville comme à la campagne, mais nulle part peut-être plus que dans les bois. ”
Marguerite Coleman, Les jardins de Paris (1929)
“ C'est dans ses solitudes profondes qu'il vient puiser l'inspiration créatrice de son rêve. Chaque saison y apporte son charme particulier, sa nuance favorite. Au printemps, c'est un immense fourré de verdure et de fleurs. ”
Maurice Renard,
Le Carnaval du mystère
“ Dehors, l’été vivait. L’air brûlant flottait au-dessus du sol. Un immense bourdonnement s’élevait dans l’espace. C’était dimanche. La saison magnifique possédait la nature déserte, écrasée de lumière et pleine de parfums. ”
Henri de Régnier,
Les Médailles d’argile
“ Se noue autour de toi en se tenant les mains, Et chacune par toi va revivre en sa grâce. Qu’importe maintenant l’hiver ! si tu le crains N’as-tu pas pour charmer sa saison ténébreuse Tout le printemps qui rit en ses jeunes matins ? ”
James Fenimore Cooper,
Le Tueur de daims
“ Si nous avons l’hiver avec ses frimas et ses tempêtes, et le printemps avec ses arbres sans feuilles et ses gelées blanches, nous avons aussi l’été avec son beau soleil et son firmament glorieux, et l’automne avec ses fruits et le manteau splendide dont cette saison couvre les forêts, et dont on ne trouverait pas l’égal dans toutes les boutiques des villes de l’Amérique. ”
Alfred de Montvaillant, L'Oeuvre poétique d'Alfred de Montvaillant… (1927)
“ C'était la saison créatrice où la sève, à longs flots, fait gonfler les bourgeons ; où les oiseaux jaseurs roucoulent sous la mousse, où le levain d'amour fermente dans les coeurs. C'était la saison charmeresse où la terre revêt ses splendides atours où les humains, ses fils, vont tirer de ses veines l'élément nourricier. Aimez celte mère féconde qui donna tout à ses enfants et qui, à leur heure dernière, les récupère dans ses flancs... C'était le printemps de la vie, c'était l'aurore d'un beau jour ! ”
Victor Tissot,
Au pays des glaciers : vacances en Suisse…
(1898)
“ L'automne est la saison délicieuse, la saison superbe, la saison de pourpre et d'or. Et non seulement les paysages et les couchers de soleil prennent des magnificences incomparables et inexprimables, mais il semble que la vie déborde et grouille partout; aux arbres, les fruits pendent en grappes rouges, et les paysannes les cueillent, perchées sur de hautes échelles; le long des haies, les jeunes filles, armées de longs bâtons à crochet, font tomber les noisettes dans leurs tabliers ; dans les champs, les pommes de terre s'entassent en pyramides ; les troupeaux broutent au pied des montagnes ”
Rodolphe Töpffer,
Premiers voyages en zigzag, ou Excursions d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses et sur le revers italien des Alpes…
(1860)
“ Oui, du jour c'est le couchant qui nous plaît; des saisons, c'est l'automne qui est notre préférée; de la vie elle-même, si tant de voix n'étaient là pour nous contredire, nous penserions qu'une vieillesse saine, riche en fruits mûrs et en fruits tombés, calme et reposée comme l'arrière-saison, commé elle voisine du sommeil passager de l'hiver, est encore la portion la plus désirable. ”
Gaston Deschamps,
Le rythme de la vie
(1906)
“ L'été ! c'est la saison où notre pauvre planète, bientôt refroidie, ressemble le plus aux paradis perdus que nous retrouverons peut-être. L'automne, enfin, l'automne roux, fertile en moissons et en vendanges, l'automne, lourd de pêches veloutées, de figues fraîches et de raisins nouveaux, l'automne et une corbeille de fruits qu'ennoblissent déjà les mélancolies des dernières fleurs et le deuil des feuilles mortes. ”
Robert de la Sizeranne, Revue des Deux Mondes
“ Le printemps n’y est connu que comme la saison de la faux et l’automne que comme la saison de la faucille, le soleil que comme quelque chose qui réchauffe, le vent comme quelque chose qui glace, et les montagnes quelque chose qui menace. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Portraits contemporains/Tome 1
(1889)
“ Pour moi, l'année entière, Dans sa succession muable et régulière, Ne m'offre tour à tour que diverses beautés, Toutes en leur saison. — Au déclin des étés. Ce feuillage, là-bas, dont la frange étincelle, Et qui, plus jaunissant, rend la forêt plus belle Quand un soleil oblique y prolonge ses feux ”
Daniel Bernard, Les Virelais de Daniel Bernard (1865)
“ Ah ! la saison enchanteresse ! L'hiver est une forteresse Où chacun languit en écrou, Le printemps tire le verrou. Le printemps apporte au calice Des moissons de pleurs, — La nourrice Porte le lait au nourrisson ; A chaque lèvre sa boisson ! Voici l'Avril venu qui chasse La neige éclatante, la glace Aux reflets étranges, le vent Qui siffle, le soir, sous l'auvent. Voici l'Avril et son ramage, Les colombes au blanc plumage Se becquètent sur le rameau ; Le coq se bat dans le hameau. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Lors des moissons, la récompense. Les Saisons. 81 L'HIVER Voici l'hiver de neige et de verglas, Qui nous revient après trop courte absence: C'est la saison que redoute ici-bas L'infortuné vivant dans l'indigence. Voici l'hiver !... C'est la saison, hélas ! Dont pour beaucoup funeste est l'inclémence ; C'est la saison où sur de durs grabats, Des pauvres gens augmente la souffrance ! En vous montrant et bons et généreux, C'est la saison, pour vous qu'on dit heureux, De soulager la misère profonde. Faisons le bien !... Riches, soyez humains ! ”
“ L’hiver sera venu, un hiver triste et doux, avec un ciel clair et une terre pleine des espérances de la moisson future. Va, nous nous adorerons, toute une saison nouvelle ; nous reprendrons nos soirées paisibles, dans les campagnes aimées ”
Charles Dickens,
Vie et aventures de Nicolas Nickleby
“ Un brave soleil, un vaste, un franc soleil, illuminait les verts pâturages et ridait la surface de l’eau comme sous le souffle d’une brise d’été, tout en laissant aux voyageurs la fraîcheur bienfaisante de cette saison précoce de l’année. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Vienne la saison des froids rigoureux. Les Saisons. 9 MARS Règne Mars. — Un heureux symptôme S'annonce dans tout à la fois : Sont, par soleil qui luit, moins froids Les jours; du ciel bleuit le dôme. Déjà la violette embaume, Et déjà poussent dans les bois Les bourgeons, tandis que la voix Des oiseaux réjouit le chaume. C'est, chassant l'hiver attristé, Le printemps aimable, fêté, Qui de nouveau vers nous s'avance. Pour qui préfère — avec raison — Aux frimas de l'âpre saison Verdure et fleurs, c'est l'espérance ! I. 10 Rythmes variés. ”
César Lecat Bazancourt, Les secrets de l'épée (1862)
“ L'automne semait déjà les bois et les champs de feuilles mortes et de plantes jaunies. — C'est une belle saison pour les poëtes, car tout près du sommeil de l'hiver, la nature prend un aspect mélancolique et calme qui prête à la rêverie et donne des ailes à la pensée. ”
Louis Fréchette,
Feuilles volantes
“ Le Printemps. À Mlle *** Voici le Printemps, la saison des roses. Plus de rameaux nus, de gazons jaunis ; Plus de froids matins ni de soirs moroses : Voici le Printemps et ses jours bénis.Voici le Printemps : aux fleurs demi-closes La brise qui vient des bois rajeunis Murmure tout bas de divines choses... Voici le Printemps, la saison des nids.Enfant, tout cela chez vous se révèle ; Chez vous, comme au sein de la fleur nouvelle, La coupe d’ivresse offre sa liqueur.Pour vous nul besoin que le temps renaisse : Vous avez la vierge et sainte jeunesse ; ”
G. Sand, Journal d’un voyageur pendant la guerre de 1870
“ Il sait que cet hiver sera une saison de misère et de privations ; mais il croit au printemps, lui ! La nature est toujours pour lui une promesse, et je l’ai trouvé moins affecté que moi en voyant mourir cet été le dernier brin d’herbe de son pré, la dernière fleurette de son sillon. ”
Ernest Chesneau,
Peintres et statuaires romantiques…
(1880)
“ C'est par le ciel qu'il obtient ses prestiges de coloration ; le ciel nous donne en ses tableaux l'heure du jour par la lumière et par la lumière aussi nous dit la saison. Mais remarquons que d'instinct, que par l'inclination de son humeur, il est porté à choisir la saison forte et l'heure lourde, le midi et l'été, souvent aussi l'heure et la saison déclinantes, l'automne et le couchant. ”
Étienne de Senancour, Obermann. Tome 2 (1852)
“ Le printemps est plus beau dans la nature; mais l'homme a tellement fait que l'automne est plus doux. La verdure qui naît, l'oiseau qui chante, la fleur qui s'ouvre ; et ce feu qui revient affermir la vie, ces ombrages qui protégent d'obscurs asiles; et ces herbes fécondes, ces fruits sans culture, ces nuits faciles qui permettent l'indépendance ! Saison du bonheur ! je vous redoute, trop dans mon ardente inquiétude. Je trouve plus de repos vers le soir de l'année : la saison où tout parait finir est la seule où je dorme en paix sur la terri de l'homme. ”
William Shakespeare,
Le songe d'une nuit d'été
(1909)
“ Le printemps, l'été, l'opulent automne et le hargneux hiver échangent entre eux les costumes qui leur sont propres, et leurs produits sont tellement bouleversés que le monde étonné ne sait plus quelle saison règne ou ne règne pas. ”
Jules Clément, La santé ou la médecine populaire… (1858)
“ Il y a quatre saisons : le primtemps, l'été, l'automne et l'hiver. LE PRINTEMPS. Le printemps est, sans contredit, la plus belle saison de l'année ; le soleil, père de la nature, commence à pénétrer dans le sein de la terre et à l'échauffer; ranime les arbres et les plantes et sème la campagne de fleurs brillantes ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
(1876)
“ Dans la saison des pluies, nous savourions, à l'abri des arbres géants, la chaude humidité du feuillage. C'était la saison douce où le recueillement de la nature nous remplissait d'une sereine quiétude. ”
Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis, Les Veillées du château (Nouvelle éd… (1874)
“ Combattez donc votre impatience; mettez des bornes à vos désirs : si vous manquez de modération, vous ne jouirez jamais de rien. L'attente du printemps vous fera trouver l'hiver âpre et rigoureux; les fruits de l'automne vous rendront insipides les fleurs et les productions de l'été. Ainsi nulle saison n'aura de charmes pour vous; et, dans cette absurde disposition d'esprit, l'on ne sait apprécier ni les courses de traîneaux ni les chasses aux papillons. - Ma bonne-maman, je comprends cela, et je vous promets qu'à l'avenir j'attendrai chaque printemps sans impatience. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ C'est le printemps ! C'est le printemps Que l'on désire, Qui revient luire : — Oh ! le doux temps ! Oh ! le doux temps Pour les amants Qu'amour attire, Qu'amour attire Et va conduire Aux bois tentants ! Fuyez, autans ! Les Saisons. 11 LES VOIX PRINTANIERES Voici la saison printanière Que nous appelions de nos voeux; : Du soleil vive est la lumière, Et, parée à nouveau, la terre Sourit aux yeux ! Tout se réveille en la nature : La forêt reprend son murmure, Les oiseaux, leurs concerts joyeux ! ”
Émile Laurent, Géographie médicale. [1] (1905)
“ « Un jour de quatre mois et une nuit d'égale longueur, une saison où des jours sans chaleur alternent avec des nuits pâles, des cieux sans sérénité, des brumes, des vents durs, de sublimes aurores boréales, ainsi se poursuit la morne année du Spitzberg ». (0. Reclus) . ”
Arsène Houssaye,
Poésies complètes de Arsène Houssaye
“ SYMPHONIE D’AVRIL. dédié à ruysdael. Le printemps ! le printemps ! la magique saison ! Le ciel sourit de joie à la jeune nature, L’aube aux cheveux dorés s’éveille à l’horizon, Dieu d’un rayon d’amour pare sa créature. ”
Laurent Tailhade,
Les saisons et les jours
(1917)
“ Chaque moment de la belle saison s’est orné d’une parure individuelle, d’un parfum singulier. Il n’est herbe si menue, il n’est plante si rebutée et misérable qui pour glorifier le beau soleil, n’arbore quelque ornement. Les jardiniers se sont plu à dresser une horloge des fleurs. Pourquoi pas un calendrier du printemps ? ”
Comtesse de Bassanville,
Les Deux Familles, ou Bonne et mauvaise éducation…
(1859)
“ Cette lutte entre les saisons devint de jour en jour plus fréquente, et la nature, victime de leurs débats, perdit, l'aspect brillant que lui avait donné l'hiver, sans se revêtir encore de la séduisante parure que la belle saison apporte toujours avec elle. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Bien fol est qui d'entre nous, frère, Ayant pu soudain rencontrer Le bonheur, croit qu'il doit durer Sans le retour des maux sur terre. Les Saisons. 21 RONDEL Ont fait les jours d'hiver moroses Place au renouveau gracieux ; C'est la saison où sous les cieux On voit renaître toutes choses. C'est la saison des fleurs écloses, Des gais concerts, des doux aveux ! Ont fait les jours d'hiver moroses Place au renouveau gracieux. Les bois sont pleins de virtuoses Ailés ; les verts sentiers ombreux, De couples cheminant heureux ; Brillantes, embaument les roses. ”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
(1850)
“ Plus la saison était triste, plus elle était en rapport avec moi : le temps des frimas, en rendant les communications moins faciles, isole les habitants des campagnes : on se sent mieux à l’abri des hommes. Un caractère moral s’attache aux scènes de l’automne : ces feuilles qui tombent comme nos ans, ces fleurs qui se fanent comme nos heures, ces nuages qui fuient comme nos illusions, cette lumière qui s’affaiblit comme notre intelligence, ce soleil qui se refroidit comme nos amours, ces fleuves qui se glacent comme notre vie, ont des rapports secrets avec nos destinées. Je voyais avec un plaisir indicible le retour de la saison des tempêtes, le passage des cygnes et des ramiers, le rassemblement des corneilles dans la prairie de l’étang, et leur perchée à l’entrée de la nuit sur les plus hauts chênes du grand Mail. ”
