Henri de Régnier

Henri de Régnier

Résumé

Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier Les Médailles d’argile

De l’osier vert qu’on tresse et des roseaux qu’on coupe.
J’ai dit encor : Écoute,
Écoute,
Il y a quelqu’un derrière l’écho,
Debout parmi la vie universelle,
Et qui porte l’arc double et le double flambeau,
Et qui est nous
Divinement...
Face invisible ! Je t’ai gravée en médailles
D’argent doux comme l’aube pâle,
D’or ardent comme le soleil,
D’airain sombre comme la nuit ;
Il y en a de tout métal,
Qui tintent clair comme la joie,
Qui sonnent lourd comme la gloire,
Comme l’amour, comme la mort
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Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier Les Médailles d’argile

Qui chante au vent de tout l’or mûr de ses blés lourds,
Qui crie et saigne de toutes ses roses,
N’avait pas enivré mon sang, ô doux Amour,
Eussé-je ainsi voilé ta bouche
De lourde rose
Douce à ma bouche ?
Voici l’Automne.
Le Printemps et l’Été sont morts, heure par heure ;
L’Automne de toutes ses fontaines les pleure :
Jet d’eau qui sanglote, vasque qui chantonne,
Sources qui bruissent,
Grottes en larmes des stalactites ;
Et te voici au bout de l’allée
Où les feuilles mortes s’endolorissent
De pourpres pâles et d’or fané
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Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier Les Médailles d’argile

Face brusque et joyeuse et qu’un sang âpre farde,
Debout, en son pourpoint tailladé de satin,
Il se carre à mi-corps et son geste hautain
S’appuie à son épée et pèse sur la garde.
Par la pique, l’épieu, la torche et la bombarde,
Du levant au couchant, de l’Alpe à l’Apennin,
Il ravagea, pillant les caves et le grain,
La marche milanaise et la plaine lombarde.
Le juron à la bouche et la colère aux yeux,
La guerre qu’il aima le fit aussi joyeux
Au soir de Marignan qu’au matin de Pavie,
Et sa rouge narine ouverte semble encor
Flairer, au fond du temps d’où lui revient sa vie,
L’odeur de la bataille et de sa propre mort.
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