“ Érôs !Errana Et la sueur m’inonde ainsi qu’une rosée, Je ne sais même plus chanter le doux mélos, Érôs, maître des Dieux ! Érôs ! Érôs !Le Chœur, (sur une note basse et prolongée. Érôs, maître des Dieux ! Érôs ! Érôs ! Érôs ! (Psappha sort lentement.) l’Étrangère Elle s’en va vers toi qui guéris et consoles, Pâle Perséphona !Eranna Pâle Perséphona ! Je n’ai plus de paroles. L’ombre de la douleur s’empare de mes yeux. Hadès est fort, et vous êtes jaloux, ô Dieux !Damophyla Vierges, n’invoquons plus l’irritable Déesse Qui se plaît à dompter nos cœurs par la détresse. ”
Renée Vivien
Résumé
Sillages, recueil de poèmes de Renée Vivien, explore les thèmes de l’amour, de la souffrance et de la transcendance à travers une langue lyrique et des allusions mythologiques. Inspiré par des figures comme Éros, Perséphone ou Psappha, le poème célèbre les douleurs éternelles, les chants divins et les liens entre les âmes.
Les entités nommées, telles que Lesbos ou l’« autel », ancrant l’œuvre dans un univers symbolique, révèlent une quête de l’absolu. Ce recueil, marqué par une intensité émotionnelle et une recherche de l’immortalité par l’art, résonne comme un hymne à la beauté fragile et à l’éternelle lutte des cœurs.
Citations de Sillages (Renée Vivien)
“ Notre cœur est semblable en notre sein de femme, Très chère ! Notre corps est pareillement fait. Un même destin lourd a pesé sur notre âme, Nous nous aimons et nous sommes l’hymne parfait. Je traduis ton sourire et l’ombre sur ta face. Ma douceur est égale à ta grande douceur, Parfois même il nous semble être de même race... J’aime en toi mon enfant, mon amie et ma sœur. Comme toi j’aime l’eau solitaire, la brise. Les lointains, le silence et le beau violet... Par la force de mon amour, je t’ai comprise : Je sais exactement quelle chose te plaît. Voici, je suis plus que tienne, je suis toi-même ”
“ L’amour n’est pas heureux.Dika L’amour n’est pas heureux. L’amour n’est pas clément.Eranna Prends pitié de nos cœurs tourmentés, ô Déesse ! Lesbos est le plus beau d’entre tes beaux autels Et Psappha t’a louée en des chants éternels. Kupris, ne courbe point son front sous la détresse ! Scène III (Psappha entre. Elle est voilée de voiles noirs très épais.) Psappha L’Érôs a brisé mon âme, comme un vent Des montagnes tord et brise les grands chênes.Eranna Ton cœur n’a point pitié des maux que tu déchaînes ! Érôs, être fatal, amer et décevant !Le Chœur Érôs, suprême Érôs ! ”
