Résumé

Portrait de Anatole France Anatole France Le Parnasse contemporain/1876

Effacez doucement de ses yeux mon image.
Qu’il m’oublie ! Et qu’un soir, au hasard d’un voyage,
Reçu près d’un foyer tranquille et réjoui,
Il y trouve une vierge et l’emmène chez lui,
Plus heureuse que moi, mais non certes plus tendre.
Ah ! s’il m’était permis...
Un CHŒUR lointain de jeunes hommes, chantant un épithalame
Hymen, Hymen aux beaux flancs,
Hespéros se lève.
Viens à nous ; la nuit est brève :
Hâte tes pieds blancs !
DAPHNÉ.
Ah ! s’il m’était permis... Mais il me semble entendre
Un invisible chœur et des appels lointains
Qui hâtent une vierge à de nouveaux destins.
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Portrait de Anatole France Anatole France Le Parnasse contemporain/1876

Jésus, roi languissant aux yeux pleins de douceur,
Puisque ton règne arrive, il me vient l’espérance
Qu’un Dieu qui sut souffrir sait guérir la souffrance.
Maître, sauve ma mère : elle est des tiens aussi.
Et donne-moi l’époux que mon père a choisi.
HIPPIAS, faisant quelques pas vers elle.
Daphné, ma douce gloire et toute mon envie,
Vois l’homme qui sera la moitié de ta vie,
L’époux promis selon les usages anciens.
Il est là, viens et mets tes deux bras dans les siens.
DAPHNÉ.
Oui, c’est toi ! Ce n’est pas ton insensible image,
Cher Hippias, qui vient raconter ton naufrage.
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Portrait de Anatole France Anatole France Le Parnasse contemporain/1876

Plus d’un Dieu vénérable, aux lèvres d’ambroisie,
Nous est venu jadis de la terre d’Asie.
Et je crois, car mon cœur n’est ni léger ni vain,
Qu’en Jésus, roi des Juifs, quelque chose est divin.
Mais parce qu’il mourut quand vint la neuvième heure,
Je le nomme Adonis que Cythéréia pleure,
Et je le nomme Hermès, parce qu’il a conduit
Le peuple vain des morts par les champs de la nuit.
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