Résumé

Portrait de Eugénie Foa Eugénie Foa Revue des Deux Mondes

Un de ces beaux yeux, échappé au voile, œil jeune et brillant, d’une beauté, d’une forme parfaite, a laissé tomber un regard dans l’enceinte consacrée aux hommes ; arrêté un instant sur le jeune étranger, le doux regard s’est tout de suite relevé vers le ciel, comme vers un refuge contre un mal sans espoir.
À ce regard, le jeune étranger frissonna. Il s’appuya contre une colonne, vaincu par son émotion ; un homme était près de lui, un homme au visage dur, au front sévère, et dont les yeux flamboyans semblaient faits pour servir d’interprètes à toutes les passions, jamais à la pitié.
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Un seul regard est arrêté sur elle avec amour, avec angoisse ; un seul cœur a compris, a partagé sa douleur, un seul homme est immobile près d’elle : c’est le seul qu’elle ne voit pas.
Le tumulte augmente, le supplice approche ! Il s’est dressé de toute sa hauteur, il étend sa main de fer sur la victime qui l’attend !
Enfin une pierre est lancée ; elle siffle, fend l’air, et vient frapper le sol non loin de Tirtza.
Dieu d’Israël, reçois mon âme ! s’écrie la jeune et malheureuse divorcée ; et enveloppant dans son voile sa figure glacée, elle tomba presque morte.
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Ses pleurs la suffoquaient ; serrant convulsivement la tunique de son époux, elle la portait à ses lèvres, elle en couvrait son visage...
Homme sans pitié, s’écrie impétueusement Nephtali, à la vue du désespoir de la femme qu’il adore ; ton âme est donc de fer, qu’elle reste insensible à ses larmes.
— Je te rends grâce, Nephtali, répond Zimram avec une amère ironie ; j’hésitais, tu m’as décidé. Puis, sans jeter un seul regard sur sa victime, restée froide et glacée dans ses mains, il ajouta, haut et vite :
— Tirtza, je ne veux plus de toi.
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