François Coppée,
Contes en prose
“ Seul, un bourgeois, qui donnait le bras à son épouse, daigna jeter les yeux sur l’horizon ; puis il prononça ces simples paroles : « Le ciel est rouge... C’est signe de vent. » La nuit montait. Dans le sombre azur du levant venaient d’éclore quelques débiles étoiles ; il ne restait plus du crépuscule qu’une brume rousse, semblable à celle qui suit les feux d’artifice ; et le flâneur quelconque, dont la contemplation de la nature avait, ce soir-là, fait un poète, fut un instant tout fier et tout troublé en songeant que le soleil s’était couché pour lui seul. ”
