Résumé

Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Les Messéniennes — Livre III

Les mers où son audace ouvre un chemin nouveau.
Et peut-être demain leurs flots impitoyables,
Le poussant vers ces bords que cherchait son regard,
Les lui feront toucher, en roulant sur les sables
L’aventurier Colomb, grand homme un jour plus tard !
Il rêve : comme un voile étendu sur les mers,
L’horizon qui les borne à ses yeux se déchire,
Et ce monde nouveau qui manque à l’univers,
De ses regards ardents il l’embrasse, il l’admire.
Qu’il est beau, qu’il est frais ce monde vierge encor !
L’or brille sur ses fruits, ses eaux roulent de l’or.
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Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Les Messéniennes — Livre III

De l’or ! tout pour de l’or ! les peuples débordés,
Dont ce monde éveilla l’avarice endormie,
Répandent dans ses champs, de leur foule inondés.
L’écume des humains que l’Europe a vomie.
Toi seul l’as dévasté, ce continent désert
Que tu semblais créer quand tu l’as découvert ;
Et des monceaux de cendre entassés sur la rive,
Des gouffres souterrains où l’on meurt lentement,
Des ossements blanchis, sort une voix plaintive
Qui pousse vers toi seul un long gémissement.
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Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Les Messéniennes — Livre III

« D’un regard de tes yeux réchauffe ces cœurs froids,
« Engourdis sous un joug dont ils aiment le poids.
« De tout pouvoir injuste éternelle ennemie,
« Va donc, fille du ciel, va par de là les mers,
« Va, toi qu’ils croyaient morte, et qui n’est qu’endormie,
« Briser les fers rouilles de-leur vieil univers ! »
Colomb se ranimait à cette noble voix.
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