Auguste Dorchain

Auguste Dorchain

Résumé

Portrait de Auguste Dorchain Auguste Dorchain L’Art des vers

Rien n’en pourra sortir, si ton cœur n’a battu,
Qu’un bruit sans efficace en des mots sans vertu.
Or, il ne s’agit pas de soulever, une heure,
Une acclamation qui décroisse et qui meure,
Mais de laisser au monde un ferment qui demeure.
Il te faut, quand le monde a besoin de secours,
Non tromper son attente avec de vains discours,
Mais ramasser ta force et lui crier : « J’accours ! »
Car c’est là ta noblesse, et ta gloire assurée,
De servir par tes chants à la marche sacrée
De ce monde en travail qui se cherche et se crée.
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Portrait de Auguste Dorchain Auguste Dorchain L’Art des vers

Ceux dont la vie, égale au chef-d’œuvre vanté,
Est, à titre pareil, une œuvre de beauté.
Chéris les jeunes gens que rien encor ne lasse,
Et qui, loin des appels de la volupté basse,
Ont gardé pour l’amour la pudeur et la grâce,
Et tes aînés en qui rayonnent, palpitants,
Malgré l’affront de l’âge et le malheur des temps,
L’allégresse et l’ardeur de leurs premiers vingt ans.
Mais écarte, au contraire, écarte de ta voie
La tristesse, où bientôt la volonté se noie,
La stérile ironie et sa gaîté sans joie.
La vie est sérieuse et quelquefois meurtrit.
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Portrait de Auguste Dorchain Auguste Dorchain L’Art des vers

N’est-il pas d’art plus digne et de métier plus beau
Que d’aller, jour à jour, et lambeau par lambeau,
Labourer tristement son cœur et son cerveau ?
Fais ton œuvre d’or pur et non vaste et d’argile ;
Songe au tendre Racine et songe au grand Virgile,
Et que la foi d’un monde est toute en l’Évangile.
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