Résumé

Auguste-Maurice Courtillier Fantômes : à M. H. Lefèvre, peintre de fantômes… (1860)

Fantômes bienaimés, qui traversez sans bruit, Et mes songes le jour, et mes rêves la nuit !
L'homme, qui n'a qu'un jour à passer sur la terre, Veuf de tout ce qu'il aime, est bientôt solitaire (1) : On ne peut éluder cet arrêt souverain.
C'est pour les grands surtout que le ciel est d'airain.
Sur ce globe où j'achève à peine mes dix lustres, Que j'en ai vu passer de fantômes illustres!
Princes, rois, empereurs, de vous que reste-t-il, Fantômes qui planez sur la terre d'exil?
Source : Gallica

Auguste-Maurice Courtillier Fantômes : à M. H. Lefèvre, peintre de fantômes… (1860)

De sanglants attributs lorsqu'ils chargent leurs mains, Ils semblent se complaire à singer les humains.
S'ils ne diffèrent point de nos terrestres masques, S'ils sont, ainsi que nous, fourbes, cruels, fantasques, Et si tout nous ressemble au-delà du tombeau, Ami, qu'allons nous faire en ce monde nouveau ?
Fuyons !
Mais en tout lieu de la terre où nous sommes, Que trouver qui ne soit chimères ou fantômes?
Source : Gallica

Auguste-Maurice Courtillier Fantômes : à M. H. Lefèvre, peintre de fantômes… (1860)

Quel destin que le vôtre, ô princes de la terre!
Des rois, des potentats n'envions pas le sort ; Partout les suit le deuil, partout les suit la mort.
Plaignons surtout, plaignons l'arbre aux longues années Qui voit tomber sans fruit ses jeunes fleurs fanées !
Maintenant, jusqu'au jour du suprême réveil, Ombres des morts, dormez, dormez votre sommeil ; Sur vos saintes vertus dormez, nobles victimes ; Et vous, bourreaux, tremblez sous le faix de vos crimes.
Déjà l'aube renaît ; des morts pàle troupeau.
Il est temps de rentrer dans la nuit du tombeau.
Source : Gallica

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