Casimir Delavigne

Élements biographiques

Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Oeuvres (1863-1864)

Adieu, patrie! adieu, patrie!...
Deux fois dans les flots purs, où tremblait sa clarté,
J'ai vu briller du ciel l'éblouissante image,
Et dans l'ombre deux fois la proue à son passage
Creuser en l'enflammant un sillon argenté.
Quels sont ces monts hardis, ces roches inconnues?
Leur pied se perd sous l'onde et leur front dans les nues.
C'est la Corse !.... O destin ! Faible enfant sur ce bord,
Sujet à sa naissance et captif à sa mort,
Il part du sein des mers, où plus tard il retombe,
Celui dont la grandeur eut, par un jeu du sort,
Une île pour berceau, pour asile et pour tombe.
Source : Gallica

Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Théâtre de Casimir Delavigne. Série 3 (1852)

RODRIGUE, vivement. Vous l'avez ôté, Cid ?
LE CID.
Oui, mais je fis en sorte, Elvire, que ta main ne fût pas la plus forte. Tu te pris à pleurer, et, tout gonflés, tes yeux Faisaient à ce trésor de si tristes adieux, Que je sentis mon coeur s'amollir de tendresse ; La pitié l'emporta. Jamais, c'est ma faiblesse, Aux larmes d'un enfant je n'ai su résister; Et je dis à Chimène : Il faut la contenter. Qui sourit? ce fut toi : j'avais mis bas les armes ; Sourire plus charmant, lorsqu'il fit sous tes larmes Rayonner de plaisir ton visage vermeil, Qu'à travers une pluie un éclair de soleil !
Source : Gallica

Portrait de Casimir Delavigne Casimir Delavigne Oeuvres complètes de Casimir Delavigne… (1846)

Alphonse! ô ciel! Alphonse!... Ah ! madame ! ce nom que votre voix prononce, Votre coeur le dément; mais le charme est détruit. Je repousse l'appât qui long-temps m'a séduit... Qu'ai-je dit? Je me trouble, et crains votre présence. Je fuis, soyez heureuse; une prompte vengeance Punira l'insensé qui vient de vous braver, Et la mort est partout pour qui veut la trouver.
AURÉLIE.
Comte !
ALPHONSE, revenant.
Vous me plaindrez; sans doute on vous adore! Mais avec cette ardeur, ce feu qui me dévore, Ce dévouement de l'âme, avec cet abandon De mes voeux, de mon sort, de toute ma raison, Jamais!
Source : Gallica

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