Tristan

Définition et enjeux

Portrait de Joseph Bédier Joseph Bédier,  Le Roman de Tristan et Iseut

“ En vérité, sire Tristan, ignorez-vous encore qu’il nous soupçonne tous les deux? Et de quelle traîtrise! faut-il, par surcroît de honte, que ce soit moi qui vous l’apprenne? Mon seigneur croit que je vous aime d’amour coupable. Dieu le sait pourtant, et, si je mens, qu’il honnisse mon corps! jamais je n’ai donné mon amour à nul homme, hormis à celui qui le premier m’a prise, vierge, entre ses bras. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Joseph Bédier Joseph Bédier,  Le Roman de Tristan et Iseut

“ Le nain couchait, comme il en avait coutume, dans la chambre du roi. Quand il crut que tous dormaient, il se leva et répandit entre le lit de Tristan et celui de la reine la fleur de farine : si l’un des deux amants allait rejoindre l’autre, la farine garderait la forme de ses pas. Mais, comme il l’éparpillait, Tristan, qui restait éveillé, le vit :
« Qu’est-ce à dire ? ce nain n’a pas coutume de me servir pour mon bien ; mais il sera déçu : bien fou qui lui laisserait prendre l’empreinte de ses pas ! »
”
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Portrait de Joseph Bédier Joseph Bédier,  Le Roman de Tristan et Iseut

“ Tristan gémit :
« Bel oncle, on dit : « Nul n’est vilain, s’il ne fait vilenie. » Mais, en quel cœur a pu naître un tel soupçon ?
— Sire Tristan, que voulez-vous dire ? Non, le roi mon seigneur n’eût pas de lui-même imaginé telle vilenie. Mais les félons de cette terre lui ont fait accroire ce mensonge, car il est facile de décevoir les cœurs loyaux. Ils s’aiment, lui ont-ils dit, et les félons nous l’ont tourné à crime. Oui, vous m’aimiez, Tristan, pourquoi le nier ? ne suis-je pas la femme de votre oncle et ne vous avais-je pas deux fois sauvé de la mort ?
”
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